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13/09/2011

Les grilles magiques

 

Kotoko était très surpris. Pendant tout l’été, il avait dormi à la belle étoile sous les grands arbres du parc de Montsouris, bercé par les étoiles filantes qui traversaient le ciel. Depuis quelques jours, un courant d’air venait le déranger vers la fin de la nuit. Comme les couches superposées d’un gâteau, de l’air chaud mêlé d’air frais glissait sur les épines du hérisson et le sortait de son profond sommeil. L’été déclinait. Quelques feuilles sèches jonchaient le sol. Alors, pour se réchauffer,  Kotoko partit sur ses quatre petites pattes à la recherche de son petit déjeuner, quelques insectes et vermisseaux. La tête baissée vers le sol, Kotoko ne vit pas la grille qui se dressait devant lui et heurta de son petit museau une barre de fer. La grille était si haute qu’il aurait fallu 20 ou 30 hérissons posés les uns sur les autres pour atteindre son sommet. Elle était peinte en vert et hérissée de piques pour empêcher les intrus de pénétrer dans le parc pendant la nuit, quand il est fermé au public. Toujours aussi curieux, Kotoko s’approcha de la grille et avança sa petite tête entre deux barreaux. Il voulait regarder passer les voitures et les deux roues qui commençaient à circuler dans la rue Nansouty, celle qui longe le parc et monte vers la Cité universitaire internationale.

Son museau à peine pointé à l’extérieur de la grille, Kotoko fut happé par un énorme courant d’air et, sans qu’il ait eu le temps de dire ouf, il se retrouva dans un jardin inconnu qui n’avait rien à voir avec le trottoir de la rue Nansouty.

 

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Tout de suite, il vit que la grille située derrière lui n’était pas la même que celle du parc. Elle n’était pas verte mais blanche et surtout très rouillée. Elle n’était pas constituée de barreaux bien droits comme celle du parc de Montsouris mais elle était ornée de barres torsadées.

-        Où suis-je ? Mais où suis-je donc arrivé ? marmonnait le pauvre hérisson.

Prudemment, il commença à explorer le petit jardin qui ne ressemblait pas du tout au parc parisien. Un immense bougainvillier aux fleurs rouges ornait un grand mur blanc. Des centaines de fleurs d’hibiscus se balançaient comme des petites cloches au gré de leur humeur. Le sol était parsemé de merveilleuses marguerites. Et au fond du jardin, trônaient une magnifique colonne en marbre et un chapiteau lui aussi en marbre qui devaient avoir été taillés voici bien longtemps…

-        Mais où suis-je ? Où donc ce diable de courant d’air m’a-t-il entraîné ? gémit Kotoko.

Soudain, notre hérisson aperçut une chatte. Il croyait que c’était son amie Marotte. Mais non, ce n’était pas Marotte, la chatte de Montsouris. Kotoko s’approcha de l’animal.

-        Comment t’appelles-tu ?

-        Opus, répondit la chatte tricolore de roux, de blanc et de noir.

-        Dis-moi, Opus, où suis-je ?

 

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-        En Tunisie ! A Sidi-Dhrif, au sommet de la colline enchantée qui domine la mer. Es-tu donc si étourdi que tu ne sais ni comment, ni où tu es arrivé ?  

-        C’est un courant d’air qui m’a propulsé ici. Je n’ai rien compris.

-        Ah ! s’exclama Opus d’un air entendu. Le courant d’air de la grille magique.

-        Grille magique ? marmonna Kotoko.

-        Oui, la grille qui se trouve derrière toi est magique. Elle peut nous faire passer d’un monde à l’autre. D’un lieu à un autre… Si tu pointes ton museau entre les grilles torsadées, tu peux te retrouver dans le parc de Montsouris… Ou ailleurs !

Kotoko n’en revenait pas. Et pour vérifier les explications surprenantes d’Opus, il tendit son museau vers l’extérieur de la grille magique. Et sans qu’il ait eu le temps de respirer, il se retrouva sur la pelouse de Montsouris… Les deux grilles communiquaient entre elles. Kotoko tout éberlué se dit alors que les obstacles qui se trouvent sous notre nez peuvent être bien facilement surmontés.

Surtout quand on dispose d’une imagination fertile, comme celle de Kotoko, notre étonnant hérisson du Ghana.