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26/07/2014

Les Amants de Lamalou

Les Amants de Lamalou vient de paraître chez Edilivres, une maison d'édition qui a choisi de s'installer à Saint-Denis dans le 93, ce dont je me félicite. 

 

  

 

Les Amants de Lamalou

Par Jean Julien

 

Résumé :

Lamalou-les-Bains, station thermale des Basses-Cévennes dans l’Hérault, en 1907. La Villa Fontenay héberge des prêtres curistes qui viennent soigner leurs rhumatismes aux thermes. Dirigée par Mademoiselle de Fontenay, sa fondatrice, et par le père Bouzigue, la Villa va connaître un mois de juin très agité. Elle va devenir le centre d’une vengeance terrible, conçue et réalisée par une femme effacée mais déterminée, Émilie Chavardès. Pendant que les vignerons en colère grondent dans la plaine de Béziers, la paisible station thermale s’enflamme au rythme des opérettes d’Offenbach jouées au théâtre municipal.

Biographie :

Né à Rennes en 1951, Jean Julien a grandi aux marches de la Bretagne. Il a choisi la carrière de professeur de lettres à l’issue de ses études universitaires à Lille et à Nantes. Ce qui l’a conduit contre toute attente à exercer pendant deux décennies à l’étranger, au Ghana, au Togo, en Mauritanie, à Madagascar, en Tunisie et en Pologne. Et à changer régulièrement de fonction, passant de l’enseignement à l’administration et à la diplomatie culturelle. Il a publié un récit biographique Regards (aux Éditions Saint-Germain-Des-Prés), en 1977. De nouveau libre de son temps, Jean Julien a repris l’écriture sous la forme d’un blog (Le blog de Jean Julien).

Couverture : Détail de Tobie et l’Ange par Nicolas Tournier (17ème) chapelle de l’Annonciade, cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne. Conception graphique cheriet-patrick@hotmail.fr

Thème : Roman policier / suspense

Nombre de pages : 86

Format : Roman (134x204)

 

Prix de vente public sur le site d’Édilivre :

o    11,50 € en livre papier

o    6,90 € en téléchargement

http://www.edilivre.com/les-amants-de-lamalou-jean-julien.html#.U9iktfl_uAU

 

 

 

 

08/06/2013

Il pleut sur Lamalou

Le bavardage infatigable des curistes des thermes de Lamalou, à propos du temps, m'exaspère. Il en va de même avec les commerçants qui se croient obligés d'aller dans le sens de leurs clients.

Je sais qu'il s'agit d'une forme de communication sociale. Quand on aborde un inconnu, le temps qu'il fait constitue un sujet neutre.

Cependant, les commentaires sur le temps m'exaspèrent car ils vont toujours dans le même sens : dommage, il pleut, merveilleux il fait beau, le soleil brille de tous ses feux.

Jean-Claude Carrière dans "Le vin bourru" (Plon, 2000), ouvrage consacré à Colombières-sur-Orb entre 1930 et 1945, son village natal, à quelques kilomètres de Lamalou, exprime la même réaction. Je le cite (page 98) :

"...Où que je me trouve dans le monde, j'ai gardé pour la pluie un amour sans partage. Elle me tombe toujours dessus, où que je sois, comme un cadeau. Je m'irrite facilement devant le sourire niais de ceux et de celles qui nous annoncent, à la télévision, le temps prévu. Voici la minute imbécile. Tout le pays tire la langue et on nous dit : "Encore une belle journée ensoleillée, demain", ou bien, l'oeil attristé : "Hélas, quelques averses sont à craindre...".

Craindre des averses ? Je ne comprends pas. Il faudrait annoncer exactement l'inverse, affirmer que le beau temps c'est la pluie, et pas seulement pour l'agriculture, pour l'industrie, pour l'air que nous respirons, pour notre santé, pour tout. Les grandes nations sont faites de pluie. Mais apparemment le culte du soleil sévit encore sous des formes modernes et la "météo" ne s'adresse qu'à des adeptes aveuglés."

Fin de citation.

Je partage entièrement la réaction de Monsieur Carrière. J'ai vécu en Afrique de l'Ouest, dans le Sahara mauritanien, en Tunisie, à Madagascar. J'ai connu une sécheresse telle que le moindre tesson de bouteille enflammait la brousse ghanéenne en 1983. Mais quand j'essaie d'expliquer à un interlocuteur "météopathe" que la pluie a aussi du bon, il me regarde comme un extra-terrestre et s'éloigne un peu du "fada" qu'il voit en moi ...

Il vaut mieux parler comme tout le monde. Dans notre époque d'un conformisme extrême, préférer la pluie (modérément) au soleil (modérément) est perçu comme une originalité difficilement compréhensible. Et il ne s'agit que d'un exemple qui ne prête à aucune conséquence ! Heureusement pour moi !

PS : je remercie Eric Morisset d'avoir trouvé l'ouvrage de Jean-Claude Carrière chez un bouquiniste de Bourges et de me l'avoir fait connaître.

 

PS : J'ajoute quelques lignes suite aux commentaires que j'ai reçus et qui figurent un peu plus bas.

1. Parler du temps n'empêche nullement les curistes de Lamalou et d'ailleurs de parler aussi de leur santé et abondamment.

2. Je ne conteste pas le rôle social du discours sur la pluie et le beau temps. Quand on n'a rien à se dire, c'est pratique. Se taire est une autre solution, reposante pour les oreilles des voisins.

3. Ce que je conteste dans le discours météorologique, c'est qu'il est exclusivement orienté vers la présence du soleil. "du beau temps". Sans lui, point d'espoir. Je ne conteste pas du tout l'influence bénéfique de la lumière solaire sur notre organisme et notre esprit. Mais je peux assurer qu'au bout de 4 ou 6 ou 8 mois de soleil ininterrompu comme cela peut-être le cas dans le Sahara, les nuages et la pluie sont attendus avec ferveur ! On veut nous faire croire qu'on est heureux parce qu'on est exposé au soleil. Le bonheur ne vient pas de l'extérieur, mais de nous, de notre intériorité. Je concède qu'un rayon de soleil en plein hiver ou une belle lumière méditerranéenne procurent du plaisir. Du plaisir oui. Mais du bonheur ?

 

 

 

 

  

11/09/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 9 et dernier

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

Chapitre 9 et dernier

 

 

Finale d’Orphée aux enfers, musique de Jacques Offenbach, livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy

L'Opinion à Orphée, sur le devant de la scène :

« Ne regarde pas en arrière !
A quinze pas fixe les yeux.
Ami, pense à la terre !
Elle nous attend tous les deux ! »

 

 

04/09/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 8

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

Chapitre 8

 

 

« Ah ! Ange du ciel ! Est-ce bien toi ?

Tes yeux me brûlent de leur flamme !

Ton front resplendit, je te vois

Tel que te rêvait mon âme !

Ange du ciel, est-ce bien toi ? »

Les contes d’Hoffmann, musique de Jacques Offenbach, livret de Jules Barbier

 

 

28/08/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 7

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

Chapitre 7

 

 

« Mon bien aimé, ma voix t’implore !

Ah ! Que ton cœur vienne à moi !

Elle a fui, la tourterelle,

Elle a fui, elle a fui loin de toi ! »

La belle Hélène, musique de Jacques Offenbach, livret de livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy

 

 

 

 

21/08/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 6

 Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

 

 

Chapitre 6

 

« D’épouvante et d’horreur

Tout mon être se glace !

Une étrange terreur

M’enchaîne à cette place !

J’ai peur. »

Les contes d’Hoffmann, musique de Jacques Offenbach, livret de Jules Barbier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14/08/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 5

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

 

Chapitre 5

 

« Moi, je suis Aristée, un berger d'Arcadie,
Un fabricant de miel, ivre de mélodie,
Sachant se contenter des plaisirs innocents
Que les dieux ont permis à l'habitant des champs ! »

Orphée aux enfers, musique de Jacques Offenbach, livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy

 

 

07/08/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 4

 Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

 

 

Chapitre 4

 

« Ah ! Que j’aime les militaires ! Leur uniforme coquet, leur moustache et leur plumet ! »

La grande duchesse de Gerolstein, musique de  Jacques Offenbach, livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy

 

 

31/07/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 3

 

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014). 

 

 

 

Chapitre 3

  

« Ce bois mystérieux, ces trois déesses, cette pomme et ce berger… Ce berger surtout… Vous n'avez pas de nouveaux détails ? » La belle Hélène, musique de Jacques Offenbach, livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy

 

 

24/07/2012

Les amants de Lamalou, chapitre 2

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

 

 

 

Chapitre 2

 

 « Pourquoi suis-je troublée ainsi ? Je suis troublée comme s’il allait se passer quelque chose d’extraordinaire, de fatal. » Hélène,  La belle Hélène, musique de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy

 

 

 

16/07/2012

Les amants de Lamalou

 

 

 

Les amants de Lamalou (Villa Fontenay)  n'est plus disponible sur mon blog. Ce texte sera prochainement publié par la maison Édilivres et disponible en version papier et en version numérique. La parution est prévue pour l'été prochain (2014).

 

Avant-propos

 

Avec la publication d'un premier chapitre cette semaine, je commence une expérience : la présentation d'un roman sous la forme d'un feuilleton hebdomadaire. A ce jour, le récit n'est pas terminé. Il y aura neuf chapitres que vous découvrirez au fil de neuf semaines. Ce mode d'écriture me semble stimulant en raison de deux contraintes qu'il impose : celle d'une échéance régulière et celle d'une construction du texte qui doit solliciter la curiosité du lecteur.  

 

 

 

 

 

Chapitre 1

 

 

"La femme dont le coeur rêve n'a pas de sommeil ; chaque jour elle se lève avec le soleil."

Eurydice dans Orphée aux enfers, musique de Jacques Offenbach, livret d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy

 

Quand Violette Aizeux prit le chemin de Combes, le soleil était à peine levé. Les brumes montaient de la vallée. On entendait rouler les galets du Bitoulet, le torrent qui traverse Lamalou. L’orage de la veille avait donné beaucoup d’eau et le cours d’eau habituellement si mince était gonflé comme un serpent repu. Il menaçait le bourg construit sur sa rive droite. Il en était ainsi à chaque pluie violente. Le barrage de l’Horte, en amont, n’était qu’un projet et les habitants de la vallée s’en remettaient à Dieu quand le Marin déployait sa fureur de pluie et de vent au printemps et à l’automne.

 

29/01/2012

Kotoko et la fenêtre fermée

Kotoko dort. Il a regagné le parc de Montsouris après sa dernière aventure*. Notre hérisson est très fatigué et après avoir trouvé un abri sous un grand buisson, il replie ses épines et ferme les yeux.

Après quelques instants dans une obscurité intense, il se retouve sur un bateau. L’esquif** est bien frêle. Balotté par les flots, la barque vogue au gré du vent qui gonfle une voile si petite qu’on dirait un coquillage blanc. A la proue du navire, une figure horrible, aux oreilles dressées et à la gueule de chien, monte la garde sur les flots remuant. Un homme encapuchonné tient d’une main ferme le gouvernail, le regard fixé sur le lointain. Il doit être le pilote ou le capitaine du navire. A l’avant deux matelots scrutent eux aussi l’horizon, pressés de deviner la terre qui finira bien par appraître au bout de cette immensité d’eau sur laquelle ils progressent lentement depuis des jours. Deux passagers se tiennent au milieu du bateau.  Celle qui se tient près du capitaine s’appelle Marie et vient d’Alexandrie en Egypte. De sa main gauche elle tient le bastingage du bateau pour se prévenir d’une chute car le navire roule et tangue. Sa main droite est posée sur son estomac tourneboulé par le mal de mer. Son visage sévère et quelque peu inquiet montre que Marie a hâte d’arriver à bon port. En face d’elle, un jeune homme ou une jeune femme, plus clair de peau, l’invite de sa main gauche à patienter.

 

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        Sainte-Marie l’Egyptienne en route vers Jérusalem, détail d’un vitrail de la cathédrale de Bourges

Kotoko vogue avec ces cinq personnes qu’il voit pour la première fois. Tous dans la même barque ! Les costumes de ses compagnons de voyage, la langue qu’ils parlent et qui lui est inconnue, l’allure du bateau enfin, tout lui laisse à penser qu’il a une nouvelle fois franchi les mystérieuses grilles du parc de Montsouris pour remonter le temps vers une époque très lointaine.

Le périple s’interrompt brutalement quand l’esquif s’approche d’une côte désertique et s’échoue sur une plage. Les trois compagnons de navigation de Kotoko sautent à terre, soulevant dans leurs bras si forts Marie l’Egyptienne et son ami.

Kotoko aperçoit au loin une ville merveilleuse hérissée de clochers, de minarets et de synagogues. Jérusalem. Marie se rend à Jérusalem.

Kotoko n’a pas envie de la suivre car il veut se rapprocher de son Afrique natale. Alors, il ferme les yeux très fort et une nouvelle fois part en voyage. Décidément il lui est bien difficile de rejoindre son Ghana. Le vent mystérieux qui le propulse à travers le temps et l’espace est bien facétieux… Kotoko se retrouve en effet derrière une fenêtre bouclée à double tour.

 

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Notre-Dame de Capimont, chapelle romane du XIIème siècle,

 Lamalou-les-Bains, Hérault

 

Un vitrail légèrement coloré devant lequel on devine de grosses grilles hérissées de pointes acérées. Kotoko ne se décourage pas. Il sait qu’un vent contraire tente de le retenir loin de chez lui et l’empêche d’entreprendre son voyage vers le sud.

-        Cette fois, c’en est trop ! dit Kotoko. Ce vitrail et cette grille ne me font pas peur. Je les franchirai. Rien ne me retiendra.

Sitôt dit, sitôt fait. Le vitrail s’écarte de son cadre, la grille rentre ses griffes et écarte ses barreaux. Kotoko est enfin libre de poursuivre son chemin. Il regarde le soleil. S’oriente vers le sud et entreprend son long voyage vers l’Afrique de l’Ouest.

 

 

*La fenêtre ouverte

 

**Charon leur nautonnier horrible

Qui sur les flots grondants de cette onde terrible

Conduit son noir esquif.

( L'Énéide de Virgile, traduction de Delille,1804, p. 243)