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10/05/2020

Pascal et Racine, l'abbaye de Port-Royal-des-Champs

       Blaise Pascal est né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 1623. Véritable génie mathématique, il retrouve seul les 32 premières propositions d'Euclide à 12 ans. A 16 ans il invente une machine à calculer pour son père chargé de collecter les impôts à Rouen. Il conduit des expériences sur la pesanteur de l'air en 1648 en utilisant la Tour Saint-Jacques à Paris (clocher de l'église Saint-Jacques-de-la Boucherie détruite en 1802 pour construire la rue de Rivoli).

      Ce génie mathématique consacre une grande partie de ses écrits aux débats très complexes et très virulents entre jansénistes et jésuites qui font rage au XVIIème siècle. Lui-même adepte des thèses jansénistes, il est en but aux persécutions du pouvoir papal et royal. C'est à Port-Royal-des-Champs (actuellement dans le département des Yvelines à Magny-les-Hameaux) qu'il écrit Les Provinciales en 1655. C'est Port-Royal qui publia Les Pensées de M. Pascal sur la Religion (1669-1670), oeuvre posthume car Pascal meurt à Paris en 1662 à 39 ans, après des années de maladie invalidante. Dans les premières années du XVIIIème siècle, Louis XIV ordonne la destruction de Port-Royal-des-Champs, symbole du courant janséniste qu'il entend abattre.

      On visite aujourd'hui les ruines, dans la Vallée de Chevreuse, et les bâtiments qui abritaient la ferme et l'école de Port-Royal où le jeune Racine étudia.  

 

Blaise Pascal, Les Pensées, Les provinciales, Abbaye Port-Royal-des-Champs, église Saint-Etienne-du-Mont

Collection Lagarde et Michard, 17ème siècle 

 

Jean Racine est né à La Ferté-Milon (Aisne) en 1639. Il étudie aux Écoles de Port-Royal, pensionnat pour garçons aux méthodes pédagogiques innovantes. Il ne semble guère se passionner pour les querelles entre jansénistes et jésuites. Il excelle dans l'art dramatique et écrit des tragédies qui marquent le théâtre du XVIIème siècle. Phèdre, Titus et Bérénice, Andromaque...

 

Jean Racine, La Ferté-Milon, Port-Royal-des-Champs, Saint-Etienne-du-Mont,

Collection Lagarde et Michard, XVIIème siècle

Si Port-Royal-des-Champs rassemble les deux hommes, l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris (5ème arrondissement) aussi. Le philosophe Pascal y est enterré parce qu’il décède sur le territoire de la paroisse. Les restes du dramaturge Racine, mort en 1699 et enterré à Port-Royal-des-Champs selon son vœu, sont rapportés en 1711 à Saint-Étienne-du-Mont après la destruction de l’abbaye de Port-Royal des Champs. La famille de Racine habite le quartier et la paroisse de Saint-Etienne demeure fortement teintée de jansénisme.

Ils reposent donc tous les deux près des piliers de la chapelle de La Vierge, derrière le chœur. L'emplacement est indiqué par des plaques commémoratives. Deux épitaphes se trouvent près du jubé sur le côté droit de l'église : celui de Pascal et celui de Racine écrit par Boileau. 

 

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Plaques des deux écrivains, Saint-Etienne-du-Mont, Paris

 

Il est difficile d'illustrer la pensée de Pascal en quelques mots.

"L'homme est un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant... Toute notre dignité consiste donc en la pensée."

Les Pensées, 347.

Quant à Racine, 

"Dieux ! Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !

Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière,

Suivre de l’œil un char fuyant dans la carrière ?"

Phèdre, Acte I, scène 3  

Toute la passion amoureuse est là. Comme l'écrit fort bien Jean-Michel Delacomptée dans Et qu'un seul soit l'ami (Montaigne et La Boetie) :

"L'amitié s'adresse à ce qu'on sait de l'autre, et l'amour à ce qu'on en voit - à ce qu'on en ignore."

Le mystère irréductible de l'être aimé... Phèdre songe à Hippolyte, son beau-fils qu'elle aime passionnément.

"Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;"

I, 3

 

 

 

 

21/04/2020

Michel de Montaigne (1533 - 1592) et sa tour en son château

Michel de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne (24), Les Essais

Collection Lagarde et Michard, XVIème Siècle, Bordas

 

       Pourquoi, au cœur d'un confinement qui n’en finit pas, me retourner vers un auteur vieux de plus de quatre siècles, dont on peut se demander s'il est encore lu, si ce n’est par quelques universitaires et leurs étudiants ? 

Montaigne est un de mes auteurs familiers. Je l’ai approché dès le lycée quand on étudiait encore les écrivains selon une intelligente chronologie qui nous faisait comprendre les évolutions littéraires dans leur contexte historique. A l’Université aussi je l’ai côtoyé car il figurait au programme d’un concours de recrutement de professeurs de l’Éducation nationale et que j’eus la chance de traiter ce beau sujet « Montaigne et la politique » pour une des épreuves orales en 1973.

Comme j’ai la reconnaissance inscrite en moi, une visite de remerciement au château de Montaigne s’imposait après ma réussite à ce concours. C’est ainsi que je me rendis en août 1975 à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne en compagnie d’un ami proche, et qui l’est toujours, pour visiter la tour où l’écrivain avait installé sa bibliothèque et où il rédigea ses Essais sous des solives où il avait fait peindre des citations en grec, latin et français, toutes langues qu’il pratiquait avec l’italien…

 

Michel de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne (24), Les Essais

Collection Lagarde et Michard, XVIème Siècle, Bordas

 

La récente lecture des excellents ouvrages de Jean-Michel Delacomptée « Et qu’un seul soit l’ami, La Boetie » (Gallimard 1995) et « Adieu Montaigne » (Fayard, 2015), m’a permis de réaliser combien cet auteur du XVIème siècle avait compté pour moi.

Il est impossible de résumer en quelques lignes la pensée ondoyante de Montaigne et les 800 pages  (environ) que comptent "Les Essais". Pourquoi prend-il la plume ? Oisif en son château après avoir été magistrat, Montaigne sent que son esprit fait le cheval échappé*, bat la campagne et enfante** "tant de chimères et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre et sans propos" I, 28. Il prend alors le parti de "mettre en rôle" ses rêveries afin de voir plus clair en lui-même.

Montaigne a abordé maints sujets le concernant et nous concernant donc tous. L'amitié quand il relate sa rencontre avec Etienne de La Boëtie. La religion, la politique, l'éducation des enfants, la famille, les Cannibales (peuple du Brésil récemment découvert)...

Il ne passa pas pourtant toute sa vie à se scruter, il fut magistrat, maire de Bordeaux, il côtoya le futur Henri IV et approcha plusieurs rois de France et hauts dignitaires. Il nous met cependant en garde :

« La plupart de nos vacations (occupations) sont farcesques. Mundus universus exercet histrionam (Le monde entier joue la comédie, Pétrone). Il faut jouer dûment notre rôle, mais comme un rôle d’un personnage emprunté. Du masque et de l’apparence il n’en faut pas faire une essence réelle, ni de l’étranger le propre. » Les Essais, III, 10

Montaigne nous recommande de rester nous-mêmes sans confondre l’être et le paraître. Belle leçon de modestie et de distance vis à vis de nos entreprises. 

A une époque où régnait en France une violence extrême entre catholiques et protestants, il prôna la tolérance, tentant de concilier les camps opposés, reconnaissant les qualités et les défauts des uns et des autres mais condamnant les extrémistes et les doctrinaires. D’autres dangers que les guerres menaçaient Montaigne et ses concitoyens, telles les épidémies de peste qui décimaient régulièrement la France. Il dut quitter Bordeaux précipitamment à l’été 1585 pour se réfugier avec sa famille sur ses terres qui ne furent pas épargnées. Il écrit pourtant : « Pour moi donc j’aime la vie » III, 13.

Montaigne est une borne importante dans l'évolution de la pensée française. Il écrit un des premiers en français et non plus en latin. Homme de la Renaissance, féru de l'histoire et de la philosophie des anciens Grecs et des Romains, il s'affirme en tant qu'individu dans une époque où le groupe (religieux, familial, social...) primait. Il est le point de départ d’une expression du Moi  qui ne cessera plus de se renforcer jusqu’à notre époque où elle connaît, il faut bien le reconnaître, certains excès.

* Expression empruntée au Lagarde et Michard du XVIème siècle page 195.

** In "Adieu Montaigne" page 111.

 

 

 

 

 

 

 

11/04/2020

Manosque et Jean Giono (1895 - 1970)

Giono, Manosque

La maison de Jean Giono à Manosque : Le Paraïs

Photo du Centre Jean Giono, Manosque

 

Jean Giono est né à Manosque et y a passé toute sa vie, à l'exception notable des années 1914 à 1919 durant lesquelles il a participé à la Première guerre mondiale. Il a pu acheter Le Paraïs dans les années 1920 avec ses premiers droits d'auteur et y a vécu en famille jusqu'à sa mort. Jean Giono possédait également quelques bâtiments de ferme à Contadour sur le flanc sud de la Montagne de Lure, massif qui domine le nord-ouest des Alpes-de-Haute-Provence. Il y organisa les Rencontres du Contadour dans les années 1930. Le déclenchement de la Seconde guerre mondiale mit fin en 1939 à ces rencontres dont le pacifisme était une des clés. Giono fut très fortement marqué par les horreurs qu'il vécut durant la Première guerre au milieu de tant d'autres soldats. Il reviendra de ce conflit marqué à jamais. Son souhait le plus profond étant qu'un tel désastre ne se reproduise pas. Il fut d'ailleurs confronté à la Justice au moment de la mobilisation en 1939, en raison de son pacifisme, et à l'occasion de la Libération de 1944, en raison de son attitude jugée par certains trop compréhensive vis à vis des occupants allemands. Il subit alors largement la vindicte des résistants de la dernière heure et son séjour de quelques mois dans une prison de Marseille le protégea d'actes malveillants de la part de ses détracteurs. Jean Giono a certainement manqué de prudence pendant l'occupation mais les motivations de ses détracteurs ne furent pas toujours aussi pures que ces derniers le prétendaient. Jean Giono avait gagné pas mal d'argent avec ses publications et certains en étaient fort jaloux... N'oublions pas que Manosque était alors une toute petite ville sujette comme les autres aux rancœurs macérées.

 

 

Bureau de Giono 3.jpg

 

 

Giono, Manosque, bureau

Le bureau de Jean Giono, Le Paraïs, Manosque

Photos de l'association Les amis de Jean Giono

 

Le Paraïs se visite. La propriété a été achetée par la municipalité de Manosque en 2018. Lors de mon passage en 2007, la pièce la plus attachante fut pour moi le bureau de Giono. Il semble être demeuré tel que l'écrivain le laissa à sa mort en 1970. Les feuillets manuscrits sont là avec les cahiers et les carnets de notes, les pipes et les crayons. On s'attendrait à voir entrer Giono qui irait s'asseoir à cette table... 

Parmi les œuvres de Giono, on parle beaucoup en ces temps de confinement du Hussard sur le toit (1951) qui se déroule par temps d'épidémie de choléra à Manosque et en Provence vers 1832. Je recommande aussi Un roi sans divertissement (1948)  dont le titre vient d'une Pensée de Pascal. Toute l'oeuvre est à lire avec Regain, Colline... Humanisme, respect de la nature, grandeur des paysages. 

En cette année 2020, le centre Jean Giono de Manosque célèbre les 50 ans de la mort de l'écrivain.

http://centrejeangiono.com/giono-2020/

Avec le lien ci-dessus vous pourrez accéder au programme.

 

 

11:11 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giono, manosque, le paraïs |

04/04/2020

François-René de Chateaubriand (1768 - 1848) Combourg et La vallée aux loups

Chateaubriand, Combourg, château

Le château de Combourg (Ille-et-Vilaine)

C'est dans ce château aux allures médiévales que François-René de Chateaubriand,  né à Saint-Malo, passa une partie de son enfance dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Combourg se situe à environ 40 km au sud-est de Saint-Malo. Le château a été très remanié au XIXème siècle, surtout dans son aménagement intérieur, après avoir été abandonné à partir de la Révolution et durant près de 80 ans. La chambre de Chateaubriand se trouve toujours dans un des donjons et on peut la visiter comme le reste du bâtiment. Dans Les Mémoires d'Outre-Tombe, Chateaubriand évoque cette pièce :

"La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres* et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit les plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissement, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. A quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. Cette voix remplaçait pour moi la douce harmonie au son de laquelle le père de Montaigne éveillait son fils."

* genre de mille pattes

Mémoires d’Outre-tombe, Livre III, chapitre 4.

Chateaubriand commença la rédaction des Mémoires dans sa résidence de La Vallée aux loups vers 1810. Cette demeure se trouve sur la commune de Chatenay-Malabry au sud de Paris. Elle appartient désormais au Département des Hauts-de-Seine et se visite ainsi que son parc. 

 

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La Vallée aux loups, Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine)

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Les rhododendrons et la demeure

 

"Il y a quatre ans qu'à mon retour de la Terre Sainte, j'achetai près du hameau d'Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Malabry, une maison de jardinier, cachée parmi les collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison n'était qu'un verger sauvage au bout duquel se trouvait une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances : spatio brevi spem longam reseces*. Les arbres que j'y ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l'ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j'ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis autant que je l'ai pu des divers climats où j'ai erré, ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur d'autres illusions."

*"Cueille le jour [et sois] la moins curieuse [possible] de l'avenir". Vers d'Horace (Premier siècle avant JC)

Les Mémoires d'Outre-Tombe, Livre premier

 

Chateaubriand, Vallée aux loups, Chatenay-Malabry (92)

Intérieur de la maison de Chateaubriand

Photographie de Frédéric Bellay / Galerie Le Réverbère (2018)

 

24/03/2020

Colette et l'araignée

Collette, Saint-Sauveur-en Puisaye, Yonne,

La maison de Colette (dans son enfance) à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne

Les écrits sont de sa main.

 

Colette (1973 -1954) fut elle aussi un des auteurs favoris des écoles françaises dans la seconde moitié du XXème siècle. On peut depuis quelques années visiter sa maison natale dans l'Yonne. La restauration a été conduite avec beaucoup d'attention et de talent. Elle la quitte à 18 ans lorsque ses parents, ruinés, doivent la vendre. 

En visitant cette maison, et plus particulièrement la chambre des parents, m'est revenu ce texte sur une araignée facétieuse. Colette a beaucoup écrit sur les animaux. 

 

"On vous a conté que l’araignée de Pellisson fut mélomane ?

Ce n’est pas moi qui m’en ébahirai. Mais je verserai ma mince contribution au trésor des connaissances humaines, en mentionnant l’araignée que ma mère avait – comme disait papa – dans son plafond, cette même année qui fêta mon seizième printemps. Une belle araignée des jardins, ma foi, le ventre en gousse d’ail, barré d’une croix historiée. Elle dormait ou chassait, le jour, sur sa toile au plafond de la chambre à coucher. La nuit, vers trois heures, au moment où l’insomnie quotidienne rallumait la lampe, rouvrait le livre de chevet de ma mère, la grosse araignée s’éveillait aussi, prenait ses mesures d’arpenteur et quittait le plafond au bout d’un fil, droit au-dessus de la veilleuse à huile où tiédissait, toute la nuit, un bol de chocolat. Elle descendait, lente, balancée mollement comme une grosse perle, empoignait de ses huit pattes le bord de la tasse, se penchait tête première, et buvait jusqu'à satiété. Puis, elle remontait, lourde de chocolat crémeux, avec les haltes, les méditations qu’imposent un ventre trop chargé, et reprenait sa place au centre de son gréement de soie. "

La Maison de Claudine (1922)

 

Collette, Rozven, Saint-Coulomb, Ille-et-Vilaine

La villa Rozven que Colette occupa tous les étés de 1910 à 1924

Saint-Coulomb, Ille-et-Vilaine

Ceux qui, comme moi, s'intéressent aux maisons occupées par des auteurs, peuvent consulter le site de la Fédération des maisons d'écrivains :

https://www.litterature-lieux.com/

 

 

20/03/2020

Mars 2020

Prévert, Manche, Cotentin, Omonville, poésie

La maison de Jacques Prévert

Omonville-la-Petite dans la Manche 

 

J'ai récemment eu le plaisir de découvrir la maison de Jacques Prévert, poète du 20ème siècle mort en 1977 et enterré à Omonville-la-Petite au Cap de La Hague dans la Manche. La photo n'est pas extraordinaire mais je n'avais que mon téléphone portable avec moi. Les rhododendrons étaient fleuris. Les volets fermés. La maison appartient au Département et n'est pas ouverte à cette saison. Le jardin l'est. 

Les élèves de ma génération connaissent bien Prévert qui fournit maintes récitations aux instituteurs et maintes paroles de chanson dans les années 1950 et suivantes. Beaucoup d'établissements scolaires portent son nom.

 

Alicante 

Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie.

 

J'ai choisi ce poème en hommage à celui qui, parmi d'autres, m'ouvrit aux joies de la lecture, au plaisir des mots et au rêve.

En cette période de confinement, j'essaierai à ma manière de vous apporter un peu de distraction.

Soyez très prudents. Et patients. 

 

 

14/01/2019

Idiotie de Pierre Guyotat

Guyotat Pierre Idiotie.jpg

Bonjour à tous,

Tout d'abord mes meilleurs vœux pour 2019. Chacun fera le tri dans ce qu'il souhaite, désire. 

J'entends commencer cette année nouvelle par une recommandation de lecture. Grâce au Père Noël, j'ai fait une vraie découverte littéraire avec le dernier opus de Pierre Guyotat, Idiotie. Au fil des pages, je me suis retrouvé au temps où je découvrais Jean Genet, Céline, Proust... Du grand art ! Pour ceux qui aiment lire, c'est un vrai plaisir. Écriture de myope, bercée par les deux rives de la Méditerranée. Sensuelle. 

Si vous aimez Jean d'Ormesson, abstenez-vous.

Jean Julien

 

 

 

12:27 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur, Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guyotat, idiotie |

30/10/2018

Une nouvelle publication : Vallespir

Bonjour à tous,

Vous pouvez désormais vous procurer mon nouveau récit, Vallespir, publié chez Edilivre, comme Les amants de Lamalou.

https://www.edilivre.com/librairie/vallespir-jean-julien....

Je vous en souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à publier vos commentaires directement sur mon blog afin de les partager. Vous pouvez aussi rédiger un commentaire sur le site d'Edilivre dans la rubrique prévue à cet effet.

Merci de votre fidèlité.

Jean-Yves Hoisnard alias Jean Julien 

 

 

08:38 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

01/01/2018

Pour commencer cette nouvelle année

Bonne année 2018 à toutes et à tous.

J'ai terminé 2018 par deux lectures qui m'ont enchanté. et je souhaiterais vous faire partager ce plaisir.

Pour ceux qui s'intéressent à la géographie, l'histoire et la géopolitique, je recommande l'ouvrage d'Alfred de Montesquiou  "La route de la soie" paru à l'automne dernier aux Editions Arte et du Chêne. Montesquiou a produit une série de reportages-documentaires pour Arte sur cet itinéraire. Ils ont été diffusés en novembre et décembre. Le livre est issu de ce travail. Sur les 12 000 kilomètres qui séparent Venise de Xian en Chine, Montesquiou nous raconte la route de la soie, son itinéraire, ses paysages, son histoire et celle des peuples qui l'habitent. Il montre avec beaucoup de savoir et de tact comment ils vivent aujourd'hui. J'ai trouvé cette série documentaire et ce livre d'autant plus passionnants que je rentrais de Chine et que j'avais beaucoup de mal à m'imaginer l'espace entre notre Europe et l'Empire du Milieu. Je pense disposer maintenant d'une vision, à ma modeste échelle, de ce vaste itinéraire à l'histoire tumultueuse mais qui a forgé notre univers actuel.

 

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Sur un mode plus léger mais néanmoins séduisant, j'ai été charmé par un roman du Péruvien Mario Vargas LLosa, Prix Nobel de littérature, "La vilaine fille". Magnifique histoire d'amour qui m'a laissé un très forte empreinte, aussi forte que celle que j'ai gardée de "Belle du seigneur" d'Albert Cohen, lu pourtant il y a bien longtemps. 

 

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Bonne lecture à ceux qui savent prendre le temps de se retirer un peu du monde pour mieux le comprendre. 

12:07 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

23/11/2017

Chine, fin du voyage

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Suzhou, septembre 2017

 

Nous sommes dans le jardin de l'Humble administrateur de la ville d'eau (de canaux) de Suzhou dans la région de Shangaï. Ce sont des lotus qui s'épanouissent au premier plan. Comestibles par leurs tubercules notamment, ils constituent un décor luxuriant. Cet immense jardin fut aménagé à partir de 1506 par un administrateur de l'Empire limogé pour corruption...

 

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Galerie du dragon

 

L'eau occupe la moitié du jardin. Cette galerie est articulée comme un dragon doublé par son reflet. 

 

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Fenêtre ouverte sur les lotus

 

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Douves de la Cité interdite, Beijing octobre 2017

 

L'eau toujours. La Cité interdite est bordée par des douves très larges qui ont été creusées par l'homme. La pollution voile l'horizon.

 

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Wuhan, vue depuis le musée de la province du Hubei, octobre 2017

 

Je termine cette série par deux photos qui me semblent représentatives de la Chine telle que je l'ai très partiellement découverte cet automne. Un chantier au pied d'un musée et au fond un immense parc au bord de lacs. Tout au fond une ville nouvelle surgit. Planté de manière incongrue, un émetteur pour portables domine les arbres. 

 

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L'enfant qui danse, Beijing, octobre 2017

 

Cet enfant danse avec des adultes sur un trottoir de Beijing devant une immense affiche pour des vêtements Lagerfeld. Les Chinois aiment danser dans les espaces publics, y chanter, y jouer de la musique... Ce peuple m'a semblé heureux de vivre, joyeux. Vous l'aurez compris, ce voyage m'a beaucoup apporté et je tiens à remercier mon ami Boun sans qui il n'aurait pas été possible. 

 

 

 

08:14 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

20/11/2017

La Chine du gigantisme

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Tours dans les nuages, Shangaï octobre 2017

 

Ces tours dans la nuit datent des années 1990 quand la Chine a commencé à rattraper son retard économique et dans le domaine des infrastructures.

 

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Pudong, Shangaï.

En face du célèbre Bund créé de toutes pièces par les grandes puissances occidentales à partir de 1850 sur des marécages au bord du Huangpu (affluent du Yangtsé), la Chine a édifié à partir de 1990 un nouveau quartier d'affaires. A gauche la tour de la télévision et à droite la tour de 600 mètres de haut qui domine la ville. On monte à son sommet en 1 minute... Le congrès de Parti communiste approche, les bâtiments sont parés de rouge et un drapeau chinois illumine le sommet de la plus haute tour. La foule sur le Bund est énorme et on voit sur la droite de mon image une autre image d'un autre appareil... 

 

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Au pied de la tour de 600 m. L'habillage qui tourne sur lui-même est du plus bel effet. Architectes américains.

 

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Vue d'en haut (ou à peu près, 550 m). 

 

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"L'ouvre-bouteille", surnom de ce building...

 

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Place Tienanmen, Beijing. Le congrès du PCC va s'ouvrir dans quelques jours. Et les autorités n'hésitent pas à fleurir artificiellement cet événement. Entrée de la Cité interdite au fond avec le portrait de Mao dont on rêve de savoir ce qu'il penserait de l'évolution récente de son pays...

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Grande muraille

On la voit telle un long serpent filer sur les sommets jusqu'au dernier plan de la photo. Elle parcourt le nord du pays sur plus de 6000 km. Elle a été restaurée sur quelques sites à 60 km au nord de Beijing. Concevoir sa taille kilométrique relève du défi. 

 

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Cité interdite

Un des palais de la cité impériale construite au 15ème siècle. La pollution était ce jour-là accablante. On devine la grisaille de l'air...

 

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Le Yangtsé à Wuhan. Le fleuve de 6300 km est navigable sur 3000 km par des bateaux de 10 000 tonnes. L'eau est boueuse, le ciel est gris. Un cargo remonte le courant très lentement car on est en période de hautes eaux. 

 

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Tout comme sur la Muraille de Chine, on a du mal à réaliser la taille du Barrage des Trois Gorges sur le Yangtsé. 2500 mètres de long, 150 m de haut, 600 km de retenue d'eau, 5 écluses de 30 m de haut chacune... Vue aérienne que je n'ai pas pu réaliser. Il s'agit d'une affiche trouvée sur le site. Visite en groupe très encadrée...

 

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Les 2500 m du côté du réservoir...

 

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Une partie des écluses 

 

 

 

 

 

 

De Wuhan à Dourges (Pas-de-Calais) par le train

Le gouvernement chinois a décidé, depuis quelques années, de promouvoir le transport en train vers l'Europe. Cette nouvelle Route de la soie (c'est le nom chinois officiel) prend forme et des trains circulent entre Wuhan (entre autres) et Lyon ou Dourges comme récemment. Moins polluante que le transport maritime, plus rapide (de moitié), cette nouvelle ligne ferroviaire reprend en partie le vieil itinéraire des caravanes de la soie. Très vieil itinéraire puisque des archéologues japonais ont découvert voici quelques années une pièce de monnaie romaine, vieille de 2000 ans, sur une île située près de Taiwan. 

Ci-dessous un article du Journal du dimanche daté du 19 novembre 2017

 

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09:45 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, train, wuhan, lyon, dourges |

14/11/2017

La Chine des affiches

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Affiche de rue, Shangaï septembre 2017

 

Les affiches ne sont pas aussi nombreuses en Chine qu'elles le sont en France. Elles sont le plus souvent d'une grande qualité graphique et/ou photographique. Annonces publicitaires mais aussi très souvent d'éducation populaire voire de propagande pour le Parti Communiste Chinois. L'Occidental qui ne maîtrise pas la lecture des idéogrammes ne sait pas toujours décoder l'objet de l'affiche mais en apprécie sans doute d'autant plus le caractère esthétique.

 

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Affiche publicitaire de rue, Shangaï

 

Affiche vantant le mérites d'une carte de paiement (?). Le jeune homme très à la mode internationale se distingue par son gigantisme. 

 

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Affichage d'éducation populaire, métro de Wuhan

 

Cette affiche est très courante en Chine dans les métros. Elle montre les attitudes et les gestes à éviter dans les transports en commun ou dans l'espace public. Ne pas bousculer, laisser sa place aux personnes âgées, ne pas manger dans les rames des métros, ne pas piétiner les plates-bandes, etc... 

 

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Affiche photographique, métro de Wuhan

 

Cette affiche représente des montagnes enneigées. Je ne sais pas ce qu'elle vante. ce qui ajoute à son mystère. Je pense qu'il s'agit d'une campagne de promotion pour un site touristique (?).

 

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Education populaire et propagande du PCC. Métro de Wuhan.

 

La qualité graphique de ces affiches est remarquable. Motifs traditionnels (les poissons omniprésents), paysages de montagnes avec la muraille de Chine. La Chine et son glorieux passé au service de la modernité politique. Le rouge est le signe du pouvoir.

 

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Education populaire et propagande sur le mode traditionnel. Métro de Wuhan.

 

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L'art de la calligraphie. Affiche dans le métro de Wuhan.

 

On remarquera les idéogrammes codifiés et en rouge ceux qui relèvent de l'inspiration du graphiste. De la contrainte naît la créativité. On a le sentiment d'accompagner le geste du scripteur, d'être dans son mouvement. 

 

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Affiche dans le métro de Wuhan. Texte en anglais, ce qui est rare. Je n'ai pas compris de quoi il s'agissait. 

D'un élixir de jouvence ?

 

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Métro de Wuhan, bancs en marbre.

 

Dans l'univers uniformisé du métro où jouent les reflets, ces bancs de marbre poli m'ont enchanté. Les Chinois ont un rapport artistique très fort à la nature. Les pierres sont omniprésentes dans les musées, les lieux publics, les parcs et chez les particuliers. Elles sont les plus brutes possibles. 

 

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Sculpture, montage photographique, métro de Wuhan.

Cet ensemble célèbre la révolution de 1911 qui partit de Wuhan et déboucha sur la première République chinoise.

 

 

 

 

 

08:55 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/11/2017

En chine, on aime manger et boire

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Couverts, Wuhan, Chine

Dans les restaurants de catégorie courante, on apporte les couverts emballés sous un film de plastique. C'est bien pour l'hygiène mais c'est aussi parce que les restaurants ne disposent pas de suffisamment d'espace pour installer une plonge. La vaisselle sale est donc envoyée dans des usines où elle est nettoyée et emballée. Baguettes de rigueur et serviettes en papier dans la boîte.

 

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Anguilles, une des halles de Wuhan 

 

Les poissons sont vendus vivants au consommateur. Ainsi que les grenouilles, les crabes. Tout ce qui nage est conservé dans l'eau y compris devant les restaurants. Le consommateur est ainsi sûr de la fraîcheur du produit. 

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Grenouilles (ou crapauds), halle de Wuhan

 

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Crabes, échoppe de rue, Wuhan

 

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Une consommatrice attrape son poisson au filet dans un supermarché de wuhan

 

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Tout se consomme y compris les pattes de poulet, Beijing

 

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Les poulets ont parfois une drôle d'allure, un peu écrasée... Beijing

 

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L'esthétique reprend vite le dessus. Brioche avec en son sein une soupe (délicieuse). La paille permet d'aspirer la soupe à travers la brioche. Suzhou.

 

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Fondue à la Chinoise. viandes, légumes et nouilles dans un bouillon. Shangaï.

 

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Brochettes de scorpions dont certains sont encore vivants. Je n'ai pas goûté... Beijing dans la rue de la Bouffe.

 

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Une gargote, ancienne concession française de Wuhan. Très bon marché, les restaurants sont légions en chine. On mange bien pour 10 € mais on peut descendre à 2 ou 3 € et se nourrir convenablement. Le salaire moyen étant à 700 €, la clientèle ne manque pas. 

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Pour finir, le nec plus ultra, le canard laqué de Beijing. Un délice !

 

16:57 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/10/2017

La Chine populaire ou le peuple chinois ou la Chine des rencontres

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Restaurant, Wuhan septembre 2017

Je viens d'arriver à Wuhan et j'apprends les us et coutumes des restaurants. Lieux privilégiés de la convivialité car il n'existe pas de cafés sur notre modèle européen. Des salons de thé ou de café mais pas de bistrots. Ces deux frères déjeunent avec leurs parents et ne peuvent pas résister à leur curiosité. Ils approchent "l'homme blanc au long nez". Dans un pays d'un milliard 500 millions d'habitants (dont 200 millions dits flottants car non répertoriés...) nous constituons une étrangeté. Ce qui nous vaut de très nombreuses séances de photographie. On a l'impression d'être une célébrité dans ce pays !

 

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Gare de Nankin. Septembre 2017.

 

Nous sommes à l'arrêt dans la gare TGV de Nankin. Comme nous voyageons debout (on peut quand les trains sont complets acheter de tels billets) nous croisons des gens intéressés par l'Européen. Je demande à cet homme s'il accepte d'être pris en photo. Il est ravi de poser pour moi. 

 

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Les vendeuses du TGV Wuhan-Shangaï, septembre 2017

 

Cette jeune femme à l'uniforme impeccable (la discipline des personnels des transports est très rigoureuse) propose ses fruits (pas très bon marché) aux voyageurs. Nous avons rencontré un jeune homme qui parle le français et est heureux d'échanger avec nous. Il a fait des études en master de commerce à Lille. Il joue les traducteurs. Une fois la glace brisée, les gens sont très heureux d'être en contact avec des étrangers, surtout s'ils ont la peau blanche. Les habitués des trains français remarqueront que tous les sièges sont dans le sens de la marche grâce à un astucieux système qui les fait pivoter. Mais qu'attend donc notre chère SNCF pour en faire autant ?

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Les mariés, Suzhou, septembre 2017

Dans la très belle ville d'eau (de canaux) de Suzhou, près de Shangaï, séance de photos pour les mariés en costume traditionnel. Vous remarquerez la position des époux et celle des mains de la jeune femme. Le décor est "très Chine traditionnelle" un peu encombré de fils électriques et d'une antenne de téléphonie mobile... Ne soyons pas mauvaises langues, le diable se cache dans les détails et dans un pays aussi vaste et peuplé il est difficile de faire dans la dentelle. Mais les Chinois y arrivent quand même !

 

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Place Tienanmen, Beijing octobre 2017

 

La foule. Agoraphobes, n'allez pas en Chine, vous y piqueriez une crise ! Devant l'entré de la Cité Interdite où figure le portrait de Mao, les visiteurs se pressent en rangs très serrés. Telle l'eau, la foule est canalisée par des contrôles successifs et une horde de policiers et de soldats qui, pour ces derniers, doivent demeurer des heures immobiles dans des poses hiératiques. On dirait des mannequins. Les pylônes sont destinés à l'éclairage mais aussi à la surveillance car ils sont bardés de caméras. Les caméras sont partout. Le flux de circulation automobile est incessamment photographié jour et nuit grâce à des portiques qui s'illuminent la nuit ou quand il fait sombre. Toutes les images sont paraît-il stockées. Au cas où ? On dit que 2 millions de fonctionnaires surveillent la toile, l'internet.

 

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Heureux, Wuhan octobre 2017

 

Ces hommes viennent de déterrer un arbre mort (la voiture est une ZX Citroën construite à Wuhan). Je l'ai déjà écrit on plante beaucoup pour lutter contre la pollution et embellir les villes (qui en ont grand besoin!). Je pense que ces hommes viennent de la campagne et ils sont très heureux de croiser un blanc. Je demande l'autorisation de prendre une photo. Ravis, ils posent. Le contact est souvent simple et chaleureux dans ce pays. La langue constitue un obstacle bien sûr mais par des gestes on arrive à se faire comprendre. Et quand ils ont un peu bu et que l'inhibition tombe, les Chinois deviennent très très conviviaux. Gros travailleurs, ils adorent manger et boire en famille ou entre amis au restaurant notamment. Il n'est pas facile de repousser les invitations à des libations de bière, d'alcool de riz et de vins improbables abondamment mélangés !

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Le grand-père et son petit-fils, Wuhan octobre 2017

 

J'échange comme je peux avec ce grand-père très fier de garder son petit-fils. Les grands-parents aident beaucoup leurs enfants quand ils deviennent parents. On vit encore souvent à plusieurs générations dans le même logement car les retraites sont souvent faibles. Il n'y a pas de crèches ou très peu. Les jardins d'enfants sont très coûteux. La famille demeure une structure essentielle.

Et encore une ZX garée à gauche ! Derrière une Peugeot. Wuhan est la capitale de l'automobile en chine. Renault et PSA y construisent beaucoup de voitures depuis les années 1990.

 

 

 

 

 

 

 

07:48 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/10/2017

Chine 2017 : le grand chantier immobilier, routier, ferroviaire, aéroportuaire...

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Wuhan, la ruine qui penche..., octobre 2017

 

Dans un quartier de Wuhan, le marché en gros (de tout) de la province qui compte 58 millions d'habitants (en 2010...). Comme dans beaucoup de villes, on rase. Pourquoi cet immeuble n'a-t-il pas été achevé de démolir ? Je ne sais pas. L'arbre qui survit sur le toit m'a ravi. 

 

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Wuhan, octobre 2017, un chantier...

Le capharnaüm. Les Chinois n'ont peur de rien. Le vrai dragon, c'est le peuple chinois. Le pont sur la rivière Hanshui (un affluent du Yangtsé qui se jette dans le grand fleuve à Wuhan) est presque terminé. On aperçoit un pylône en haut à droite. Mais l'arrivée en ville n'est pas très avancée. Sous la bâche verte des pylônes pour soutenir un viaduc qui probablement enjambera la ligne du métro d'où je prends la photo. Le quartier qui devait être vétuste et insalubre est en cours de démolition. Nouvelle ligne de métro ? Autoroute urbaine ? Partout surgissent des tours, des ponts, des viaducs. Le TGV circule la plupart du temps sur des viaducs qui limitent l'emprise au sol et les procédures d'expulsion. La Chine compte déjà 20 000 kms de LGV... Les TGV roulent à 300 km/h comme les nôtres. 

 

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Aérogare de Wuhan, octobre 2017.

Le hall de départ pour les vols internationaux a été ouvert en août dernier. Les passagers sont déjà dans les nuages. Le plafond immaculé, les grandes verrières, le sol en granit brillant, le blanc, et l'absence quasi totale de couleurs vives créent un sentiment de flottement très agréable. 

 

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Nouvelles tours d'habitation à Wuhan, octobre 2017

Les tours d'habitation fleurissent comme les cerisiers au printemps... On rase. Et on monte pour libérer le sol, loger plus confortablement les heureux élus, planter des arbres (on plante beaucoup d'arbres en Chine, il est plus que temps). Le ciel est grisâtre. Il était souvent ainsi pendant mon séjour. La pollution y est pour beaucoup. Elle peut être terrible. Le ciel se met à dégouliner régulièrement. Quand il ne pleut pas, c'est gris et humide. La région est traversée par le Yangtsé (6 300 kms) et peuplée de lacs, étangs, marais, rizières. Que d'eau ! Et miracle enfin une journée de soleil sur un fond de ciel bleuté... Cela arrive.

08:18 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/10/2017

Quelques images de Chine

 

La gare TGV de Nankin vers 10 h du matin. Les gares sont peu éclairées mais habillées de granit très clair qui produit beaucoup de reflets. Du coup, le rouge des affiches brille encore plus. Les quais sont déserts car les passagers attendent les trains dans des salles à l'étage. 

 

 

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Gare de Nankin, septembre 2017

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Cité interdite, octobre 2017

Ces deux enfants, probablement frère et sœur, posent pour leur mère dans un des innombrables passages de la Cité Interdite de Beijing (nom officiel de Pékin). On retrouve le rouge sur les murs et sur les drapeaux placés là par la mère. Les Chinois sont très fiers de leur histoire plurimillénaire et de leur pays.

 

chine, wuhan, hubei

La diseuse de bonne aventure, Wuhan, province du Hubei, Chine, octobre 2017

Cette femme aveugle est consultée par un homme curieux de son avenir. Comme partout, beaucoup de superstitions perdurent dans ce pays qui n'est que faiblement touché par le monothéisme.

10:35 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chine, cité interdite, pekin |

25/07/2017

Quand Ali Bécheur parle d'écriture

     En 2001, l'écrivain tunisien Ali Bécheur a accepté de préfacer un recueil de poèmes édité par la Communauté Wallonie-Bruxelles et l'Institut français de coopération. Ces deux institutions organisaient avec les Facultés des lettres tunisiennes un concours de poésie annuel destiné aux étudiants des départements de français. J'ai retrouvé l'opuscule publiant les textes des lauréats. Aymen Hacen était alors en première année de lettres françaises de la Faculté de Sousse. Il remporta le premier prix avec un texte que je publie aussi ci-dessous. Aymen a fait du chemin depuis. Professeur à l'Ecole normale supérieure de Tunis, il est aussi écrivain et journaliste.

     Lors de la remise des prix en 2001, j'ai lu à l'assistance la préface d'Ali Bécheur. Je m'en souviens encore. Ce texte est tellement clair et puissant. Il fallait du courage pour écrire ainsi en 2001 en pleine dictature de Ben-Ali. Mais en Tunisie les intellectuels ne se sont jamais tus. Ils ont baissé la voix, parfois murmuré, mais ils ont toujours parlé. 

 

Tunisie, Becheur, Hacen, ecriture, poesie

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      Je pense qu'en lisant ces textes, on comprend mieux pourquoi la Tunisie est le seul pays "arabe" a avoir réussi son printemps depuis 2011 même s'il reste beaucoup à faire.

07:43 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tunisie, becheur, hacen, ecriture, poesie |

29/06/2014

Brèves

En ce début d'été, vous semblez pour beaucoup d'entre vous, chers lecteurs, débordés, débordés... Alors je ferai bref en attirant votre attention sur deux ou trois citations ou commentaires tirés de la presse écrite (le Nouvel observateur du 26/06/2014).

Une phrase de Michel Rocard : "Jamais nulle part, la démocratie n'a enthousiasmé, sauf là où elle manque". 

"La mort semble toujours saisir le vif qui frappe à nos portes : la révolution collaborative qui chamboule le monde productif, le déferlement des biotechnologies, l'immense espoir soulevé par l'économie circulaire. Le futur n'est pas de saison" Guillaume Malaurie (Entre nous).

"Depuis que je n'écoute ni radio ni télé, je me sens comme libéré. Contrairement à la presse écrite, les rythmes du son et de l'image télé ne nous laissent pas la liberté de réfléchir, de respirer, d'interrompre une acquisition de connaissance pour mieux l'assimiler. Alors, cher lecteur, si vous voulez garder la tête froide : lisez." François Maugis (Courrier des lecteurs)

 

 

14/06/2014

Toutes des danseuses...

Toutes des danseuses ces Parisiennes… Il faut les voir sur les trottoirs de la capitale avec leurs chaussons Repetto*. Elles avancent les pieds en éventail, droites comme des i, légèrement cambrées, pour bien montrer qu’elles ont appris la danse classique et ont manqué de peu une carrière professionnelle. Quand elles s’arrêtent, elles font cette légère flexion d’une jambe, signature sans coup férir de la pause propre aux danseurs classiques.

Alors, quand le festival de la danse du 9.3 pointe son nez à la mi-juin, on franchit avec appréhension le périphérique et on se rend à Montreuil où bat le cœur malien de la région parisienne : « Mon Dieu, on n’y va jamais dans le 9.3. Mais pour la danse contemporaine, on fait un effort. J’en connais qui travaillent en Seine-Saint-Denis et dorment dans le 14ème à Paris rue Sarrette. Ils rentrent dans le sud parisien avec une voiture de fonction du conseil général… »

Les Maliens, on n’en voit pas beaucoup dans la file d’attente qui s’organise devant la salle Casarès dans le centre de Montreuil. Pas davantage de Maghrébins pourtant nombreux dans cette ville et dans ce département. Par contre la fine fleur du monde de la danse contemporaine est là. Ils se connaissent tous, s’embrassent, s’interpellent par leurs prénoms. La petite coterie des « danseuses » est présente au rendez-vous. 

Le spectacle Two Room Apartment  avec Niv Sheinfeld et Oren Laor devait commencer à 21 h mais à l’heure-dite, la grande prêtresse des lieux (elle-même ancienne danseuse) nous annonce que le spectacle aura 20 mn de retard en raison de derniers réglages. Étant donné la suite, on se demande bien lesquels. Ce n’est pas grave car le spectacle dure 45 mn.

On en profite pour boire un verre dehors. Il fait beau.

21h20 : les portes de la salle Casarès s’ouvrent. On nous place d’office sur la scène sur trois rangs de chaises en plastique qui forment les trois côtés d’un rectangle. Le reste des spectateurs est bien assis dans les fauteuils de la salle.

Le spectacle commence, sans musique (ce sera une caractéristique majeure de l’événement),  avec l’entrée de deux hommes dont on ne sait pas s’ils sont danseurs ou machinistes, peut-être des intermittents du spectacle qui vont nous annoncer qu’ils occupent la salle pour protester contre la réforme de leurs droits au chômage… Non, ouf ! Ce sont les deux danseurs israéliens.

Ils commencent par dessiner au sol deux rectangles (comme les deux parties d’un terrain de sport) avec des rouleaux de scotch pour déménagement. Ceci fait, ils déambulent dans ces deux espaces, chacun dans le sien, toujours sans musique.

Assis du côté cour ou jardin, peu importe, je remarque tout de suite la correspondante japonaise du Yomiori Shinbun, le grand quotidien de Tokyo. Par quel égarement son rédacteur en chef l’a-t-il envoyée dans le 9.3, mystère. Scrupuleuse comme toutes les Japonaises, elle prend des notes avec un art consommé : elle dessine ses idéogrammes sans regarder son bloc-notes.

Au centre de la scène, alors que la Japonaise est dans l’angle droit, se tient majestueuse Mademoiselle K (nous tairons son nom) ajustant son regard myope derrière ses strictes lunettes rectangulaires à branches épaisses (de marque mais discrètes). Ses jambes sont délicatement croisées. Mademoiselle K est venue de Lyon incognito pour « voir ce que donne ce festival dans le 9.3 ». Elle n’en perd pas une ramée. Très pro, on la connaît.

Le spectacle se poursuit : nos deux danseurs ont osé transgresser la frontière de leurs appartements (mais on voit bien là tout le poids politique de ce geste incroyable) et petit à petit se rapprochent sur un air militaire israélien. Enfin de la musique !

Déjà 15 ou 20 mn que cela tourne en rond, la correspondante du Yomiori Shinbun a arrêté de prendre des notes et s’affaisse progressivement sur sa chaise en plastique au rythme de la fermeture de ses paupières. Son attitude en dit long sur l’intérêt qu’elle porte au spectacle.

Mademoiselle K, toujours aussi raide, n’en perd pas une ramée, mais peut-être dort-elle derrière ses lunettes. Qui sait ?

Nos deux danseurs, las de se draguer, se rapprochent. L’un d’eux, le plus grand, se déshabille lascivement devant son alter ego. Tout, il enlève tout. La correspondante du Yomiori Shinbun soulève ses paupières closes et sourit. Enfin du neuf. Si on peut l’écrire car depuis la comédie musicale Hair, on en a vu d’autres. Elle est amusée par ce zizi qui brinquebale et ses testicules qui pendent gentiment et parfois se balancent avec grâce sur des airs à la Elton John. Mademoiselle K demeure imperturbable. Elle en a vu d’autres (paires de…) et ce n’est pas cela qui va l’impressionner. Non elle est toute entière la proie de la « logique politico-narrative de ce poème dansé ».

Quand le danseur nu se rhabille après avoir sauté à maintes reprises dans les bras de son amant (sans musique), la correspondante du Yomiori Shinbun sombre à nouveau dans la torpeur. Elle ne comprend rien, pas davantage que moi. Heureusement j’ai le spectacle des spectateurs à observer.

45 mn, 48 mn. A la 50ème mn les danseurs décollent le scotch, boivent un coup d’eau et s’en vont. Applaudissements (pas les miens).

La correspondante du Yomiori Shinbun se dit que se taper 11 heures d’avion pour voir cela, c’est cher payer l’heure de vol. Il n’y a pas que ce spectacle, elle en verra d'autres. Mademoiselle K, à 2h de TGV de Lyon, se frotte les lunettes : elle invitera ces deux danseurs à l’occasion de son festival. Libération en a dit du bien, c’est tout dire.

Une heure de transports en commun pour rentrer chez moi, pauvre égaré dans cette mafia. Où sont les Maguy Marin, les Pietragalla, les Pina Bausch, les Béjart ? Ils font danser sur de la musique. Quelle ringardise ! La mode semble être à la danse sans musique ou pratiquement. Quel ennui  ! Si on avait fait danser un Israélien et un Palestinien, j’aurais peut-être compris quelque chose. Mais deux Israéliens, à quoi bon ?

  

 

*Créée en 1952, la maison Repetto fabrique des chaussons de danse. Propriété de Reebok France, elle commercialise désormais, outre des ballerines et des chaussures, du prêt-à-porter et des parfums. Repetto constitue un des nec plus ultra des Parisiens. 

08/06/2014

Bord de mer

 

 

 

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Boa-Vista, Portugal. Photographie de Frédéric Bellay.

 

 

Quand il voit la photo, il dit sans y réfléchir :

-          - Quelles belles montagnes ! Et ce champ de neige !

Et puis c’est le silence. Il regarde de plus près. Ajuste sa vision à son objet. Il se recule puis se rapproche.

-          - Des montagnes ?

Il n’en est plus très sûr, comme si ce paysage a priori si évident lui échappait. Il doute de l’échelle, de la perspective. Il reconnaît une rambarde sur la droite et son ombre projetée sur ce qu’il avait imaginé être de la neige : l’échelle n’était pas la bonne. Son regard s’ajuste progressivement à ces aplats noirs et blancs mêlés de gris et d’argent. Et soudain, les montagnes imaginées se dissolvent pour laisser la place à un autre objet : le bord de mer, le rivage atlantique, avec ses rochers, son sable et ses marées. Il comprend que c’est marée basse et que le sable sur la plage est celui de l’estran.

D’où vient cette lumière qui sur le sable projette l’architecture de la rambarde ? D’où vient cette masse noire à la fois pointue et arrondie sur la droite de la photo ?

La source lumineuse est hors champ, occultée. La lumière n’a pas de source visible. Le ciel est d’un noir d’encre, sans aucune étoile. Un dais immense tendu au-dessus des rochers, du sable, vides, inanimés. Éclairés mais menacés d’obscurité par la masse noire qui se profile à la droite du cadre.

L’océan ? Où est-il ? C’est marée basse et il ne demeure que sa trace sur le sable lisse et vierge. L’océan est hors cadre comme la source lumineuse.

Celui qui regarde comprend ou le croit, à sa manière.

Il comprend que cette photographie pose une question : qui de la lumière ou de l’obscurité va gagner ?

Déjà la nuit s’impose dans le ciel et peut-être l’emportera-t-elle totalement si cette masse sombre progresse par la droite du cadre. Les deux forces s’affrontent dans un paysage chimérique où « le miroir qui se souvient* »  mêle les  rivages confondus d’un même océan, « finis terres ». La fin de la terre, le début de la nuit, le pas retenu vers l’obscurité qui gagne.

Quelle issue à ce combat ?

Celui qui regarde sait-il quelle part d’ombre le hante ?

Quel chemin il doit emprunter ?

S’il est sur la bonne voie ?

S’il a effectué le bon choix ?

Il préférerait ne pas choisir.

Je ne peux que lui dire :

« The shadows are as important as the light. »

Jane Eyre, Charlotte Brontë

 

 

 

·         * Citation de Robert de Montesquiou 

17/05/2014

Quand passent les cigognes

C’est comme une longue valse, de la première à la dernière image. Les personnages courent, virevoltent et sautillent : ils sont toujours en mouvement. Veronica, l’héroïne, danse avec les chars, avec les trains et avec les blessés qu’elle soigne. Elle est légère comme une ballerine.

Pourtant l’intrigue se déroule pendant la Deuxième guerre mondiale, en juin 1941 lorsque Hitler envahit l’URSS. Le film sort en 1958 et est présenté au festival de Cannes. La seconde guerre est toute proche, elle est l’objet d’une filmographie abondante spécialement en Union Soviétique. Au sein de tout ce bric-à-brac exaltant l’héroïsme communiste, Quand passent les cigognes détonne. Par son rythme, comme je l’écris plus haut, par la présence et la beauté des acteurs telle Tatiana Samoïlovka (Palme d’or pour son interprétation) dont les yeux en amandes nous rappellent que la Russie c’est déjà l’Asie.

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Ce film fut réalisé par Mikhaïl Kalatozov en 1957 et comme les deux précédents que j’ai évoqués (Les grandes espérances et L’auberge rouge) il est en noir et blanc. Mais il s’agit d’un noir et blanc très spécial que l’on dirait adapté aux nuits blanches de l’été russe et aux nuits d’encre de l’hiver sibérien. Les éclairages, souvent concentrés sur les yeux, rapprochent les spectateurs des acteurs et des personnages qu’ils incarnent.

L’histoire est simple. Nous sommes à Moscou et Veronica est amoureuse de Boris, ils projettent de se marier. Quand l’URSS et l’Allemagne nazie entrent en guerre, Boris s’engage dans l’armée et part au front. Au cours d’un bombardement, la famille de Veronica est anéantie. Veronica échappe par miracle à cette catastrophe. Les parents de Boris décident de la prendre en charge et elle finit par céder aux avances d’un cousin de Boris, Marc-Alexandrovitch, pianiste de son état. Elle n’a plus de nouvelles de Boris qui est mort au combat, mais elle l’ignore. Elle se marie avec Marc-Alexandrovitch et ils partent en Sibérie, loin du front, où le père de Boris et sa sœur exercent dans un hôpital militaire. Marc-Alexandrovitch s’avère dépensier, noceur et peu fiable (le personnage est très dostoïevskien). Il est chassé du domicile des parents de Boris. Veronica, qui fait office d’infirmière, sauve un petit garçon d’une mort accidentelle et l’adopte : il s’appelle Boris…

Veronica apprend enfin que Boris est mort par un ami de ce dernier. Quand les troupes rentrent du front une fois le IIIème Reich écrasé, elle espère que Boris a pu échapper à la mort mais elle doit se résigner. Les cigognes qui passent dans le ciel de Moscou au début du film, repassent au-dessus de la gare où se trouve Veronica à la fin du film et où elle comprend qu’elle doit renoncer. Boris est mort. La vie reprend.

J’ai conservé un souvenir assez net de ce film car je l’ai vu à 8 ou 9 ans. Mais j’ai surtout retenu une scène, celle de la mort de Boris. Ce dernier se trouve avec un autre soldat en reconnaissance dans des marais et il est soudain mortellement blessé par une balle ennemie. Le réalisateur a choisi de montrer l’écroulement de Boris par les yeux de ce dernier. A peine frappé par la balle, Boris est pris de vertige et commence à voir le ciel tournoyer. Les bouleaux qui l’entourent en font de même. Le spectateur est saisi par les mouvements de la caméra, vit son effondrement avec Boris. Jusqu’à ce qu’on le voie tomber sur le dos dans l’eau marécageuse. C’est fini, il est mort.

Cette scène, relativement brève, est restée ancrée dans ma mémoire, comme celles que j’ai évoquées à propos des Grandes espérances et de L’auberge rouge. Cette fois, nous ne sommes plus dans l’espérance, dans le dévoilement ou dans l’amour. Nous sommes face à la mort, brutale et filmée de manière saisissante. L’amour, l’espérance, la vérité et la mort. Quel quatuor ! Un programme pour la vie !

J’ai aussi retenu de ce film l’écureuil en peluche qui scelle l’amour entre Veronica et Boris et que l’affreux Marc-Alexandrovitch vole à Veronica pour en faire cadeau à une catin de haut vol…

Il y a aussi la babka de Boris (grand-mère en russe) et les ciocia (tantes) ou ciotka (avec le diminutif) que j’ai découvertes en Pologne et qui tiennent un rôle primordial dans les familles d’Europe centrale et en Russie.

Je termine ainsi cette trilogie des films qui ont marqué mon enfance et ont gravé en moi des images pour la vie. Et sans doute aussi des leçons de vie. 

 

 

 

 

10/05/2014

Martinets

Nous sommes le 10 mai 2014. Et ce matin, en rejoignant l’avenue du Général Leclerc, j’ai reconnu leur cri.

 

J’ai cru tout d’abord qu’il s’agissait d’un de ces multiples bruits de la ville. Des crissements de freinage, des sonneries de téléphone portable, des gloussements de perruches humaines (elles sont nombreuses à Paris), des stridences de disputes mâles… Mais non.

 

En levant mon regard vers le ciel, je les ai vus. Déchaînés comme à leur habitude. Depuis que je les connais, et cela remonte aux années 1950, ils sont déchaînés. Indomptables, prompts aux figures les plus acrobatiques. Aviateurs des temps immémoriaux, ils rayent le ciel avant de disparaître dans les lointains. Nos martinets étaient de retour.

 

Ils étaient là. Caravelles du ciel. Volant très haut selon leur habitude, à peine visibles pour nous pauvres terriens, mais trop bas pour les insectes qui descendent vers le sol quand la pression diminue et qu’il pleut, et qu'ils deviennent pour eux des proies faciles.

 

Martinets. Vous annoncez l’été. Et soyez-en remerciés.

16:17 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : martinets, paris, 14ème |

13/04/2014

L'auberge rouge

Bien que nous soyons en 1951 et que la guerre froide règne alors sur le monde, cette auberge n’est pas rouge car communiste mais rouge parce qu’elle fut le théâtre d’une foultitude de meurtres. Inspiré d’un fait divers authentique survenu en Ardèche vers 1820, le film d’Autant-Lara est l’un des trois qui ont marqué ma mémoire d’enfant avec Les grandes espérances (ma publication du 18 mars 2014) et Quand passent les cigognes.

 

Affiche de L'auberge rouge.jpg

 

Contrairement au titre des Grandes espérances, que j’avais totalement oublié, j’ai conservé celui de L’auberge rouge, peut-être parce que j’ai vu ce film un peu plus âgé (mais je n’ai aucune idée de la date) ou que les circonstances ont fait que je l’ai mieux retenu. Et puis, Les grandes espérances est un titre bien abstrait pour un enfant alors que L’auberge rouge lui parle.

 

Ces deux films n’ont a priori pas grand-chose en commun. Mis à part l’esthétique du noir et blanc et une mise en scène et un jeu d’acteurs proches de ceux du théâtre, les scénarii ont peu de points communs. Mais en visionnant à nouveau L’auberge rouge, disponible en DVD et remastérisé de belle manière, je me suis rendu compte que les images du film d’Autant-Lara qui avaient marqué mon souvenir n’étaient pas si éloignées de celles des Grandes espérances. Le 19ème siècle avec ses règles sociales et ses costumes. La grande salle de l’auberge avec sa longue table, certes entourée de vie et non pas figée comme celle Miss Avisham.

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La salle à manger de l'auberge avec sa longue table

Le novice, Jeannou qui accompagne le moine capucin joué par Fernandel, Jeannou plus âgé que Pip enfant mais qui doit avoir le même âge que Pip jeune homme.

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Jeannou (Didier d'Yd)

L’atmosphère obscure du film qui se déroule en hiver, la nuit, dans une auberge mal éclairée. L’arrivée de la lumière non pas par un dévoilement mais par le lever du jour, la lumière éblouissante d’un paysage de montagne enneigé. Et puis il y a cette scène qui m’a tant marqué et qu’on ne retrouve pas dans l’adaptation de Dickens, celle au cours de laquelle Jeannou et la belle Mathilde, la fille des aubergistes criminels, bavardent, badinent dans le foin de la grange. Elle est restée empreinte d’une grande sensualité dans mon souvenir alors qu’en la revoyant adulte je la trouve bien prude. Mais quand on est enfant, le grand mystère des relations entre les adultes nous taraude. « C’est quoi l’amour ? » demandais-je alors régulièrement à mes parents. J’avais là sous mes yeux le début d’une réponse confuse qui m’avait échauffé les sangs…

 

L’intrigue de L’auberge rouge est simple. Elle se déroule vers 1830. Un couple d’aubergistes sans scrupules fait fortune à Peyrabelle dans le Vivarais sur la route qui relie le Puy à Privas en Ardèche.

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Le moine-capucin (Fernandel) et le novice-Jeannou arrivent à l'auberge

Avec l’aide d’un grand « Nègre » nommé Fétiche, interprété par Lude Germain, ils droguent les voyageurs isolés, les trucident, volent leurs biens et les enterrent dans le jardin de l’auberge quand ils ne donnent pas leurs cadavres dépecés à manger aux cochons dont ils nourrissent ensuite leur futures victimes (c’est ce qu’on appelle maintenant l’économie circulaire, je crois…). Quand on pense que ce scénario est inspiré d’une histoire vraie, cela fait froid dans le dos.

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Fétiche (Lude Germain)

Mais dans le film d’Autant-Lara, toute cette histoire sinistre est traitée sur un mode humoristique. Tous les ingrédients étaient réunis pour un drame bien sombre mais le spectateur se retrouve devant une comédie grinçante, désopilante servie par des acteurs hors pair comme Fernandel, Carette et Françoise Rosay. Une vraie comédie où la scène de confession entre le moine capucin (Fernandel) et la femme aubergiste (Rosay) constitue un morceau d’anthologie. Pour le couple d’aubergistes et son complice Fétiche, c’est le début de la fin. La femme a tout dévoilé au moine qui est cependant tenu par le secret de la confession. Ce dernier va s’efforcer de sauver les voyageurs qui logent à l’auberge et sont déjà prêts à être trucidés drogués qu’ils sont par un puissant somnifère. Au milieu de ces trois adultes occupés par le crime (les aubergistes et Fétiche) ou sa dénonciation (le moine), le groupe de voyageurs au sein duquel sévit l’impayable Jacques Charron (de la Comédie française) fait preuve d’une inconscience totale et se comporte avec une puérilité surprenante. On dirait de grands enfants qui ne pensent qu’à rire et s’amuser. Les deux jeunes gens, la fille des aubergistes, Mathilde jouée par Marie-Claire Olivia, et le novice qui accompagne le moine, Jeannou joué par Didier d’Yd, font preuve de beaucoup plus de maturité que les adultes. Ils éprouvent l’un pour l’autre le coup de foudre, ils s’aiment et leur amour, avoué sur le foin de la grange, devient plus fort que tout : plus fort que la religion catholique représentée par le moine, plus fort que la désapprobation parentale. Ils disent non aux carcans de l’église et de la famille. Jeannou ne dit-il pas au moine « Je n’écoute pas ! ». Ce moine qui l’a surpris avec Mathilde dans la grange et s’exclame « Malheureux ! Avec une fille ! » Encore heureux que ce ne fût point avec un garçon ! Le moine accepte de les marier dans l’espoir de gagner du temps pour sauver les voyageurs endormis après avoir convaincu les parents-aubergistes qu’avoir un gendre fils d’un juge serait une bonne chose pour eux, au cas où…

 

La scène du mariage dans la grande salle de l’auberge est très drôle car les voyageurs ronflent tant qu’ils peuvent pendant que le moine essaie de faire traîner la cérémonie en longueur. Comme dans toutes les bonnes comédies, l’arrivée du Deus ex machina sous la forme de deux gendarmes vient sauver la joyeuse bande des voyageurs endormis des griffes des aubergistes. Les gendarmes ont en effet trouvé le singe dont le propriétaire, musicien ambulant, tué au début du film par les aubergistes et Fétiche. Le singe est joué par un enfant déguisé, cela se voit mais reste drôle.

 

Scène finale : le mariage des deux jeunes gens interrompu par l’arrivée des deux gendarmes qui coïncide avec le lever du jour (encore un mariage interrompu, comme celui de miss Avisham dans Les grandes espérances, et encore une robe de mariée comme celle que porte la même Miss Avisham 20 ans après...). Le cadavre du musicien ambulant, rigidifié par le froid, apparaît sous un bonhomme de neige qu’il faut déplacer pour laisser passer la diligence qui doit transporter les voyageurs à Privas. Sous les coups de boules de neige envoyées par le moine, toujours tenu par le secret de la confession et qui ne peut rien DIRE aux gendarmes, le bonhomme de neige où le corps est caché se désagrège. C’est la charmante Mathilde qui avait eu l’idée de le cacher ainsi…

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Le bonhomme de neige dans lequel est caché le cadavre (Rosay en femme aubergiste, Fétiche, Jeannou, Carette en aubergiste, Mathilde avec la robe de mariée de sa mère, )

Les aubergistes démasqués sont arrêtés par la maréchaussée ainsi que le terrible Fétiche. Nous sommes sortis de la nuit du crime pour entrer dans la lumière de la vérité. Le contraste est saisissant puisque nous sortons des décors des studios de Boulogne pour des images d’extérieur tournées dans les Alpes. Finalement, tout comme dans Les grandes espérances, on passe de la pénombre à la lumière.  Le moine capucin ne s’exclame-t-il d’ailleurs pas : « Qu’elle a été longue cette nuit ! ».

 

La lutte du bien et du mal, du jour et de la nuit, thématique chère au 19ème siècle. Mais cette thématique prend tout son sens dans les années qui suivent la seconde guerre mondiale au 20ème siècle. Les grandes espérances date de 1946. L’auberge rouge de 1951. On vient de sortir de cinq années de conflit mondialisé et de découvrir l’horreur des camps d’extermination. Les morts se comptent par millions. Faut-il lire le film d’Autant-Lara comme une parabole de cette période sombre, la guerre, qui débouche sur la paix et la lumière ? L’inconscience des adultes-voyageurs est portée à son comble dans ce film. Ils repartent avec leur diligence, sauvés des griffes du trio criminel, mais tombent dans un ravin qu’ils franchissaient sur un pont de bois préalablement saboté par Fétiche pendant la nuit précédente (les criminels prévoyaient de récupérer ainsi leurs biens). Le moine-capucin a échoué dans son projet. Il n’a pas réussi à sauver ses brebis. Lui, qui à plusieurs reprises dans la nuit s’est senti abandonné par Dieu, échoue in fine puisque les rescapés meurent tous dans l’accident du pont saboté. Il s’enfuit dans le paysage enneigé, épouvanté. Que fait Dieu ? Les deux jeunes gens sont sains et saufs : on les voit une dernière fois marcher enlacés sur la route enneigée : ils ne sont pas montés dans la diligence de la mort. Le trio des criminels quant à lui marche encadré par les gendarmés sur le chemin enneigé.

 

Leur inconscience a perdu les voyageurs. La foi du moine-capucin n’a pas sauvé ces derniers (le film a été jugé anticlérical à sa sortie). Le trio criminel file vers la guillotine. Les seuls rescapés sont donc les jeunes et beaux amoureux. Est-ce pour cela qu’enfant je les ai aimés ? Ils émergent d’un monde d’adultes bien sombre. Et ils sont sauvés par leur passion. Tout cela, je ne faisais que le deviner, le sentir. Je n’avais pas les mots pour identifier clairement ce que j’éprouvais. Dans la salle de classe transformée en cinéma où ronronnait le projecteur 16 millimètres, avais-je sans doute confusément découvert ce soir-là vers où il serait bon de me tourner, plus tard.

 

31/03/2014

Paris et la bicyclette

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"A Paris, le vélo s'enracine."

Seul commentaire pour ce cliché pris dans l'enceinte de la Cité internationale universitaire de Paris, près de la maison de l'Arménie.  

 

18/03/2014

Great expectations

Je publie aujourd'hui la centième note de mon blog. C'est un petit événement ! Vous êtes très nombreux en ce mois de mars à rendre visite au blog de Jean Julien. Je remercie sincèrement tous les lecteurs qui m'encouragent. Etant donné les nombreuses pages désormais accessibles, je vous conseille de naviguer en utilisant les catégories. Vous retrouverez ainsi plus facilement les textes regroupés par thématiques ou les nouvelles par chapitres comme Les amants de Lamalou. Dans ces catégories, les textes apparaissent selon leur ordre de publication. Ce sont donc les plus récents qui sont visibles en premier.

 

Avez-vous eu le bonheur de regarder sur Arte l’adaptation réalisée par la BBC du roman de Charles Dickens Great expectations (Les grandes espérances), le jeudi 6 mars 2014 ?

Si vous avez raté ce rendez-vous, vous pouvez vous rattraper en visionnant les trois épisodes en VOD (« video on demand » ou vidéo à la demande) sur le site internet d’Arte, et ce pour une somme modique. Vous pouvez aussi acheter en DVD le film de 1946 réalisé par David Lean. Il vient de bénéficier d’un rematriçage (ou remastérisation) et il en ressort propre comme un sou neuf.

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Vous devez vous demander pourquoi je cherche à promouvoir ces deux adaptations des Grandes Espérances de Dickens. Et pourquoi pas celles d’Oliver Twist ou du Mystère d’Edwin Drood, également diffusées sur Arte ?

C’est que mon rapport à cette œuvre est très personnel et très ancien. Dès que j’ai vu les premières images de la série de la BBC ce jeudi soir du 6 mars dernier, la course de Pip dans la brume des marais, j’ai su que j’avais retrouvé l’histoire qui m’avait tant marqué enfant et que je n’avais jamais côtoyée depuis. J’ai su que bientôt surgirait cette vieille demeure et sa salle à manger envahie par les toiles d’araignées et la poussière, inchangée depuis des années, depuis le mariage avorté de la propriétaire des lieux. Cette fois les images de la BBC sont en couleur. Mon souvenir est en noir et blanc. A la fin du récit, Pip devrait dévoiler ce lieu, le rendre à la lumière et au temps. Du moins je l’espère. Le réalisateur de la BBC en a décidé autrement, n’ayant pas suivi le même scénario que celui de David Lean.

Les images en noir et blanc et le scénario de ma mémoire, je les retrouve quelques jours plus tard grâce au DVD consacré au film de 1946, celui de Lean que j’ai vu entre 1956 et 1958 environ. Certaines de ces images ne m’ont jamais quitté depuis mon enfance. Mais j’avais oublié de quel film elles venaient, à quelle histoire elles étaient mêlées. Je savais simplement que j’avais visionné ce film en compagnie de mon père qui organisait des séances de cinéma dans les locaux de l’école où il exerçait en tant qu’instituteur dans les années 1950. Nous étions assis sur des bancs, l’écran était un simple drap blanc, les adultes se joignaient aux élèves, il fallait changer de bobine toutes les 15 ou 20 minutes. Tout cela m’enchantait. Le hasard a fait que j’ai retrouvé ce 6 mars Les grandes espérances à la télévision en compagnie de mon père. Il m’a avoué n’avoir aucun souvenir de ce film, ni de sa projection.

Mais pourquoi ai-je retenu avec autant de précisions ces images-là et oublié le titre du film ? Alors que j’ai gardé le souvenir précis de deux autres longs métrages que j’ai découverts dans les mêmes années, Quand passent les cigognes et L’auberge rouge, j’y reviendrai. Mais cette pièce immense et figée dans le temps, ce jeune homme qui vient la dévoiler, l’insérer à nouveau dans le fil des jours, voilà ce qui m’avait marqué de manière indélébile.

J’ai interrogé des spécialistes du cinéma à la recherche d’un titre. En vain, ils n’ont pas su me répondre. Ma description ne leur évoquait rien. Le hasard a fait que pendant plus de 50 ans je n’ai pas croisé l’œuvre de Dickens ni par écrit ni en images. Jusqu’à récemment où le mystère enfin se dévoila et ce fut une grande joie pour moi. Je retrouvai Pip, le héros qui raconte sa vie d’enfant puis de jeune homme, Pip auquel je m’étais fortement identifié. Je retrouvais les scènes fantastiques dans les marais, dans les rues de Londres, sur la Tamise et dans la demeure de Miss Avisham, figée dans le temps, figée dans l’obscurité. Roman d’initiation, le texte de Dickens est d’une très grande qualité. Et pour qu’il m’ait touché à ce point, pour qu’il ait laissé en moi cette marque indélébile, c’est qu’il a sollicité des zones très profondes de mon cerveau. Comme tous les écrivains talentueux, Dickens atteint notre inconscient et lui parle.

Enfant, je fus troublé par cette Miss Avisham qui ne sort plus de chez elle depuis son mariage raté, qui est toujours habillée de sa robe de mariée qu’elle n’a jamais quittée depuis 20 ans, qui n’a pas voulu modifier quoi que ce soit à l’aspect de sa demeure, depuis ce jour où son fiancé a choisi pour l’abandonner. Miss Avisham qui vit figée dans son passé et s’y morfond. Près d’elle il y a Estella sa fille adoptive et Pip, le petit orphelin qui doit devenir forgeron. Près d’elle il y a la vie qui se développe. Miss Avisham ne sortira pas de son traumatisme. Elle n’y survivra pas. Mais quand Estella veut prendre le même chemin que celui de sa mère adoptive, se cloîtrer dans cette demeure, immobilisée dans le temps et dans l’obscurité, Pip vient arracher les vieux rideaux, secouer les nappes poussiéreuses, mettre à bas les vieilles pièces montées rongées par les souris. Avec la lumière, il apporte l’oubli, la réparation, la résilience comme on dit maintenant. En dévoilant cette pièce, il dévoile aussi la vraie personnalité d’Estella qu’il aime et qui va l’aimer.  Great expectations, Les grandes espérances : toujours garder l’espoir même dans les heures les plus sombres. Ne pas se figer dans un passé blessant, ne pas être du côté de l’ombre mais du côté de la lumière.

Vous me direz qu’un enfant ne peut pas comprendre tout cela. Que je construis a posteriori ce discours. Je ne le crois pas. Certes, je n’avais pas décodé le sens de ces images avec des mots. C’est maintenant que j’ai revu le film de David Lean que je peux le faire. Je n’avais pas les mots mais j’avais compris le message que portent ces images, je l’avais entendu intuitivement. Sinon pourquoi cette salle à manger figée et soudain dévoilée, dépoussiérée par Pip, m’aurait-elle accompagné depuis si longtemps ? Je n’écris pas « hanté » mais bien « accompagné » car si ces images m’ont fait un peu peur, je les ai vues entre 6 et 8 ans, elles m’ont bien davantage subjugué. Oui, on peut arracher les rideaux, renverser les meubles poussiéreux et avancer dans la lumière.

L’identification de ces quelques scènes isolées et leur recollement dans leur matrice d’origine leur ont fait perdre du mystère. Sans doute, un peu seulement, pas davantage. Elles ont vécu si longtemps en moi ces images qu’il suffit que je les appelle, seules, pour les retrouver dans ma version première et unique. Et puis il y a maintenant une autre version plus claire, plus complète et plus construite. Les deux cohabitent, pour mon plus grand bien. Celle de l’enfant et celle de l’adulte. Great expectations, Les grandes espérances.

 

 

 

05/03/2014

Les deux m’as-tu-vu

Elle ne tient pas en place dans son fauteuil pendant que les musiciens entament la dernière partition du concert. Elle se fait de plus en plus chatte. Son homme est là, à sa droite, qui tente de se concentrer sur la musique. Elle s’éloigne de lui en se tordant vers sa gauche pour montrer qu’elle aussi écoute attentivement le trio qui se produit sur la scène. Les épaules basculées vers la gauche, la tête légèrement redressée vers la droite, elle fixe quelques instants les instrumentistes en évitant les têtes des spectateurs des rangées de sièges précédant la sienne. Elle en profite pour vérifier l’architecture du chignon qu’elle a rapidement monté au-dessus de sa nuque. Les épingles tiennent bien, un peu serrées peut-être, mais cela ira. Il n’a rien d’artistique ce chignon de cheveux blonds mais il sied bien à un dimanche après-midi d’hiver où, ma foi, il est de bon ton d’afficher un léger négligé. Le foulard enroulé autour du cou, le gilet de laine et les bottines de daim beige s’harmonisent parfaitement. Les lunettes également qu’elle remonte délicatement sur son nez à chaque changement de posture.

La pause vers la gauche dure peu. La musique de Fauré avivant ses sens, elle se tord à nouveau, cette fois pour appuyer son épaule droite contre l’épaule gauche de son homme, plus grand et plus large qu’elle. Il ne bouge pas. La musique le captive. Après quelques minutes passées dans cette posture, elle passe sa main droite dans le dos de son bienaimé, lui caresse les épaules, remonte vers sa nuque, la masse délicatement. Il tourne alors lentement la tête vers la gauche, sans perdre le fil de la mélodie de Fauré, et adresse à son amoureuse un léger sourire. Ses belles lèvres, surmontées d’une moustache grisonnante, produisent tout leur effet. Elle est ravie et ose se redresser câlinement pour lui susurrer quelques mots à l’oreille, qui n’ont sans doute guère à voir avec la musique de Fauré. Mais, qui sait ?

Satisfaite de cette victoire, elle se précipite dans la partie gauche de son fauteuil pour tenter de trouver à nouveau une position idéale d’écoute. Une petite vérification du chignon négligé s’impose, brève mais nécessaire. La position des lunettes est également assurée. Un regard rapide vers la salle… Elle n’y tient plus, elle se rue vers la droite de son siège, elle embrasse son homme, lui prend la main, lui caresse la cuisse. Il lui exprime sa satisfaction par un léger sourire, sans se détacher pour autant de la musique.

Le trio de Fauré est interminable. Quand donc les musiciens vont-ils attaquer le dernier mouvement ? Nouvelle manœuvre des épaules, basculées vers la gauche, torsion de la tête vers la droite. Le chignon est toujours en place, d'un négligé très élégant. Faudra-t-il une nouvelle teinture pour prolonger le brillant du blond vénitien ?

Derniers accords. Applaudissements. Elle se lève, enfin, pour se draper dans son magnifique manteau de peau, décalé par rapport à la salle peuplée de spectateurs peu attachés à leurs toilettes. Lui, il passe sa longue surveste de cuir avec l’assurance du mâle dominant. Du cuir italien à n’en pas douter, la souplesse, la coupe, tout y est. On sort des rangs en s’assurant que quelques regards se posent sur soi. Avant d’allumer son Smartphone ou son Samsung dernier cri, elle vérifie son maquillage en usant de la vitre du téléphone comme d’un miroir.

On sort de la salle, traverse le hall, s’engage dans le parc. Enlacés, on échange des baisers. Et on sombre dans l’obscurité vespérale de l’hiver parisien non sans se retourner une dernière fois pour guetter un regard admiratif ou envieux qui traînerait.

On a chacun soixante ans bien tassés. Mais, après tout, c’est la jeunesse du cœur qui compte n'est-ce pas ? Et il n’y pas d’âge pour les démonstrations amoureuses. Apparemment.

 

Que serait-on sans le regard des autres ? Que serait-on sans le reflet de son visage dans la vitre du téléphone portable ?

 

 

Maison Heinrich Heine

Cité internationale universitaire de Paris

Concert du Klaviertrio Würzburg

Dimanche 2 février 2014

 

 

 

 

 

 

 

14/08/2013

Simon Hantaï au Centre Pompidou

Je recommande à tous ceux qui aiment la peinture de la deuxième moitié du vingtième siècle et qui se trouvent à Paris, de se rendre au Centre Pompidou pour visiter la très belle exposition consacrée à Simon Hantaï (1922-2008). Vous y verrez des tableaux magnifiques animés de couleurs resplendissantes. Attention, l'exposition se termine le 2 septembre 2013.

 

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Tabula 1980 (300 X 400 cm)

 

 

19:31 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : simon hantaï, peinture |

08/06/2013

Il pleut sur Lamalou

Le bavardage infatigable des curistes des thermes de Lamalou, à propos du temps, m'exaspère. Il en va de même avec les commerçants qui se croient obligés d'aller dans le sens de leurs clients.

Je sais qu'il s'agit d'une forme de communication sociale. Quand on aborde un inconnu, le temps qu'il fait constitue un sujet neutre.

Cependant, les commentaires sur le temps m'exaspèrent car ils vont toujours dans le même sens : dommage, il pleut, merveilleux il fait beau, le soleil brille de tous ses feux.

Jean-Claude Carrière dans "Le vin bourru" (Plon, 2000), ouvrage consacré à Colombières-sur-Orb entre 1930 et 1945, son village natal, à quelques kilomètres de Lamalou, exprime la même réaction. Je le cite (page 98) :

"...Où que je me trouve dans le monde, j'ai gardé pour la pluie un amour sans partage. Elle me tombe toujours dessus, où que je sois, comme un cadeau. Je m'irrite facilement devant le sourire niais de ceux et de celles qui nous annoncent, à la télévision, le temps prévu. Voici la minute imbécile. Tout le pays tire la langue et on nous dit : "Encore une belle journée ensoleillée, demain", ou bien, l'oeil attristé : "Hélas, quelques averses sont à craindre...".

Craindre des averses ? Je ne comprends pas. Il faudrait annoncer exactement l'inverse, affirmer que le beau temps c'est la pluie, et pas seulement pour l'agriculture, pour l'industrie, pour l'air que nous respirons, pour notre santé, pour tout. Les grandes nations sont faites de pluie. Mais apparemment le culte du soleil sévit encore sous des formes modernes et la "météo" ne s'adresse qu'à des adeptes aveuglés."

Fin de citation.

Je partage entièrement la réaction de Monsieur Carrière. J'ai vécu en Afrique de l'Ouest, dans le Sahara mauritanien, en Tunisie, à Madagascar. J'ai connu une sécheresse telle que le moindre tesson de bouteille enflammait la brousse ghanéenne en 1983. Mais quand j'essaie d'expliquer à un interlocuteur "météopathe" que la pluie a aussi du bon, il me regarde comme un extra-terrestre et s'éloigne un peu du "fada" qu'il voit en moi ...

Il vaut mieux parler comme tout le monde. Dans notre époque d'un conformisme extrême, préférer la pluie (modérément) au soleil (modérément) est perçu comme une originalité difficilement compréhensible. Et il ne s'agit que d'un exemple qui ne prête à aucune conséquence ! Heureusement pour moi !

PS : je remercie Eric Morisset d'avoir trouvé l'ouvrage de Jean-Claude Carrière chez un bouquiniste de Bourges et de me l'avoir fait connaître.

 

PS : J'ajoute quelques lignes suite aux commentaires que j'ai reçus et qui figurent un peu plus bas.

1. Parler du temps n'empêche nullement les curistes de Lamalou et d'ailleurs de parler aussi de leur santé et abondamment.

2. Je ne conteste pas le rôle social du discours sur la pluie et le beau temps. Quand on n'a rien à se dire, c'est pratique. Se taire est une autre solution, reposante pour les oreilles des voisins.

3. Ce que je conteste dans le discours météorologique, c'est qu'il est exclusivement orienté vers la présence du soleil. "du beau temps". Sans lui, point d'espoir. Je ne conteste pas du tout l'influence bénéfique de la lumière solaire sur notre organisme et notre esprit. Mais je peux assurer qu'au bout de 4 ou 6 ou 8 mois de soleil ininterrompu comme cela peut-être le cas dans le Sahara, les nuages et la pluie sont attendus avec ferveur ! On veut nous faire croire qu'on est heureux parce qu'on est exposé au soleil. Le bonheur ne vient pas de l'extérieur, mais de nous, de notre intériorité. Je concède qu'un rayon de soleil en plein hiver ou une belle lumière méditerranéenne procurent du plaisir. Du plaisir oui. Mais du bonheur ?

 

 

 

 

  

29/05/2013

Faut-il réchauffer les martinets ou supprimer les pesticides ?

Vous connaissez tous les martinets, ces merveilleux oiseaux qui dès le printemps venu inondent de leurs appels stridents nos cours et nos jardins. A Paris je n'ai perçu qu'un ou deux sifflements de ces frégates du ciel. Dans l'Herault où je séjourne depuis une dizaine de jours, ils sont inaudibles. Que se passe-t-il ?

Les conditions météorologiques pourraient expliquer ce phénomène. Selon Le Midi-Libre du 27 mai 2013, des dizaines de martinets agonisent et meurent dans les rues de Limoux dans l'Aude. Il y aurait tellement d'humidité accumulée que moustiques et insectes dont se nourissent ces oiseaux resteraient collés à la végétation. Les martinets seraient ainsi privés des proies qu'ils happent en vol. L'auteur de l'article recommande de prendre les plus faibles entre les mains et de les jeter d'une hauteur (pont, étage d'un immeuble) pour qu'ils puissent repartir en planant. A condition qu'ils aient la force de tenir en l'air... 

L'humidité est-elle seule en cause ? Les pesticides abondamment utilisés dans les vignes n'y sont-ils pour rien ?

Je reprends cette publication le 7 juin et cette fois les martinets sont bien présents dans le ciel de Lamalou. Ils sont très nombreux au-dessus de l'Orb, l'un des fleuves côtiers du département. Beaucoup ont donc survécu aux mauvaises conditions météorologiques de ce printemps et survivront cet été malgé l'abondance des pesticides dans les vignes. Observer leur vol est un vrai plaisir dont je ne me lasse pas depuis mon enfance.

 

15:24 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martinets, aude, herault, pesticides |