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09/11/2018

Reportage de France2 sur mes ancêtres combattants en 14-18

Vous vous souvenez que j'ai effectué des recherches sur mon grand-père maternel, Alfred Bredeloux, son frère Louis, mon grand-oncle maternel Julien David, et paternel, André Hoisnard quand ils étaient engagés dans la Grande guerre.

Nous avons tourné un reportage avec une équipe de France2 sur cette thématique le week-end dernier en famille au Chemin des Dames.

Ce reportage passera au JT de 20h de France2 demain samedi 10 novembre.

Nous avions avec nous, outre l'équipe de 3 personnes de FR2, un guide du département de l'Aisne, Vincent Dupont, très savant sur la Grande guerre et qui a poussé mes recherches concernant mes ancêtres. Ce fut passionnant et très émouvant.

Merci pour votre fidèlité.

Jean-Yves Hoisnard alias Jean Julien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30/10/2018

Une nouvelle publication : Vallespir

Bonjour à tous,

Vous pouvez désormais vous procurer mon nouveau récit, Vallespir, publié chez Edilivre, comme Les amants de Lamalou.

https://www.edilivre.com/librairie/vallespir-jean-julien....

Je vous en souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à publier vos commentaires directement sur mon blog afin de les partager. Vous pouvez aussi rédiger un commentaire sur le site d'Edilivre dans la rubrique prévue à cet effet.

Merci de votre fidèlité.

Jean-Yves Hoisnard alias Jean Julien 

 

 

08:38 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/10/2018

Patience dans l'azur (emprunt à Hubert Reeves)

Les journalistes, toutes catégories confondues, n'ont donc rien compris ou alors ils le font exprès...

Le Président a changé. Nous ne somme plus en Hollandie, temps où le président passait son temps avec les journaleux et se la coulait douce... Plus de 60 heures avec deux journalistes du Monde pour un livre qui l'a sabordé, si besoin en était...

La dictature du "tout tout de suite" a fait ses preuves en d'autres temps et dans d'autres pays. 

M. Macron avance à son rythme. Il a bien raison.

Les chiens aboient. La caravane passe.

 

12:23 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) |

02/10/2018

La minisculite ou la vie par le petit bout de la lorgnette

Depuis quelque temps, l'information télévisuelle (mon objet préféré d'énervement) est non seulement moutonnière (toutes les chaînes traitent les mêmes nouvelles en boucle) mais atteinte d'une maladie dangereuse : la minisculite aigüe.

Par hasard hier vers 18h je vagabondais sur le PAF, quand je vis mon Président entouré de jeunes antillais aux gestes de leur âge, provocateurs comme il se doit, surtout pour des selfies. Pas de quoi fouetter un chat !

Aussitôt la sage présentatrice de C dans l'air, un peu gênée, se demande si cette gestuelle sied bien à un président de la République par ailleurs un peu débraillé. L'excellent David Revault d'Allonnes du Journal du Dimanche explique alors avoir été témoin de cette scène car il accompagnait M.Macron aux Antilles. Il replace ce non-événement dans son contexte. Un détail. Rien à voir. Passons dit-il. Aussitôt un autre journaliste commence à pérorer sur la fonction présidentielle qui se délite comme l'ont expliqué les voix des LR et de Marine Le Pen le matin même... M. D'Allonnes semble excédé.

Je coupe, excédé moi aussi, et passe à France Inter qui diffuse des reportages passionnants sur la vie du monde comme il va.

Je retourne vers mon poste de télé vers 19h30 et j'essaie la 4. Patatras : Revault d'Allonnes et arrivé là et doit débattre des mêmes conneries pour, semble-t-il, son grand désespoir...

Ce non événement ne méritait pas davantage que les quelques secondes que lui consacra Canteloup sur la 1. Pour rire. Et là c'est bien et suffit largement...

Pourquoi cette minisculite ? Pourquoi faire de M. Bennala le centre de l'information parisienne par exemple ? Pour servir les oppositions en mal de critique ? N'y-a-t-il pas mille sujets plus importants pour notre vie cérébrale, notre vie tout court ? Et ne parlons pas de telle journaliste télévisuelle qui reprend des propos que Canteloup a prêtés à M.Mélanchon... On atteint le fond du trou audiovisuel. 

Parlons aussi de ces pauvres présentateurs des météos télévisées : ils se sentent obligés de se réjouir du beau soleil (on dit aussi "souleil" parfois, il paraît que cela vient du sud de la France ?) et du temps sec et tutti quanti... Pauvres hères, vous feriez mieux de vous mettre à genoux pour qu'il pleuve sur nos terres déssechées par l'été et sur nos plantes grillées par la chaleur. Mais non, il fait beau, "c'est bon pour le moral".

Non. J'ai vécu dans le Sahara, j'ai aussi connu une sécheresse terrible au Ghana, j'ai vu l'extraordinaire puissance de la nature dans ces contrées. Nous, Européens gâtés par notre climat tempéré, n'avons pas suffisamment conscience de ce qui nous attend. On devrait ouvrir les yeux et surtout ceux des journaslites qui sont censés nous parler du climat. Sinon le réveil va être très dur pour nous tous !

Si on pouvait relancer l'éducation populaire qui a tant fait au XXème siècle pour ouvrir les esprits, ce serait formidable.  Je sais ce "populaire" sent un peu le communisme mais n'empêche que les auditeurs des radios d'alors apprenaient ainsi. Et on était sur le principal et non pas sur l'accessoire, comme on dit en Droit !

Hiérachie dans l''information comme dans tous les domaines, telle devrait être notre priorité.

 

 

 

12:40 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/05/2018

Les réfugiés

Les demandeurs d'asile, migrants, réfugiés, porteurs d'un OQTF (ordre de quitter le territoire français), déboutés du Droit d'asile, clandestins, sans-papiers, bénéficiaires du rapprochement familial... Je ne compte plus les noms employés, souvent à mauvais escient, pour désigner les étrangers (non-Européens, non-estampillés UE bien sûr) qui transitent par notre territoire ou souhaitent s'y installer pour des raisons diverses. 

En visitant la collégiale Saint-Louis de Poissy (c'est là que notre bon Saint-Louis fut baptisé au 13ème siècle), j'ai découvert un vitrail dont j'ignore la date de conception mais qui a retenu mon attention par son contenu simple et clair.

 

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Collégiale de Poissy

 

Quelle scène nous soumet ce vitrail ? La fuite en Egypte de Marie et Joseph. Les parents de Jésus fuient la Palestine où ils risqueraient fort d'être martyrisés par les Romains ou leurs alliés. Ils migrent pour se réfugier dans un asile sûr. A gauche Marie est sur un âne avec Jésus dans les bras. Au milieu Joseph dont on apprend qu'il est le père de tous les réfugiés et de tous les exilés. Les mentions figurent en bas des vitraux de gauche et du centre. Le troisième bandeau mentionne "Protégez-nous".

Quel beau message  ! Il vient des Évangiles et du Christ lui-même qui se tournait résolument vers les étrangers. Puisse ce vitrail être lu par tous ceux qui sont prompts à jeter l'anathème sur ces femmes et ces hommes que j'ai désignés par leurs noms administratifs ou journalistiques pour commencer ce texte mais qui ont tous noms, prénoms et histoires. Il ne s'agit pas de tomber dans l'angélisme béat à leur sujet : il y a partout des brebis galeuses. Mais d'essayer de les considérer avec sympathie et réalisme. 

 

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18:06 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : refugies, asile, demandeur d'asile, exile, fuite |

16/03/2018

Avis aux amateurs de l'usage du téléphone portable au volant

SMS au volant : un an de prison pour une jeune conductrice qui avait tué un motard

 Zoé Lauwereys (@zlauwereys),LeParisien.fr mer. 14 mars 20:53 UTC+1 

10:14 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : telephone portable au volant |

07/03/2018

Mes amis les médias...

Vous avez sans doute remarqué, lecteur attentif que vous êtes, que je ne suis pas très tendre avec une grande majorité de nos médias français, même si certains et c'est heureux font exception.

A ce sujet, je ne peux pas résister au plaisir de publier cet éditorial de Franz-Olivier Giesbert dans Le Point du 1er mars 2018.

 

médias,journalistes

Chacun fera son miel ou pas de cette lecture. Et puis, comme me le confiait un de mes amis, professeur retiré des affaires éducatives : "Ce ne sont pas les meilleurs de mes anciens élèves qui sont devenus journalistes !". Je tairai son nom pour le protéger d'une éventuelle vengeance médiatique ! Il est heureux que certains journalistes font exception à la règle, comme FOG. 

08:45 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, journalistes |

08/02/2018

La ruée vers l'europe

Je reprends ici le titre du dernier ouvrage de Stephen Smith publié chez Grasset. Ceux qui écoutaient RFI (Radio France Internationale) sur les ondes courtes dans les années 1980/90 connaissent bien ce nom. Smith était journaliste sur cette antenne très écoutée en Afrique, francophone surtout. 

Smith envisage une ruée vers l'Europe sous l'effet de la très forte poussée démographique que va connaître l'Afrique d'ici à 2050. En 2018, ce continent compte 1,3 milliard d'habitants (150 millions en 1930...). 2,5 milliards en 2050. Aujourd'hui entre 40 et 45 % de la population a moins de 15 ans. 

Selon Smith, la ruée vers l'Europe pourrait suivre plusieurs scénarios."l'Eurafrique heureuse", une sorte de miracle de la Pentecôte où toutes les langues étrangères se mêleraient dans une communion universelle. La dérive politico-mafieuse, c'est à dire la traite des migrants, ce qui provoquerait une réaction populiste au profit de l'extrême droite. L'Europe forteresse derrière un rempart d'argent déjà en construction en Turquie, en Lybie et dans les Etats sahéliens censés fixer les dunes humaines en échange de subventions : cette hypothèse ne serait pas si éloignée du "réflexe colonial" interventionniste dans les pays d'origine. Enfin une combinatoire de ces scénarios pour tenir sans excès n'est pas impossible. 

Le défi est énorme. Selon Smith, il ne peut être relevé que par une Europe ni bornée ni borgne. Les bornés sont obsédés par la frontière qu'ils voient en barrière baissée sans comprendre que c'est un espace de négociation du passage, surtout entre voisins dont le sort est lié. Les borgnes ressemblent au Cyclope de la légende, ils se prennent pour des géants moraux mais ne voient rien, ni l'Ulysse qui se joue d'eux ni les conséquences dramatiques  - les tensions, les malheurs - qui résultent de leur manque de vigilance. "Il me semble que la lucidité gagne du terrain, dit Smith, en France notamment avec le recul du Front National". Mais il y a toujours une Europe qui a peur de perdre son "âme" et une autre qui veut à tout prix prouver qu'elle en a une. Il faut éviter autant l'irénisme humanitaire que l'égoïsme nationaliste. 

Ces propos que je reprends du Figaro (07/02/2018) et du JDD (04/02/2018) m'ont beaucoup éclairé ainsi qu'un entretien donné au Point du 02/02/2018. Si je comprenais bien la posture de l’extrême droite par rapport aux migrants, j'avais plus de mal à comprendre pourquoi maints journalistes, surtout du service public audio et visuel et d'Arte, étaient en janvier dernier intarissables sur les"migrants/réfugiés/demandeurs d'asiles/émigrés/immigrés" (le vocabulaire est flou comme leur pensée) se gargarisant de Calais, de quelques couvertures prétendument "volées" par d'affreux policiers, etc, etc... Tous les jours, dans tous les bulletins d'information, on y avait droit. Jusqu'à ce que l'actualité détrône ce sujet qui est maintenant passé aux oubliettes journalistiques : un migrant ne pèse pas lourd face à la neige en Île-de-France... Les journalistes en mal de sujet (ils ne manquent pas pourtant les sujets quand on ouvre un peu sa fenêtre sur le monde et qu'on arrête de se regarder le nombril) veulent montrer leur surplus d'âme et de compassion... Ils sont dans la posture. Cela fait bien dans le tableau. Ils parlent mais que font-ils concrètement pour aider ces "déplacés" ? Encore un nom que j'avais oublié !

09:04 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migrants, journalistes |

01/01/2018

Pour commencer cette nouvelle année

Bonne année 2018 à toutes et à tous.

J'ai terminé 2018 par deux lectures qui m'ont enchanté. et je souhaiterais vous faire partager ce plaisir.

Pour ceux qui s'intéressent à la géographie, l'histoire et la géopolitique, je recommande l'ouvrage d'Alfred de Montesquiou  "La route de la soie" paru à l'automne dernier aux Editions Arte et du Chêne. Montesquiou a produit une série de reportages-documentaires pour Arte sur cet itinéraire. Ils ont été diffusés en novembre et décembre. Le livre est issu de ce travail. Sur les 12 000 kilomètres qui séparent Venise de Xian en Chine, Montesquiou nous raconte la route de la soie, son itinéraire, ses paysages, son histoire et celle des peuples qui l'habitent. Il montre avec beaucoup de savoir et de tact comment ils vivent aujourd'hui. J'ai trouvé cette série documentaire et ce livre d'autant plus passionnants que je rentrais de Chine et que j'avais beaucoup de mal à m'imaginer l'espace entre notre Europe et l'Empire du Milieu. Je pense disposer maintenant d'une vision, à ma modeste échelle, de ce vaste itinéraire à l'histoire tumultueuse mais qui a forgé notre univers actuel.

 

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Sur un mode plus léger mais néanmoins séduisant, j'ai été charmé par un roman du Péruvien Mario Vargas LLosa, Prix Nobel de littérature, "La vilaine fille". Magnifique histoire d'amour qui m'a laissé un très forte empreinte, aussi forte que celle que j'ai gardée de "Belle du seigneur" d'Albert Cohen, lu pourtant il y a bien longtemps. 

 

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Bonne lecture à ceux qui savent prendre le temps de se retirer un peu du monde pour mieux le comprendre. 

12:07 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

17/12/2017

"C'est que du bonheur !"

Cette expression est très usitée depuis quelques années et à tous propos. A la sortie d’un concert de Johnny Hallyday (Ah, c’est vrai, j’avais oublié,  il est mort et ne donnera plus de concerts… !), à la réception d’un colis livré par Amazon, devant un plat dans un restaurant fooding (?), « c’est que du bonheur » !

L’expression n’est pas correcte sur le plan grammatical : il  faudrait dire « ce n’est que du bonheur ». Mais toute langue a une tendance naturelle à la paresse et à l’oral on se passe aisément de la première partie de la négation qui complique l’énonciation. Passons.

Je trouve triste que disposant d’une langue aussi riche en vocabulaire que la nôtre, maints des Francophones en soient réduits à répéter sans fin et dans toutes les circonstances cette expression qui ne veut rien dire. En effet, quoi de plus fragile et de plus éphémère que le bonheur. Cette notion a fait l’objet d’innombrables développements en littérature et en philosophie. Il en ressort que cet état est par essence fugitif et que sa brièveté en fait le prix. Qu’il s’agit plus d’une quête que d’un état. Alors « que du bonheur » ? De bref et fragile, le bonheur devient à notre époque exclusif (que) et sans fin répété alors qu’il est rare ou n’est plus… Hédonisme (on cherche dans le dictionnaire *), volonté affichée d'apparaître heureux malgré tout et tout le temps, superficialité du commentaire (« Que dire d’autre ? Je n’ai ni les mots pour cela ni le temps"), conformisme, esprit moutonnier. Et n’oublions pas le sourire de présentateur de M6 qui accompagne cette expression !

Avec ce bonheur formaté, l’énonciateur va vite se retrouver dans « sa zone de confort », autre expression fort répandue et qui elle non plus, ne veut pas dire grand-chose. Confort des pieds ou de l’estomac ? Confort moral ou intellectuel ? On ne sait pas. On est dans une zone, espace mal défini dont on ne connaît pas bien les limites. Zone, c’est ainsi qu’on appelait, au début du 20ème siècle, l’espace libéré par la destruction des anciennes fortifications de Thiers autour de Paris, là où passent maintenant les boulevards des Maréchaux.  Guillaume Apollinaire a écrit un célèbre poème qui porte ce titre. On pourrait dire « il se sent bien » mais la mode médiatico-psychologisante a fait son œuvre et rend plus « technique » son vocabulaire. Sauf qu’il demeure très peu précis et appartient à ces mots ou expressions dits « valises » qui transportent ce que l’on y met en fonction du contexte. 

Dans la même veine, on remarquera « un plat plein de saveurs » (Lesquelles ?  Ce serait trop demander), « rapport de pouvoir », et aussi l’emploi exclusif par les cuisiniers de la télévision et de la radio du verbe « travailler ». Ces braves gens travaillent leur pâte, la viande, les légumes, les sauces, les poissons, bref tout ce qui leur tombe sous la main. Je leur conseille de chercher des synonymes qui rendront plus attrayantes leurs ennuyeuses émissions culinaires. A vos préparations messieurs et dames !

Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir ce thème, je pense que l’ouvrage de Laurence Devillairs Un bonheur sans mesure (Albin Michel) est tout indiqué. Il a été présenté ce matin du 17 décembre 2017 sur France Inter.

« Ne serions-nous pas devenus des forçats du bonheur obligatoire ? Ne risquons-nous pas l’épuisement à suivre avec sérieux ce régime imposé des petits plaisirs ? Dans cet essai vif, Laurence Devillairs invite à s’affranchir de la fascination pour le moment présent et à oser le bonheur en grand. Car l’horizon est toujours plus vaste que nous l’imaginons. Une vie heureuse doit s’écrire en majuscule et en couleur.

En convoquant des pages flamboyantes de la philosophie, ce livre donne sens à l’espoir, cet élan qui nous porte vers demain et nous permet d’obtenir plus que ce que nous désirons. C’est une véritable expérience philosophique qui consiste à conquérir plutôt qu’à consentir. »

 

10:34 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/11/2017

Chine, fin du voyage

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Suzhou, septembre 2017

 

Nous sommes dans le jardin de l'Humble administrateur de la ville d'eau (de canaux) de Suzhou dans la région de Shangaï. Ce sont des lotus qui s'épanouissent au premier plan. Comestibles par leurs tubercules notamment, ils constituent un décor luxuriant. Cet immense jardin fut aménagé à partir de 1506 par un administrateur de l'Empire limogé pour corruption...

 

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Galerie du dragon

 

L'eau occupe la moitié du jardin. Cette galerie est articulée comme un dragon doublé par son reflet. 

 

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Fenêtre ouverte sur les lotus

 

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Douves de la Cité interdite, Beijing octobre 2017

 

L'eau toujours. La Cité interdite est bordée par des douves très larges qui ont été creusées par l'homme. La pollution voile l'horizon.

 

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Wuhan, vue depuis le musée de la province du Hubei, octobre 2017

 

Je termine cette série par deux photos qui me semblent représentatives de la Chine telle que je l'ai très partiellement découverte cet automne. Un chantier au pied d'un musée et au fond un immense parc au bord de lacs. Tout au fond une ville nouvelle surgit. Planté de manière incongrue, un émetteur pour portables domine les arbres. 

 

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L'enfant qui danse, Beijing, octobre 2017

 

Cet enfant danse avec des adultes sur un trottoir de Beijing devant une immense affiche pour des vêtements Lagerfeld. Les Chinois aiment danser dans les espaces publics, y chanter, y jouer de la musique... Ce peuple m'a semblé heureux de vivre, joyeux. Vous l'aurez compris, ce voyage m'a beaucoup apporté et je tiens à remercier mon ami Boun sans qui il n'aurait pas été possible. 

 

 

 

08:14 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

20/11/2017

La Chine du gigantisme

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Tours dans les nuages, Shangaï octobre 2017

 

Ces tours dans la nuit datent des années 1990 quand la Chine a commencé à rattraper son retard économique et dans le domaine des infrastructures.

 

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Pudong, Shangaï.

En face du célèbre Bund créé de toutes pièces par les grandes puissances occidentales à partir de 1850 sur des marécages au bord du Huangpu (affluent du Yangtsé), la Chine a édifié à partir de 1990 un nouveau quartier d'affaires. A gauche la tour de la télévision et à droite la tour de 600 mètres de haut qui domine la ville. On monte à son sommet en 1 minute... Le congrès de Parti communiste approche, les bâtiments sont parés de rouge et un drapeau chinois illumine le sommet de la plus haute tour. La foule sur le Bund est énorme et on voit sur la droite de mon image une autre image d'un autre appareil... 

 

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Au pied de la tour de 600 m. L'habillage qui tourne sur lui-même est du plus bel effet. Architectes américains.

 

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Vue d'en haut (ou à peu près, 550 m). 

 

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"L'ouvre-bouteille", surnom de ce building...

 

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Place Tienanmen, Beijing. Le congrès du PCC va s'ouvrir dans quelques jours. Et les autorités n'hésitent pas à fleurir artificiellement cet événement. Entrée de la Cité interdite au fond avec le portrait de Mao dont on rêve de savoir ce qu'il penserait de l'évolution récente de son pays...

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Grande muraille

On la voit telle un long serpent filer sur les sommets jusqu'au dernier plan de la photo. Elle parcourt le nord du pays sur plus de 6000 km. Elle a été restaurée sur quelques sites à 60 km au nord de Beijing. Concevoir sa taille kilométrique relève du défi. 

 

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Cité interdite

Un des palais de la cité impériale construite au 15ème siècle. La pollution était ce jour-là accablante. On devine la grisaille de l'air...

 

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Le Yangtsé à Wuhan. Le fleuve de 6300 km est navigable sur 3000 km par des bateaux de 10 000 tonnes. L'eau est boueuse, le ciel est gris. Un cargo remonte le courant très lentement car on est en période de hautes eaux. 

 

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Tout comme sur la Muraille de Chine, on a du mal à réaliser la taille du Barrage des Trois Gorges sur le Yangtsé. 2500 mètres de long, 150 m de haut, 600 km de retenue d'eau, 5 écluses de 30 m de haut chacune... Vue aérienne que je n'ai pas pu réaliser. Il s'agit d'une affiche trouvée sur le site. Visite en groupe très encadrée...

 

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Les 2500 m du côté du réservoir...

 

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Une partie des écluses 

 

 

 

 

 

 

De Wuhan à Dourges (Pas-de-Calais) par le train

Le gouvernement chinois a décidé, depuis quelques années, de promouvoir le transport en train vers l'Europe. Cette nouvelle Route de la soie (c'est le nom chinois officiel) prend forme et des trains circulent entre Wuhan (entre autres) et Lyon ou Dourges comme récemment. Moins polluante que le transport maritime, plus rapide (de moitié), cette nouvelle ligne ferroviaire reprend en partie le vieil itinéraire des caravanes de la soie. Très vieil itinéraire puisque des archéologues japonais ont découvert voici quelques années une pièce de monnaie romaine, vieille de 2000 ans, sur une île située près de Taiwan. 

Ci-dessous un article du Journal du dimanche daté du 19 novembre 2017

 

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09:45 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, train, wuhan, lyon, dourges |

14/11/2017

La Chine des affiches

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Affiche de rue, Shangaï septembre 2017

 

Les affiches ne sont pas aussi nombreuses en Chine qu'elles le sont en France. Elles sont le plus souvent d'une grande qualité graphique et/ou photographique. Annonces publicitaires mais aussi très souvent d'éducation populaire voire de propagande pour le Parti Communiste Chinois. L'Occidental qui ne maîtrise pas la lecture des idéogrammes ne sait pas toujours décoder l'objet de l'affiche mais en apprécie sans doute d'autant plus le caractère esthétique.

 

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Affiche publicitaire de rue, Shangaï

 

Affiche vantant le mérites d'une carte de paiement (?). Le jeune homme très à la mode internationale se distingue par son gigantisme. 

 

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Affichage d'éducation populaire, métro de Wuhan

 

Cette affiche est très courante en Chine dans les métros. Elle montre les attitudes et les gestes à éviter dans les transports en commun ou dans l'espace public. Ne pas bousculer, laisser sa place aux personnes âgées, ne pas manger dans les rames des métros, ne pas piétiner les plates-bandes, etc... 

 

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Affiche photographique, métro de Wuhan

 

Cette affiche représente des montagnes enneigées. Je ne sais pas ce qu'elle vante. ce qui ajoute à son mystère. Je pense qu'il s'agit d'une campagne de promotion pour un site touristique (?).

 

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Education populaire et propagande du PCC. Métro de Wuhan.

 

La qualité graphique de ces affiches est remarquable. Motifs traditionnels (les poissons omniprésents), paysages de montagnes avec la muraille de Chine. La Chine et son glorieux passé au service de la modernité politique. Le rouge est le signe du pouvoir.

 

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Education populaire et propagande sur le mode traditionnel. Métro de Wuhan.

 

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L'art de la calligraphie. Affiche dans le métro de Wuhan.

 

On remarquera les idéogrammes codifiés et en rouge ceux qui relèvent de l'inspiration du graphiste. De la contrainte naît la créativité. On a le sentiment d'accompagner le geste du scripteur, d'être dans son mouvement. 

 

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Affiche dans le métro de Wuhan. Texte en anglais, ce qui est rare. Je n'ai pas compris de quoi il s'agissait. 

D'un élixir de jouvence ?

 

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Métro de Wuhan, bancs en marbre.

 

Dans l'univers uniformisé du métro où jouent les reflets, ces bancs de marbre poli m'ont enchanté. Les Chinois ont un rapport artistique très fort à la nature. Les pierres sont omniprésentes dans les musées, les lieux publics, les parcs et chez les particuliers. Elles sont les plus brutes possibles. 

 

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Sculpture, montage photographique, métro de Wuhan.

Cet ensemble célèbre la révolution de 1911 qui partit de Wuhan et déboucha sur la première République chinoise.

 

 

 

 

 

08:55 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/11/2017

En chine, on aime manger et boire

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Couverts, Wuhan, Chine

Dans les restaurants de catégorie courante, on apporte les couverts emballés sous un film de plastique. C'est bien pour l'hygiène mais c'est aussi parce que les restaurants ne disposent pas de suffisamment d'espace pour installer une plonge. La vaisselle sale est donc envoyée dans des usines où elle est nettoyée et emballée. Baguettes de rigueur et serviettes en papier dans la boîte.

 

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Anguilles, une des halles de Wuhan 

 

Les poissons sont vendus vivants au consommateur. Ainsi que les grenouilles, les crabes. Tout ce qui nage est conservé dans l'eau y compris devant les restaurants. Le consommateur est ainsi sûr de la fraîcheur du produit. 

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Grenouilles (ou crapauds), halle de Wuhan

 

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Crabes, échoppe de rue, Wuhan

 

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Une consommatrice attrape son poisson au filet dans un supermarché de wuhan

 

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Tout se consomme y compris les pattes de poulet, Beijing

 

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Les poulets ont parfois une drôle d'allure, un peu écrasée... Beijing

 

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L'esthétique reprend vite le dessus. Brioche avec en son sein une soupe (délicieuse). La paille permet d'aspirer la soupe à travers la brioche. Suzhou.

 

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Fondue à la Chinoise. viandes, légumes et nouilles dans un bouillon. Shangaï.

 

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Brochettes de scorpions dont certains sont encore vivants. Je n'ai pas goûté... Beijing dans la rue de la Bouffe.

 

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Une gargote, ancienne concession française de Wuhan. Très bon marché, les restaurants sont légions en chine. On mange bien pour 10 € mais on peut descendre à 2 ou 3 € et se nourrir convenablement. Le salaire moyen étant à 700 €, la clientèle ne manque pas. 

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Pour finir, le nec plus ultra, le canard laqué de Beijing. Un délice !

 

16:57 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/10/2017

La Chine populaire ou le peuple chinois ou la Chine des rencontres

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Restaurant, Wuhan septembre 2017

Je viens d'arriver à Wuhan et j'apprends les us et coutumes des restaurants. Lieux privilégiés de la convivialité car il n'existe pas de cafés sur notre modèle européen. Des salons de thé ou de café mais pas de bistrots. Ces deux frères déjeunent avec leurs parents et ne peuvent pas résister à leur curiosité. Ils approchent "l'homme blanc au long nez". Dans un pays d'un milliard 500 millions d'habitants (dont 200 millions dits flottants car non répertoriés...) nous constituons une étrangeté. Ce qui nous vaut de très nombreuses séances de photographie. On a l'impression d'être une célébrité dans ce pays !

 

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Gare de Nankin. Septembre 2017.

 

Nous sommes à l'arrêt dans la gare TGV de Nankin. Comme nous voyageons debout (on peut quand les trains sont complets acheter de tels billets) nous croisons des gens intéressés par l'Européen. Je demande à cet homme s'il accepte d'être pris en photo. Il est ravi de poser pour moi. 

 

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Les vendeuses du TGV Wuhan-Shangaï, septembre 2017

 

Cette jeune femme à l'uniforme impeccable (la discipline des personnels des transports est très rigoureuse) propose ses fruits (pas très bon marché) aux voyageurs. Nous avons rencontré un jeune homme qui parle le français et est heureux d'échanger avec nous. Il a fait des études en master de commerce à Lille. Il joue les traducteurs. Une fois la glace brisée, les gens sont très heureux d'être en contact avec des étrangers, surtout s'ils ont la peau blanche. Les habitués des trains français remarqueront que tous les sièges sont dans le sens de la marche grâce à un astucieux système qui les fait pivoter. Mais qu'attend donc notre chère SNCF pour en faire autant ?

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Les mariés, Suzhou, septembre 2017

Dans la très belle ville d'eau (de canaux) de Suzhou, près de Shangaï, séance de photos pour les mariés en costume traditionnel. Vous remarquerez la position des époux et celle des mains de la jeune femme. Le décor est "très Chine traditionnelle" un peu encombré de fils électriques et d'une antenne de téléphonie mobile... Ne soyons pas mauvaises langues, le diable se cache dans les détails et dans un pays aussi vaste et peuplé il est difficile de faire dans la dentelle. Mais les Chinois y arrivent quand même !

 

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Place Tienanmen, Beijing octobre 2017

 

La foule. Agoraphobes, n'allez pas en Chine, vous y piqueriez une crise ! Devant l'entré de la Cité Interdite où figure le portrait de Mao, les visiteurs se pressent en rangs très serrés. Telle l'eau, la foule est canalisée par des contrôles successifs et une horde de policiers et de soldats qui, pour ces derniers, doivent demeurer des heures immobiles dans des poses hiératiques. On dirait des mannequins. Les pylônes sont destinés à l'éclairage mais aussi à la surveillance car ils sont bardés de caméras. Les caméras sont partout. Le flux de circulation automobile est incessamment photographié jour et nuit grâce à des portiques qui s'illuminent la nuit ou quand il fait sombre. Toutes les images sont paraît-il stockées. Au cas où ? On dit que 2 millions de fonctionnaires surveillent la toile, l'internet.

 

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Heureux, Wuhan octobre 2017

 

Ces hommes viennent de déterrer un arbre mort (la voiture est une ZX Citroën construite à Wuhan). Je l'ai déjà écrit on plante beaucoup pour lutter contre la pollution et embellir les villes (qui en ont grand besoin!). Je pense que ces hommes viennent de la campagne et ils sont très heureux de croiser un blanc. Je demande l'autorisation de prendre une photo. Ravis, ils posent. Le contact est souvent simple et chaleureux dans ce pays. La langue constitue un obstacle bien sûr mais par des gestes on arrive à se faire comprendre. Et quand ils ont un peu bu et que l'inhibition tombe, les Chinois deviennent très très conviviaux. Gros travailleurs, ils adorent manger et boire en famille ou entre amis au restaurant notamment. Il n'est pas facile de repousser les invitations à des libations de bière, d'alcool de riz et de vins improbables abondamment mélangés !

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Le grand-père et son petit-fils, Wuhan octobre 2017

 

J'échange comme je peux avec ce grand-père très fier de garder son petit-fils. Les grands-parents aident beaucoup leurs enfants quand ils deviennent parents. On vit encore souvent à plusieurs générations dans le même logement car les retraites sont souvent faibles. Il n'y a pas de crèches ou très peu. Les jardins d'enfants sont très coûteux. La famille demeure une structure essentielle.

Et encore une ZX garée à gauche ! Derrière une Peugeot. Wuhan est la capitale de l'automobile en chine. Renault et PSA y construisent beaucoup de voitures depuis les années 1990.

 

 

 

 

 

 

 

07:48 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/10/2017

Chine 2017 : le grand chantier immobilier, routier, ferroviaire, aéroportuaire...

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Wuhan, la ruine qui penche..., octobre 2017

 

Dans un quartier de Wuhan, le marché en gros (de tout) de la province qui compte 58 millions d'habitants (en 2010...). Comme dans beaucoup de villes, on rase. Pourquoi cet immeuble n'a-t-il pas été achevé de démolir ? Je ne sais pas. L'arbre qui survit sur le toit m'a ravi. 

 

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Wuhan, octobre 2017, un chantier...

Le capharnaüm. Les Chinois n'ont peur de rien. Le vrai dragon, c'est le peuple chinois. Le pont sur la rivière Hanshui (un affluent du Yangtsé qui se jette dans le grand fleuve à Wuhan) est presque terminé. On aperçoit un pylône en haut à droite. Mais l'arrivée en ville n'est pas très avancée. Sous la bâche verte des pylônes pour soutenir un viaduc qui probablement enjambera la ligne du métro d'où je prends la photo. Le quartier qui devait être vétuste et insalubre est en cours de démolition. Nouvelle ligne de métro ? Autoroute urbaine ? Partout surgissent des tours, des ponts, des viaducs. Le TGV circule la plupart du temps sur des viaducs qui limitent l'emprise au sol et les procédures d'expulsion. La Chine compte déjà 20 000 kms de LGV... Les TGV roulent à 300 km/h comme les nôtres. 

 

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Aérogare de Wuhan, octobre 2017.

Le hall de départ pour les vols internationaux a été ouvert en août dernier. Les passagers sont déjà dans les nuages. Le plafond immaculé, les grandes verrières, le sol en granit brillant, le blanc, et l'absence quasi totale de couleurs vives créent un sentiment de flottement très agréable. 

 

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Nouvelles tours d'habitation à Wuhan, octobre 2017

Les tours d'habitation fleurissent comme les cerisiers au printemps... On rase. Et on monte pour libérer le sol, loger plus confortablement les heureux élus, planter des arbres (on plante beaucoup d'arbres en Chine, il est plus que temps). Le ciel est grisâtre. Il était souvent ainsi pendant mon séjour. La pollution y est pour beaucoup. Elle peut être terrible. Le ciel se met à dégouliner régulièrement. Quand il ne pleut pas, c'est gris et humide. La région est traversée par le Yangtsé (6 300 kms) et peuplée de lacs, étangs, marais, rizières. Que d'eau ! Et miracle enfin une journée de soleil sur un fond de ciel bleuté... Cela arrive.

08:18 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/10/2017

Quelques images de Chine

 

La gare TGV de Nankin vers 10 h du matin. Les gares sont peu éclairées mais habillées de granit très clair qui produit beaucoup de reflets. Du coup, le rouge des affiches brille encore plus. Les quais sont déserts car les passagers attendent les trains dans des salles à l'étage. 

 

 

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Gare de Nankin, septembre 2017

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Cité interdite, octobre 2017

Ces deux enfants, probablement frère et sœur, posent pour leur mère dans un des innombrables passages de la Cité Interdite de Beijing (nom officiel de Pékin). On retrouve le rouge sur les murs et sur les drapeaux placés là par la mère. Les Chinois sont très fiers de leur histoire plurimillénaire et de leur pays.

 

chine, wuhan, hubei

La diseuse de bonne aventure, Wuhan, province du Hubei, Chine, octobre 2017

Cette femme aveugle est consultée par un homme curieux de son avenir. Comme partout, beaucoup de superstitions perdurent dans ce pays qui n'est que faiblement touché par le monothéisme.

10:35 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chine, cité interdite, pekin |

03/09/2017

Le Mont : le train entre Pontorson et le Mont-Saint-Michel

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Le train qui reliait Pontorson au mont-Saint-Michel vers 1910. La ligne a fonctionné de 1901 à 1938.

 

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Les pèlerins avec à leur tête un prêtre précédé d'une croix.

On remarquera la plaque tournante qui permettait à la locomotive de faire demi-tour.

 

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16:54 Écrit par Jean Julien dans Le Mont | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : train, mont saint michel |

Le Mont, chapitre 3 et dernier

Je ne sais pas pourquoi j’écris tout cela. Moi qui ne fus jamais très bavard, je noircis des imprimés dérobés à la gare et je les colle dans des cahiers d’écolier.

Il est vrai que la vie m’a laissé sans voix. Au sens propre de ces mots. Vers mes 15 ans, une laryngite négligée dégénéra en atteinte des cordes vocales et je me relevais de cette maladie avec une éternelle extinction de voix.

Je n’avais plus ni mère, ni père, ni voix.

Écrire alors que ma première vie m’a laissé sans voix.

Mon grand-père paternel était toujours de ce monde et quand il sut que je travaillais à la gare de Pontorson, il s’empressa de venir me voir avec un chargement de meubles dans une charrette.

 - Ce sont les meubles de tes parents. Je les garde pour toi dans une remise depuis bientôt 20 ans. J’aimerais bien que tu m’en débarrasses.

Ni bonjour ni embrassade, je n’eus aucune difficulté à reconnaître l’aménité de mon grand-père Lemétayer.

 - Je vais voir le chef de gare et lui demander l’autorisation de m’absenter une heure. J’ai loué une chambre chez madame Cormerais, rue des Fossés. Nous déposerons les meubles là-bas et tu pourras rentrer à Tanis.

Ma proposition fut approuvée par un grognement. Le chef de gare me laissa partir avec mon grand-père et nous prîmes le chemin de la rue des Fossés en passant par la rue Saint-Michel et la place de l’Église. Nous arrivâmes devant la maison basse où je logeais. On y entrait par une porte à double battant qui ouvrait sur un passage conduisant à un logis mitoyen de celui de Madame Cormerais. Pour atteindre ce petit bâtiment il fallait passer devant celui qu’occupait ma logeuse. Le jardin de cette dernière se trouvait en face de la porte de sa cuisine. Il n’y avait guère d’intimité dans ce logis d’autant que les toilettes se trouvaient au fond du potager et qu’il n’était guère possible de s’y rendre discrètement. Les occupants de la maison mitoyenne pouvaient emprunter à tout moment le passage vers la porte commune sur la rue.

Madame Cormerais occupait au rez-de-chaussée la cuisine et une chambre attenante qui donnait sur la rue des Fossés par une porte condamnée et une petite fenêtre. Le logis était sombre et humide car construit sur ce que furent sans doute les douves de l’ancien château de Pontorson rasé au Dix-septième siècle. Pour accéder à ma chambre, on empruntait dans la cuisine, à droite de la porte, un escalier étroit. Mon grand-père refusa de m’aider à monter les meubles prétextant un tour de reins et me proposa de les déposer sous l’appentis sur lequel s’ouvrait la porte d’entrée. Un bahut, une table ovale à abattants, quatre chaises, un lit, le tout en merisier. Tel était mon héritage parental. Il me fallut négocier avec ma logeuse pour qu’elle accepte de retirer ses meubles de ma chambre et que je puisse installer les miens à la place.  

Avec les meubles, grand-père Lemétayer avait déposé quelques boîtes métalliques qui avaient dans un premier temps contenues des biscuits. Des galettes du Mont-Saint-Michel car les couvercles arboraient la silhouette altière du Mont cerné par les eaux. Ma mère y avait déposé des lettres, des cartes postales et quelques photos. Mon père en uniforme partant au front à l’été 1914. Une photo de mariage où je reconnus outre mes parents mon grand-père paternel. Je devinai ma grand-mère paternelle à côté de son époux, assis tous les deux à la droite de leur fils. Je ne l’ai pas connue car elle décéda avant ma naissance. Ma grand-mère maternelle est elle aussi assise près de sa fille. Elle était veuve depuis des années et mourut elle aussi avant ma naissance. Ces photos m’intéressaient peu. Elles témoignaient d’un passé muet puisque personne ne pouvait ou ne voulait m’en parler, tel mon grand-père. Je réalisai que j’avais grandi sans beaucoup de fondations si ce n’étaient celles que mes parents adoptifs m’avaient données. Mes racines familiales étaient ténues, peu enfoncées dans le sol, superficielles. J’avais cependant accepté de travailler à Pontorson à quelques kilomètres de Tanis où vivait toujours mon grand-père. Il fallut que je regarde ces quelques photos, que je parcours ces quelques lettres échangées par mes parents et que je regarde d’un peu plus près le Mont-Saint-Michel sur les couvercles des boîtes à biscuits pour sentir que Pontorson constituait un lien privilégié entre la vie et moi. Pontorson… Tel un commencement, telle une promesse. La promesse de ce vaste espace de sable et d’eau que domine le Mont qu’on voit de partout et de loin. De la Pointe-du-Grouin à Cancale jusqu'à la Pointe de Champeaux à Carolles. Depuis le Vivier-sur-Mer, depuis Servon, de la Pointe-de-Rochetorin et des Iles Chausey. 

Mon grand-père ne voit plus le Mont depuis longtemps alors qu’il domine les champs où il cultive ses carottes et que les cloches de l’abbaye rythment ses heures de travail quand le vent est favorable et propage leurs sonneries. Comme lui et jusqu’à ce jour où je découvris ces meubles et ces boîtes, vestiges de ma parentèle anéantie, j’avais regardé ce mont sans bien le voir, accompagnant parfois les touristes descendus en gare de Pontorson jusqu’à leur destination. Ils avaient pour certains parcouru des milliers de kilomètres. Je ne le voyais plus le Mont car je l’avais trop vu ou aperçu depuis mon enfance au cours des vacances chez mon grand-père. Mais ce jour-là, grâce aux couvercles des boîtes à biscuits sur lesquels il figurait en majesté, je le vis. Je commençais alors à comprendre ce qu’il voulait dire, me dire. Qu’il dominait avec son abbaye toute la baie, qu’il résistait aux marées énormes et aux tempêtes. Je sus qu’en maître de cet espace vierge, sorti des premiers temps de la Terre, ceux dont l’homme était absent, il était le centre de ma vie, le pôle vers lequel ma boussole toujours se tournerait pour m’indiquer le cap. Avec sa flèche surmontée de l’archange Saint-Michel, il était la pointe du compas qui dessinerait mes routes à travers la vie. Je n’avais pas hérité d’un guide familial. La vie m’avait laissé sans parents ni voix clairement audible. Mais j’avais le Mont comme maître et repère de navigation.

Je décidais de m’y rendre au plus vite dès qu’un jour de repos surviendrait. Le train entre Pontorson et le Mont-Saint-Michel circulait encore pour quelques années. Je crois me souvenir qu’il cessa de rouler vers 1938. Dès que je fus en congé, je pris place dans un wagon place de la gare et le convoi brinquebalant se dirigea vers Moidrey et Beauvoir avant de s’engager sur la digue qui relie le continent au Mont. Aussitôt franchi le lieu-dit La Caserne, les arbres disparaissaient progressivement du paysage laissant apparaître les prés salés, les grèves et enfin le Mont. La petite locomotive à vapeur tirait à grand peine les quatre ou cinq wagons de voyageurs, masquant parfois de son panache de fumée le panorama sur la baie. Il n’était pas rare que des moutons s’aventurent sur la voie ferrée : un coup de sifflet suffisait à les faire déguerpir vers leurs prés. L’arrivée au Mont était dépourvue de gare. Il eut été difficile d’en construire une au pied des remparts et la compagnie de chemin de fer s’était contentée de laisser en bout de ligne, au pied de la tour de l’Arcade, un wagon qui faisait office de bureau de chemin de fer.

A peine le convoi arrêté, je descendis du wagon ou plutôt j’en sautai tant le désir d’emprunter la ruelle montant vers l’abbaye m’excitait. Nous étions au printemps, en mai, et l’air était léger, parfumé par la brise marine qui avait collecté à marée basse sur la grève les odeurs de goémon, de sable mouillé, d’iode, tout cet ensemble indéfinissable qui rend sans pareille l’atmosphère de ce lieu. La Grande Rue était calme en cette fin de matinée d’un jour de semaine. Je saluais les commerçants qui pour beaucoup m’étaient familiers. Peu d’entre eux résidaient sur le Mont, la plupart préférant habiter Pontorson qui offrait davantage de commodités et d’espace. Je pénétrai enfin dans l’abbaye et me rendis au plus vite sur la terrasse qui prolonge l’église en s’ouvrant à l’ouest. Je traversai ensuite l’église pour m’avancer dans le cloître dont le mystère reste pour moi entier. Comment avoir réussi une telle prouesse : édifier un espace aussi aérien face à la mer et au ciel. Je me sentais là comme en lévitation, oubliant le rocher et les maçonneries complexes sous mes pieds. Ce lieu était inspiré. Il m’inspirait. Les couvercles des boîtes de biscuits ne m’avaient pas menti.

L’archange Michel était bien planté au sommet de la flèche de l’église et protégeait le Mont de tous les dragons qui auraient pu le menacer. Me menacer. Je pouvais commencer à vivre.

16:22 Écrit par Jean Julien dans Le Mont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mont saint michel, pontorson, la couyere, tanis |

21/08/2017

Le Mont, chapitre 2

C’est ainsi que je vécus mon enfance à La Couyère, un village perché d’Ille-et-Vilaine que le voyageur aperçoit de loin depuis la route de La Bosse. Après une longue montée, la départementale laisse découvrir une vallée boisée que surplombent les collines du château du Plessis et du bourg de La Couyère rassemblé autour de son église comme un troupeau autour de son berger. Maisons de pierre sombre couvertes d’ardoise, plutôt austères, sans fioritures, sans jardinets, avec quelques géraniums aux fenêtres. La plus haute du village compte deux étages et un grenier. C’était celle d’Amand Pelletier, mon tuteur, qui exerçait le métier de sabotier. Il y tenait aussi un café avec sa femme, Fleur, la cousine de ma mère. Le père d’Amand Pelletier avait construit cette demeure peu avant 1900 et elle impressionnait beaucoup les habitants de La Couyère habitués à davantage de modestie en raison de la faiblesse de leurs revenus, de leur radinerie et de leur piété catholique.

 Fleur Pelletier tenait le café. Bien modeste à vrai dire. Les murs de la maison étaient épais et une seule fenêtre éclairait la salle qui faisait aussi office de cuisine et où une cheminée mal construite enfumait régulièrement l’atmosphère. La porte d’entrée était à double battant. On pouvait fermer le bas en laissant ouvert le haut. Le café se trouvait en face de cette porte, garni de quelques tables en bois ciré, bordées de bancs et de tabourets paillés,  avec un buffet au fond où siégeaient derrière deux portes vitrées les collections de verres et les bouteilles d’apéritif. Une grande table bordée de bancs meublait la cuisine séparée du café par une cloison à mi-hauteur. Au fond de la cuisine siégeait un autre buffet.

 De mes premières années je n’ai guère de souvenirs. Seule émerge une cheminée fumante lorsque Fleur y cuisait des galettes de blé noir le vendredi pour ses clients qui faisaient maigre. Ou l’odeur de la rôtissoire dont il fallait tourner la broche pour que le poulet y cuise uniformément. Plus grand, j’attendais le grand jour, le dimanche, qui venait rompre la monotonie des semaines de classe. Outre les habitants du village, tous les fermiers de la commune venaient à la messe. Les hommes se rasaient, les femmes sortaient foulards et chapeaux, et une fois la messe expédiée, on se retrouvait au café. Les maris envahissaient la petite salle qu’ils enfumaient avec leurs Gauloises et autres Gitanes. Les épouses, plus sages mais non moins bavardes, s’entassaient dans la cuisine où elles savouraient le café mélangé de chicorée que Fleur préparait en grande quantité. Tout y passait, la pluie et la sécheresse, les récoltes, les troupeaux, les naissances, les enfants, les malades, les morts, sans oublier la politique pour les hommes.

Etre élevé dans un café vous ouvre les yeux sur la vie et je conserve de cette époque le souvenir de quelques figures hautes en couleur. Celle du  brûlé qui s’appelait Tintin Maleuvre. Était-il tombé dans l’âtre d’une cheminée ou avait-il été victime d’un accident du travail ?  La première hypothèse semble la plus plausible. On retrouvait parfois des alcooliques ou des vieillards alcoolisés qui étaient tombés ivres dans le feu, victimes d’un coma éthylique ou pris d’un malaise soudain. Tintin, qui était son surnom issu de son prénom, Justin ou Augustin, je ne sais plus, avait le visage ravagé par des brûlures, un œil obstrué par des chaires qui avaient dû être celles de sa paupière. Il était horrible. Un rictus permanent lui déformait la face d’un côté. Comme il faisait partie de la pratique de Fleur, je le voyais souvent. Son visage me terrorisait. Pourtant Tintin n’était pas méchant et il cherchait à m’amadouer avec des paroles bienveillantes.

Il y avait aussi les tronches des femmes alcooliques qui fréquentaient le café de Fleur.  Elles n’étaient pas aussi laides que Tintin, mais leurs visages étaient déformés par les stigmates de l’alcool. Elles étaient aussi vulgaires que laides. La mère Dézile (on appelait « mère » les femmes âgées) ne dessaoulait jamais. Elle buvait tant de cidre qu’elle pissait beaucoup. Un jour qu’elle n’eut pas le temps de gagner un coin de jardin, elle pissa debout devant la porte du café, en remontant ses jupes bien haut pour les préserver des éclaboussures.

La Couyère, c’était aussi, et heureusement, les étangs du parc du château du Plessis où j’allais à la pêche à la ligne avec quelques enfants de mon âge. Encaissés au fond d’un vallon boisé, les trois étangs s’étalaient sur plusieurs kilomètres. Barbotin, le Moulin-neuf et le Moulin-d’A-Bas. L’été, dès six heures du matin nous investissions une bonne place au bord de l’eau et tendions nos lignes. La journée entière passait doucement. Le temps s’effaçait. Concentrés sur les bouchons pour guetter la moindre touche, nous oubliions les heures qui passaient. Le poisson mordant essentiellement au lever et au coucher du soleil, les heures chaudes des journées d’été s’écoulaient dans une douce torpeur, animée par les cousines qui apportaient vers midi le pique-nique. En fin de journée, nous rentrions avec la filoche plus ou moins pleine et il fallait éplucher tout ce fretin – ce dont nous nous chargions - et ensuite le frire ce dont Fleur s’acquittait de plus ou moins bonne grâce. Les chats du parage dévoraient les entrailles et les arêtes des poissons avec voracité.

On pourrait en lisant ces lignes penser que je connus une enfance heureuse. Il ne faut pas se fier aux apparences. Les Pelletier, mes parents d’adoption, prenaient soin de moi mais leur famille s’élargit rapidement d’un garçon qui était toujours pendu aux seins de sa mère, Benoit, et de deux filles, Sylvaine et Gabrielle. Les soins de Fleur se tournèrent naturellement vers ses enfants. Je ne vécus pas longtemps avec eux car je quittais La Couyère et son école primaire publique de garçons pour le cours complémentaire de Janzé où je fus pensionnaire trois ans avant de gagner un centre de formation des Chemins de fer de l’Ouest à Rennes. Mon père était cheminot auprès de cette compagnie, j’étais son orphelin et la grande famille des chemins de fer n’abandonne pas ses enfants. A 18 ans, en janvier 1933, je pris mon premier poste à Pontorson, dans cette gare où ma mère encore enceinte de moi, prit le train pour Rennes et Janzé. J’étais affublé du titre de « facteur » chargé de maintes tâches au sein de la gare comme de porter à leurs destinataires les nombreux colis qui arrivaient par le train.

 

 

 

16:47 Écrit par Jean Julien dans Le Mont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la couyere, le mont saint michel, pontorson |

04/08/2017

Le Mont, chapitre 1

« O, let me weep, for ever, ever weep. »

O, laissez-moi pleurer, pour toujours, toujours pleurer. »

The Fairy Queen (The plaint), 1692, Henry Purcell

 

 

Je suis né dans un train. Jésus avait choisi une étable, je suis venu au monde dans un wagon. Les secousses et les vibrations du convoi déclenchèrent l’accouchement et je sortis du ventre de ma mère entre deux arrêts. Nous étions en 1915. La guerre, la Grande comme on se plaît à l’appeler, dévorait les jeunes hommes sur un front de 700 kilomètres courant des Flandres aux Vosges à travers la Picardie, la Champagne et la Lorraine. Aux tranchées en Picardie sur la commune d’Hébuterne, Auguste, mon père avait été fauché par un tir de mitrailleuse allemande (boche aurait-on écrit en 1915) et il ne me verrait jamais, moi qui fus conçu au cours d’une brève permission. Auguste Lemétayer était cheminot et son épouse, Marie, femme au foyer. Marie avait vu son ventre pousser en pleurant à chaudes larmes son défunt époux.

 

Je ne connus pas longtemps ma mère et je n’en ai aucun souvenir mis à part celui que j’ai construit en regardant des photos d’elle. Quand elle accoucha dans ce train, elle se rendait imprudemment, vu son état, de Pontorson dans la Manche à La Couyère en Ille-et-Vilaine. Le trajet n’était pas direct : il fallait dans un premier temps se rendre à Rennes via Dol-de-Bretagne et là changer de train pour rallier Janzé sur la ligne de Rennes à Nantes via Châteaubriant. Une bonne demi-journée s’imposait pour couvrir ce trajet. La fatigue et les secousses ferroviaires avaient eu raison de sa grossesse. Elle accoucha sans encombre aidée par une passagère qui s’empressa de chasser les hommes du compartiment dès la perte des eaux. Les deux femmes m’emmaillotèrent dans des linges que Marie transportait en prévision de sa délivrance. Elle trouva devant la gare de Janzé un voiturier qui accepta de la conduire à La Couyère à 6 kilomètres de là. La voiture brinquebalait sur la route mal empierrée et la jument qui tirait l’attelage souffrait de météorisme. Elle embaumait régulièrement l’air de la campagne d’odeurs suspectes. Des gaz de la jument, du tangage du convoi ferroviaire où je naquis entre Rennes et Janzé et du roulis de la charrette à deux roues, je garderai toute ma vie un souvenir inconscient mais tenace. Ce souvenir me fera systématiquement dormir dans tous les modes de transport et traiter de tous les noms les humains et les animaux se laissant aller sans vergogne aux flatulences.

 

Marie arriva à La Couyère en piteux état. Il lui fallait procéder à une toilette intime et approfondie. A peine descendue de la carriole, elle me confia à sa cousine Fleur Pelletier et se précipita dans sa chambre pour procéder à des ablutions. Qu’allait-elle devenir ? Veuve d’un officier, elle avait à peine trente ans et un enfant. Elle toucherait une pension de guerre. Mais elle était certaine de ne pas retrouver de mari car les hommes engagés dans le conflit contre l’Allemagne tombaient comme les blés mûrs sous la faux. Son désespoir grandissait nourri par la mort d’Auguste et la perspective d’un avenir sombre. Ma présence nouvelle ne lui apportait pas d’espoir. Je n’étais qu’une charge qui l’angoissait. C’est ainsi qu’elle se laissa aller, glissant jour après jour dans la mélancolie la plus profonde, me délaissant. Sa cousine Pelletier me prit sous son aile, m’allaitant comme son propre fils. La mélancolie de Marie devint neurasthénie et elle perdit pied, refusant de s’alimenter, dévorée par l’anxiété. Quand elle se mit à tousser abondamment, la cousine Fleur fit venir un docteur de Janzé. Il fut clair : Marie avait contracté la tuberculose et dans son état neurasthénique elle n’aurait pas la force de lutter contre la maladie. Il prescrivit quelques médicaments de confort et repartit vers Janzé à bord de son élégante carriole.

 

Marie se laissa aller vers la mort comme vers une délivrance. Rien ne pouvait la retenir. Elle glissait vers elle comme aspirée par l’au-delà. Elle avait la foi et peut-être espérait-elle retrouver dans l’au-delà celui qu’elle avait tant aimé, son cher Auguste. On la retrouva morte un matin dans son lit. Son cœur s’était arrêté. Elle était partie apaisée, son visage en témoignait.

 

J’avais quelques mois et me retrouvais orphelin de père et de mère.

 

Plus tard, je me suis souvent interrogé sur la présence de ma mère dans un train à si brève échéance de son accouchement. Fleur Pelletier me donna quelques éclaircissements avec parcimonie car elle n’aimait pas évoquer le mauvais souvenir de la mort prématurée de sa cousine. Elle m’en dit suffisamment pour reconstituer les circonstances de ma naissance et celles de la fatale maladie de ma mère. Elle me confia aussi que ma mère s’entendait très mal avec son beau-père Nicolas Lemétayer, un homme rude et colérique. Il était veuf et vivait à Tanis dans la Manche. Elle logeait avec lui depuis le départ de mon père, Auguste, pour le front en 1914. Le vieil homme, aigri par son veuvage et le départ de son fils unique pour la guerre, se montrait désagréable avec sa bru, la rudoyant volontiers quand celle-ci se trouvait alanguie par sa grossesse. Le père Nicolas cultivait des carottes dans les polders conquis sur la baie du Mont-Saint-Michel. La terre était sablonneuse et enrichie par le goémon elle produisait de magnifiques légumes. Pour quitter précipitamment Tanis, Marie profita de l’absence de son beau-père parti aux champs. Pontorson n’était pas loin, elle pourrait y prendre un train.

 

 Avant de mourir elle insista à maintes reprises auprès de sa cousine Fleur et de son mari Amand Pelletier pour qu’ils m’élèvent et assurent ma tutelle. Marie ne voulait pas que mon grand-père paternel assurât mon éducation. Il en fut ainsi. Le juge préféra sagement me confier au couple Pelletier qui n’avait pas encore d’enfant plutôt qu’à un vieil homme acariâtre. Je le connus ce vieil homme car je devais séjourner chez lui quelques semaines par an à la demande du juge. Je le connus avant d’avoir compilé les quelques informations sur ma mère, fournies par ma famille d’adoption. C’était un homme sombre vivant dans une maison sombre. Il me montrait peu d’affection et préférait me confier à une voisine quand il partait travailler. Au fil du temps, j’essayais de le voir le moins possible, fuyant ainsi ce qui me restait de famille paternelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11:35 Écrit par Jean Julien dans Le Mont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le mont saint michel, pontorson, la couyère, tanis |

25/07/2017

Quand Ali Bécheur parle d'écriture

     En 2001, l'écrivain tunisien Ali Bécheur a accepté de préfacer un recueil de poèmes édité par la Communauté Wallonie-Bruxelles et l'Institut français de coopération. Ces deux institutions organisaient avec les Facultés des lettres tunisiennes un concours de poésie annuel destiné aux étudiants des départements de français. J'ai retrouvé l'opuscule publiant les textes des lauréats. Aymen Hacen était alors en première année de lettres françaises de la Faculté de Sousse. Il remporta le premier prix avec un texte que je publie aussi ci-dessous. Aymen a fait du chemin depuis. Professeur à l'Ecole normale supérieure de Tunis, il est aussi écrivain et journaliste.

     Lors de la remise des prix en 2001, j'ai lu à l'assistance la préface d'Ali Bécheur. Je m'en souviens encore. Ce texte est tellement clair et puissant. Il fallait du courage pour écrire ainsi en 2001 en pleine dictature de Ben-Ali. Mais en Tunisie les intellectuels ne se sont jamais tus. Ils ont baissé la voix, parfois murmuré, mais ils ont toujours parlé. 

 

Tunisie, Becheur, Hacen, ecriture, poesie

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2 Ali Bécheur page 3.jpg

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      Je pense qu'en lisant ces textes, on comprend mieux pourquoi la Tunisie est le seul pays "arabe" a avoir réussi son printemps depuis 2011 même s'il reste beaucoup à faire.

07:43 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tunisie, becheur, hacen, ecriture, poesie |

17/07/2017

Kotoko le hérisson est de retour

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Les hérissons sont menacés. Lana et Ewan, mes petits-neveux, participent à leur manière à leur protection par ces beaux dessins. Nourrissez les hérissons, ils adorent les croquettes pour les chats. Donnez-leur à boire aussi. Ces doux animaux se font décimer sur les routes goudronnées où ils s'endorment parfois quand elles sont chaudes après une journée de soleil. 

Merci d'y penser. Et bon été.

11:41 Écrit par Jean Julien dans Aventures de Kotoko et autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hérissons, protection |

28/08/2014

Devinette

Au fil de l'été, j'ai glané cette déclaration dans la presse :

"L'équipe d'Allemagne s'est ouverte, y a des Turcs..., sauf que, depuis qu'il y a ça, ils ne gagnent plus, et ils vont perdre contre le Brésil (...). L'Allemagne, elle gagnait quand il n'y avait que des dolichocéphales* blonds." 

Qui s'est exprimé ainsi sur une chaîne de télévision à l'occasion de la dernière Coupe du Monde de football ? 

* Forme allongée du crâne prétendument caractéristique des peuples du nord de l'Europe. 

 

 

13/08/2014

Mortelle passion pour le selfie

Selon Wikipedia, je cite : " un selfie (déclinaison du terme anglais self « soi », interprétée dans le contexte comme « pour soi » ou « étant seul »), autophoto ou encore égoportrait au Québec, est un autoportrait photographique réalisé avec un appareil photographique numérique, un téléphone mobile (téléphone intelligent ou photophone) voire une webcam puis téléversé sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr, et autres Flickr) pour renseigner son profil ou son avatar, pour documenter sa présence dans un lieu ou auprès de quelqu'un (notamment une photo volée ou consentante à côté d'une célébrité), partager son état du jour, publier certaines scènes particulières."

Le site d'information Atlantico relaie une information qui montre à quel point cette mode du selfie conduit ses adeptes à des comportements extrêmes. Un drame survenu à Cabo de Roca au nord de Lisbonne (Portugal) samedi dernier (9 août 2014) en constitue une triste illustration. Une famille polonaise visitait le site dont on dit qu'il s'agit du point le plus avancé d'Europe vers l'ouest. Les falaises sont hautes de plus de 80 m. Les parents polonais ont voulu prendre un selfie au bord du précipice. Trop près du bord. Ils ont trébuché et basculé dans le vide devant leurs enfants de 5 et 6 ans.

Chute mortelle. Sous les yeux de leurs enfants. Pour un selfie.

Notre Terre n'est pas seulement un décor pour des photos de soi qui n'ont de valeur que si elles sont démultipliées et vues par des centaines de correspondants. Ce couple de polonais a payé le prix fort pour cet oubli. Après le virtuel, le retour au réel. 

Cette parabole incitera-t-elle à quelque réflexion les adeptes des réseaux sociaux ? Rien de moins sûr, ils ne lisent pas mon blog. Je n'y poste aucun selfie... 

 

 

 

10:10 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : portugal, cabo de roca, selfie, polonais |

12/08/2014

Les Amants de Lamalou

L'ouvrage est disponible sur le site d'Édilivre, mais aussi en le commandant sur les sites qui suivent :

http://livre.fnac.com/a7589830/Julien-Jean-Les-amants-de-lamalou

http://www.hellocoton.fr/les-amants-de-lamalou-13425790

http://www.amazon.fr/Les-Amants-Lamalou-Jean-Julien/dp/2332768254/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1407853165&sr=8-1&keywords=les+amants+de+lamalou

Si les liens ne sont pas actifs, collez-les dans la barre d'adresse. 

Bonne lecture.

26/07/2014

Les Amants de Lamalou

Les Amants de Lamalou vient de paraître chez Edilivres, une maison d'édition qui a choisi de s'installer à Saint-Denis dans le 93, ce dont je me félicite. 

 

  

 

Les Amants de Lamalou

Par Jean Julien

 

Résumé :

Lamalou-les-Bains, station thermale des Basses-Cévennes dans l’Hérault, en 1907. La Villa Fontenay héberge des prêtres curistes qui viennent soigner leurs rhumatismes aux thermes. Dirigée par Mademoiselle de Fontenay, sa fondatrice, et par le père Bouzigue, la Villa va connaître un mois de juin très agité. Elle va devenir le centre d’une vengeance terrible, conçue et réalisée par une femme effacée mais déterminée, Émilie Chavardès. Pendant que les vignerons en colère grondent dans la plaine de Béziers, la paisible station thermale s’enflamme au rythme des opérettes d’Offenbach jouées au théâtre municipal.

Biographie :

Né à Rennes en 1951, Jean Julien a grandi aux marches de la Bretagne. Il a choisi la carrière de professeur de lettres à l’issue de ses études universitaires à Lille et à Nantes. Ce qui l’a conduit contre toute attente à exercer pendant deux décennies à l’étranger, au Ghana, au Togo, en Mauritanie, à Madagascar, en Tunisie et en Pologne. Et à changer régulièrement de fonction, passant de l’enseignement à l’administration et à la diplomatie culturelle. Il a publié un récit biographique Regards (aux Éditions Saint-Germain-Des-Prés), en 1977. De nouveau libre de son temps, Jean Julien a repris l’écriture sous la forme d’un blog (Le blog de Jean Julien).

Couverture : Détail de Tobie et l’Ange par Nicolas Tournier (17ème) chapelle de l’Annonciade, cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne. Conception graphique cheriet-patrick@hotmail.fr

Thème : Roman policier / suspense

Nombre de pages : 86

Format : Roman (134x204)

 

Prix de vente public sur le site d’Édilivre :

o    11,50 € en livre papier

o    6,90 € en téléchargement

http://www.edilivre.com/les-amants-de-lamalou-jean-julien.html#.U9iktfl_uAU

 

 

 

 

02/07/2014

Julien David dans la Grande guerre

Julien David 1916 28ème régt d'artillerie.JPG

Julien David en 1916. Il porte le numéro de son régiment (28) sur le col de sa veste. 

Julien David est né le 7 août 1897 à Malville (Loire-Inférieure). Il s'agit du grand-oncle de l'auteur, le frère de sa grand-mère matenelle. 

Un de mes petits-cousins, Bernard, a trouvé dans les archives de la famille David la fiche manuscrite ci-dessous retranscrite (document d'origine militaire mais incomplet) : 

"Appelé le 7 janvier 1916, incorporé au 28e d'artillerie – Vannes.
Passé au 111Artillerie lourde le 15 janvier 1917. Rejoint la 22e Batterie du 2e groupe de ce régiment à Verdun. Evacué pour congestion pulmonaire Hopital temporaire Salle 47 Révigny Meuse après guérison rejoint même régiment même batterie. Evacué pour fracture à la jambe droite Ambulance HOE 18 Vasseny Aisne dirigé au Havre Hopital temporaire n° 33 Hopital complémentaire n° 55 Centre de réforme. Rejoint le dépôt du 111e Ar lourde Lorient envoyé au 63e Art. DCA à Reuil fevrier 1918. Passé au 65e Art. DCA camp Satory Seine et Oise passé à la 8e batterie même régiment à Sablis Loir et Cher Commission de réforme 25 juin C. R. 26 septembre 1918 Orléans.
Démobilisé à Nantes au 51e reg. Artillerie avril 1919"

Cette découverte m'a conduit à modifier l'itinéraire de Julien tel que je l'avais décrit le 2 juillet 2014. La note militaire est floue sur certaines dates mais en procédant par recoupements, on peut en obtenir d'utiles précisions.

Julien est appelé le 7 janvier 1916 à 18 ans et 5 mois au 28ème régiment d’artillerie de Vannes, comme 2ème canonnier. 

Julien est probablement resté à Vannes jusqu'en janvier 1917 pour y apprendre la technique du canonnier. Il n'a donc pas rallié son régiment au front comme je le pensais initialement.

Julien David passe au 111ème régiment d’artillerie lourde le 15 ou le 20 janvier 1917 (selon les documents : date de départ de Vannes et date d'arrivée au front ?). Je me réfère à l'Historique du 111ème Régiment d’artillerie lourde, imprimerie de l’Argus soissonnais, 1920.

Il se retrouve probablement sur la rive gauche de la Meuse à Verdun. A la ferme de la Madeleine. Le 28 janvier 1917, le groupe part au repos jusqu'au 21 mars 1917. "Evacué pour congestion pulmonaire Hopital temporaire Salle 47 Révigny Meuse."

Le groupe se rend ensuite sur le front de l'Aisne, prend position à Vieil-Arcy et participe à l'attaque du 16 avril 1917 sur le Chemin des Dames. Au repos le 16 mai. 

Le 25 juin 1917, le groupe revient s'installer devant Saint-Quentin à Fontaine-les-Clercs puis repart en septembre 1917 sur l'Aisne où il prend part à la bataille de l'Ailette et participe à la prise du Fort de Malmaison.

Entre le 16 avril et le 16 mai 1917 ou en septembre 1917 (durant ces deux périodes Julien est dans l'Aisne) : "Evacué pour fracture à la jambe droite Ambulance HOE 18 Vasseny (Aisne) dirigé au Havre Hopital temporaire n° 33 Hopital complémentaire n° 55 Centre de réforme. Rejoint le dépôt du 111e Ar lourde de Lorient envoyé au 63e Art."

63ème régiment d’artillerie (DCA) le 11 décembre 1917 (Historique du 63ème RA DCA publié par la Librairie Chapelot à Paris).

Ce régiment est alors en Belgique sur la commune de Houthem (dans les Flandres) pour protéger un camp d’aviation : tirs contre des avions allemands (conditions à la fois pénibles et monotones). En mars 1918, les survols ennemis s’intensifient ainsi que la riposte alliée.

Le 21 mars 1918, un « Gotha » allemand est abattu, « atteint dans le fuselage, dans l’hélice du moteur gauche et dans les deux plans de gauche (aile). Les trois aviateurs allemands sont faits prisonniers.

"envoyé au 63e Art. DCA à Reuil fevrier 1918"

Avril 1918, secteur de la Montagne de Reims (Reuil en est proche) pour assurer la protection de la stratégique base aérienne de Beauvais. Le 6 juin 1918, une torpille tombant d'un avion allemand près d’une pièce d’artillerie en action tue un servant et en blesse un autre.

Julien est ensuite classé « service auxiliaire » (qui ne participe pas aux combats) par la commission de réforme d’Orléans le 23 (ou 25 selon les documents) juin 1918 pour fracture de la jambe droite en cours de consolidation (vicieuse). Il passe à nouveau devant cette commission le 26 août 1918.

Armistice le 11 novembre 1918

Julien est affecté au 65ème régiment d’artillerie au camp de Satory (Seine-et-Oise) à Versailles, le 3 janvier 1919. Puis à Sablis (Loir-et-Cher).

Il est affecté au 51ème régiment d’artillerie à Nantes le 17 février 1919et démobilisé le 18 avril 1919.

Il n’aura pas droit à une pension pour sa blessure.

29/06/2014

Brèves

En ce début d'été, vous semblez pour beaucoup d'entre vous, chers lecteurs, débordés, débordés... Alors je ferai bref en attirant votre attention sur deux ou trois citations ou commentaires tirés de la presse écrite (le Nouvel observateur du 26/06/2014).

Une phrase de Michel Rocard : "Jamais nulle part, la démocratie n'a enthousiasmé, sauf là où elle manque". 

"La mort semble toujours saisir le vif qui frappe à nos portes : la révolution collaborative qui chamboule le monde productif, le déferlement des biotechnologies, l'immense espoir soulevé par l'économie circulaire. Le futur n'est pas de saison" Guillaume Malaurie (Entre nous).

"Depuis que je n'écoute ni radio ni télé, je me sens comme libéré. Contrairement à la presse écrite, les rythmes du son et de l'image télé ne nous laissent pas la liberté de réfléchir, de respirer, d'interrompre une acquisition de connaissance pour mieux l'assimiler. Alors, cher lecteur, si vous voulez garder la tête froide : lisez." François Maugis (Courrier des lecteurs)