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10/05/2020

Pascal et Racine, l'abbaye de Port-Royal-des-Champs

       Blaise Pascal est né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en 1623. Véritable génie mathématique, il retrouve seul les 32 premières propositions d'Euclide à 12 ans. A 16 ans il invente une machine à calculer pour son père chargé de collecter les impôts à Rouen. Il conduit des expériences sur la pesanteur de l'air en 1648 en utilisant la Tour Saint-Jacques à Paris (clocher de l'église Saint-Jacques-de-la Boucherie détruite en 1802 pour construire la rue de Rivoli).

      Ce génie mathématique consacre une grande partie de ses écrits aux débats très complexes et très virulents entre jansénistes et jésuites qui font rage au XVIIème siècle. Lui-même adepte des thèses jansénistes, il est en but aux persécutions du pouvoir papal et royal. C'est à Port-Royal-des-Champs (actuellement dans le département des Yvelines à Magny-les-Hameaux) qu'il écrit Les Provinciales en 1655. C'est Port-Royal qui publia Les Pensées de M. Pascal sur la Religion (1669-1670), oeuvre posthume car Pascal meurt à Paris en 1662 à 39 ans, après des années de maladie invalidante. Dans les premières années du XVIIIème siècle, Louis XIV ordonne la destruction de Port-Royal-des-Champs, symbole du courant janséniste qu'il entend abattre.

      On visite aujourd'hui les ruines, dans la Vallée de Chevreuse, et les bâtiments qui abritaient la ferme et l'école de Port-Royal où le jeune Racine étudia.  

 

Blaise Pascal, Les Pensées, Les provinciales, Abbaye Port-Royal-des-Champs, église Saint-Etienne-du-Mont

Collection Lagarde et Michard, 17ème siècle 

 

Jean Racine est né à La Ferté-Milon (Aisne) en 1639. Il étudie aux Écoles de Port-Royal, pensionnat pour garçons aux méthodes pédagogiques innovantes. Il ne semble guère se passionner pour les querelles entre jansénistes et jésuites. Il excelle dans l'art dramatique et écrit des tragédies qui marquent le théâtre du XVIIème siècle. Phèdre, Titus et Bérénice, Andromaque...

 

Jean Racine, La Ferté-Milon, Port-Royal-des-Champs, Saint-Etienne-du-Mont,

Collection Lagarde et Michard, XVIIème siècle

Si Port-Royal-des-Champs rassemble les deux hommes, l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris (5ème arrondissement) aussi. Le philosophe Pascal y est enterré parce qu’il décède sur le territoire de la paroisse. Les restes du dramaturge Racine, mort en 1699 et enterré à Port-Royal-des-Champs selon son vœu, sont rapportés en 1711 à Saint-Étienne-du-Mont après la destruction de l’abbaye de Port-Royal des Champs. La famille de Racine habite le quartier et la paroisse de Saint-Etienne demeure fortement teintée de jansénisme.

Ils reposent donc tous les deux près des piliers de la chapelle de La Vierge, derrière le chœur. L'emplacement est indiqué par des plaques commémoratives. Deux épitaphes se trouvent près du jubé sur le côté droit de l'église : celui de Pascal et celui de Racine écrit par Boileau. 

 

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Plaques des deux écrivains, Saint-Etienne-du-Mont, Paris

 

Il est difficile d'illustrer la pensée de Pascal en quelques mots.

"L'homme est un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant... Toute notre dignité consiste donc en la pensée."

Les Pensées, 347.

Quant à Racine, 

"Dieux ! Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !

Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière,

Suivre de l’œil un char fuyant dans la carrière ?"

Phèdre, Acte I, scène 3  

Toute la passion amoureuse est là. Comme l'écrit fort bien Jean-Michel Delacomptée dans Et qu'un seul soit l'ami (Montaigne et La Boetie) :

"L'amitié s'adresse à ce qu'on sait de l'autre, et l'amour à ce qu'on en voit - à ce qu'on en ignore."

Le mystère irréductible de l'être aimé... Phèdre songe à Hippolyte, son beau-fils qu'elle aime passionnément.

"Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;"

I, 3

 

 

 

 

21/04/2020

Michel de Montaigne (1533 - 1592) et sa tour en son château

Michel de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne (24), Les Essais

Collection Lagarde et Michard, XVIème Siècle, Bordas

 

       Pourquoi, au cœur d'un confinement qui n’en finit pas, me retourner vers un auteur vieux de plus de quatre siècles, dont on peut se demander s'il est encore lu, si ce n’est par quelques universitaires et leurs étudiants ? 

Montaigne est un de mes auteurs familiers. Je l’ai approché dès le lycée quand on étudiait encore les écrivains selon une intelligente chronologie qui nous faisait comprendre les évolutions littéraires dans leur contexte historique. A l’Université aussi je l’ai côtoyé car il figurait au programme d’un concours de recrutement de professeurs de l’Éducation nationale et que j’eus la chance de traiter ce beau sujet « Montaigne et la politique » pour une des épreuves orales en 1973.

Comme j’ai la reconnaissance inscrite en moi, une visite de remerciement au château de Montaigne s’imposait après ma réussite à ce concours. C’est ainsi que je me rendis en août 1975 à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne en compagnie d’un ami proche, et qui l’est toujours, pour visiter la tour où l’écrivain avait installé sa bibliothèque et où il rédigea ses Essais sous des solives où il avait fait peindre des citations en grec, latin et français, toutes langues qu’il pratiquait avec l’italien…

 

Michel de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne (24), Les Essais

Collection Lagarde et Michard, XVIème Siècle, Bordas

 

La récente lecture des excellents ouvrages de Jean-Michel Delacomptée « Et qu’un seul soit l’ami, La Boetie » (Gallimard 1995) et « Adieu Montaigne » (Fayard, 2015), m’a permis de réaliser combien cet auteur du XVIème siècle avait compté pour moi.

Il est impossible de résumer en quelques lignes la pensée ondoyante de Montaigne et les 800 pages  (environ) que comptent "Les Essais". Pourquoi prend-il la plume ? Oisif en son château après avoir été magistrat, Montaigne sent que son esprit fait le cheval échappé*, bat la campagne et enfante** "tant de chimères et monstres fantasques les uns sur les autres, sans ordre et sans propos" I, 28. Il prend alors le parti de "mettre en rôle" ses rêveries afin de voir plus clair en lui-même.

Montaigne a abordé maints sujets le concernant et nous concernant donc tous. L'amitié quand il relate sa rencontre avec Etienne de La Boëtie. La religion, la politique, l'éducation des enfants, la famille, les Cannibales (peuple du Brésil récemment découvert)...

Il ne passa pas pourtant toute sa vie à se scruter, il fut magistrat, maire de Bordeaux, il côtoya le futur Henri IV et approcha plusieurs rois de France et hauts dignitaires. Il nous met cependant en garde :

« La plupart de nos vacations (occupations) sont farcesques. Mundus universus exercet histrionam (Le monde entier joue la comédie, Pétrone). Il faut jouer dûment notre rôle, mais comme un rôle d’un personnage emprunté. Du masque et de l’apparence il n’en faut pas faire une essence réelle, ni de l’étranger le propre. » Les Essais, III, 10

Montaigne nous recommande de rester nous-mêmes sans confondre l’être et le paraître. Belle leçon de modestie et de distance vis à vis de nos entreprises. 

A une époque où régnait en France une violence extrême entre catholiques et protestants, il prôna la tolérance, tentant de concilier les camps opposés, reconnaissant les qualités et les défauts des uns et des autres mais condamnant les extrémistes et les doctrinaires. D’autres dangers que les guerres menaçaient Montaigne et ses concitoyens, telles les épidémies de peste qui décimaient régulièrement la France. Il dut quitter Bordeaux précipitamment à l’été 1585 pour se réfugier avec sa famille sur ses terres qui ne furent pas épargnées. Il écrit pourtant : « Pour moi donc j’aime la vie » III, 13.

Montaigne est une borne importante dans l'évolution de la pensée française. Il écrit un des premiers en français et non plus en latin. Homme de la Renaissance, féru de l'histoire et de la philosophie des anciens Grecs et des Romains, il s'affirme en tant qu'individu dans une époque où le groupe (religieux, familial, social...) primait. Il est le point de départ d’une expression du Moi  qui ne cessera plus de se renforcer jusqu’à notre époque où elle connaît, il faut bien le reconnaître, certains excès.

* Expression empruntée au Lagarde et Michard du XVIème siècle page 195.

** In "Adieu Montaigne" page 111.

 

 

 

 

 

 

 

11/04/2020

Manosque et Jean Giono (1895 - 1970)

Giono, Manosque

La maison de Jean Giono à Manosque : Le Paraïs

Photo du Centre Jean Giono, Manosque

 

Jean Giono est né à Manosque et y a passé toute sa vie, à l'exception notable des années 1914 à 1919 durant lesquelles il a participé à la Première guerre mondiale. Il a pu acheter Le Paraïs dans les années 1920 avec ses premiers droits d'auteur et y a vécu en famille jusqu'à sa mort. Jean Giono possédait également quelques bâtiments de ferme à Contadour sur le flanc sud de la Montagne de Lure, massif qui domine le nord-ouest des Alpes-de-Haute-Provence. Il y organisa les Rencontres du Contadour dans les années 1930. Le déclenchement de la Seconde guerre mondiale mit fin en 1939 à ces rencontres dont le pacifisme était une des clés. Giono fut très fortement marqué par les horreurs qu'il vécut durant la Première guerre au milieu de tant d'autres soldats. Il reviendra de ce conflit marqué à jamais. Son souhait le plus profond étant qu'un tel désastre ne se reproduise pas. Il fut d'ailleurs confronté à la Justice au moment de la mobilisation en 1939, en raison de son pacifisme, et à l'occasion de la Libération de 1944, en raison de son attitude jugée par certains trop compréhensive vis à vis des occupants allemands. Il subit alors largement la vindicte des résistants de la dernière heure et son séjour de quelques mois dans une prison de Marseille le protégea d'actes malveillants de la part de ses détracteurs. Jean Giono a certainement manqué de prudence pendant l'occupation mais les motivations de ses détracteurs ne furent pas toujours aussi pures que ces derniers le prétendaient. Jean Giono avait gagné pas mal d'argent avec ses publications et certains en étaient fort jaloux... N'oublions pas que Manosque était alors une toute petite ville sujette comme les autres aux rancœurs macérées.

 

 

Bureau de Giono 3.jpg

 

 

Giono, Manosque, bureau

Le bureau de Jean Giono, Le Paraïs, Manosque

Photos de l'association Les amis de Jean Giono

 

Le Paraïs se visite. La propriété a été achetée par la municipalité de Manosque en 2018. Lors de mon passage en 2007, la pièce la plus attachante fut pour moi le bureau de Giono. Il semble être demeuré tel que l'écrivain le laissa à sa mort en 1970. Les feuillets manuscrits sont là avec les cahiers et les carnets de notes, les pipes et les crayons. On s'attendrait à voir entrer Giono qui irait s'asseoir à cette table... 

Parmi les œuvres de Giono, on parle beaucoup en ces temps de confinement du Hussard sur le toit (1951) qui se déroule par temps d'épidémie de choléra à Manosque et en Provence vers 1832. Je recommande aussi Un roi sans divertissement (1948)  dont le titre vient d'une Pensée de Pascal. Toute l'oeuvre est à lire avec Regain, Colline... Humanisme, respect de la nature, grandeur des paysages. 

En cette année 2020, le centre Jean Giono de Manosque célèbre les 50 ans de la mort de l'écrivain.

http://centrejeangiono.com/giono-2020/

Avec le lien ci-dessus vous pourrez accéder au programme.

 

 

11:11 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giono, manosque, le paraïs |

04/04/2020

François-René de Chateaubriand (1768 - 1848) Combourg et La vallée aux loups

Chateaubriand, Combourg, château

Le château de Combourg (Ille-et-Vilaine)

C'est dans ce château aux allures médiévales que François-René de Chateaubriand,  né à Saint-Malo, passa une partie de son enfance dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Combourg se situe à environ 40 km au sud-est de Saint-Malo. Le château a été très remanié au XIXème siècle, surtout dans son aménagement intérieur, après avoir été abandonné à partir de la Révolution et durant près de 80 ans. La chambre de Chateaubriand se trouve toujours dans un des donjons et on peut la visiter comme le reste du bâtiment. Dans Les Mémoires d'Outre-Tombe, Chateaubriand évoque cette pièce :

"La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres* et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons. La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit les plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissement, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore. A quatre heures du matin, la voix du maître du château, appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. Cette voix remplaçait pour moi la douce harmonie au son de laquelle le père de Montaigne éveillait son fils."

* genre de mille pattes

Mémoires d’Outre-tombe, Livre III, chapitre 4.

Chateaubriand commença la rédaction des Mémoires dans sa résidence de La Vallée aux loups vers 1810. Cette demeure se trouve sur la commune de Chatenay-Malabry au sud de Paris. Elle appartient désormais au Département des Hauts-de-Seine et se visite ainsi que son parc. 

 

1 Maison de Chateaubriand Vallée aux loups Chatenay-Malabry.JPG

La Vallée aux loups, Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine)

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Les rhododendrons et la demeure

 

"Il y a quatre ans qu'à mon retour de la Terre Sainte, j'achetai près du hameau d'Aulnay, dans le voisinage de Sceaux et de Malabry, une maison de jardinier, cachée parmi les collines couvertes de bois. Le terrain inégal et sablonneux dépendant de cette maison n'était qu'un verger sauvage au bout duquel se trouvait une ravine et un taillis de châtaigniers. Cet étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances : spatio brevi spem longam reseces*. Les arbres que j'y ai plantés prospèrent, ils sont encore si petits que je leur donne de l'ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j'ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis autant que je l'ai pu des divers climats où j'ai erré, ils rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon cœur d'autres illusions."

*"Cueille le jour [et sois] la moins curieuse [possible] de l'avenir". Vers d'Horace (Premier siècle avant JC)

Les Mémoires d'Outre-Tombe, Livre premier

 

Chateaubriand, Vallée aux loups, Chatenay-Malabry (92)

Intérieur de la maison de Chateaubriand

Photographie de Frédéric Bellay / Galerie Le Réverbère (2018)

 

24/03/2020

Colette et l'araignée

Collette, Saint-Sauveur-en Puisaye, Yonne,

La maison de Colette (dans son enfance) à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne

Les écrits sont de sa main.

 

Colette (1973 -1954) fut elle aussi un des auteurs favoris des écoles françaises dans la seconde moitié du XXème siècle. On peut depuis quelques années visiter sa maison natale dans l'Yonne. La restauration a été conduite avec beaucoup d'attention et de talent. Elle la quitte à 18 ans lorsque ses parents, ruinés, doivent la vendre. 

En visitant cette maison, et plus particulièrement la chambre des parents, m'est revenu ce texte sur une araignée facétieuse. Colette a beaucoup écrit sur les animaux. 

 

"On vous a conté que l’araignée de Pellisson fut mélomane ?

Ce n’est pas moi qui m’en ébahirai. Mais je verserai ma mince contribution au trésor des connaissances humaines, en mentionnant l’araignée que ma mère avait – comme disait papa – dans son plafond, cette même année qui fêta mon seizième printemps. Une belle araignée des jardins, ma foi, le ventre en gousse d’ail, barré d’une croix historiée. Elle dormait ou chassait, le jour, sur sa toile au plafond de la chambre à coucher. La nuit, vers trois heures, au moment où l’insomnie quotidienne rallumait la lampe, rouvrait le livre de chevet de ma mère, la grosse araignée s’éveillait aussi, prenait ses mesures d’arpenteur et quittait le plafond au bout d’un fil, droit au-dessus de la veilleuse à huile où tiédissait, toute la nuit, un bol de chocolat. Elle descendait, lente, balancée mollement comme une grosse perle, empoignait de ses huit pattes le bord de la tasse, se penchait tête première, et buvait jusqu'à satiété. Puis, elle remontait, lourde de chocolat crémeux, avec les haltes, les méditations qu’imposent un ventre trop chargé, et reprenait sa place au centre de son gréement de soie. "

La Maison de Claudine (1922)

 

Collette, Rozven, Saint-Coulomb, Ille-et-Vilaine

La villa Rozven que Colette occupa tous les étés de 1910 à 1924

Saint-Coulomb, Ille-et-Vilaine

Ceux qui, comme moi, s'intéressent aux maisons occupées par des auteurs, peuvent consulter le site de la Fédération des maisons d'écrivains :

https://www.litterature-lieux.com/

 

 

20/03/2020

Mars 2020

Prévert, Manche, Cotentin, Omonville, poésie

La maison de Jacques Prévert

Omonville-la-Petite dans la Manche 

 

J'ai récemment eu le plaisir de découvrir la maison de Jacques Prévert, poète du 20ème siècle mort en 1977 et enterré à Omonville-la-Petite au Cap de La Hague dans la Manche. La photo n'est pas extraordinaire mais je n'avais que mon téléphone portable avec moi. Les rhododendrons étaient fleuris. Les volets fermés. La maison appartient au Département et n'est pas ouverte à cette saison. Le jardin l'est. 

Les élèves de ma génération connaissent bien Prévert qui fournit maintes récitations aux instituteurs et maintes paroles de chanson dans les années 1950 et suivantes. Beaucoup d'établissements scolaires portent son nom.

 

Alicante 

Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie.

 

J'ai choisi ce poème en hommage à celui qui, parmi d'autres, m'ouvrit aux joies de la lecture, au plaisir des mots et au rêve.

En cette période de confinement, j'essaierai à ma manière de vous apporter un peu de distraction.

Soyez très prudents. Et patients. 

 

 

18/02/2019

Zoé, le véhicule électrique de Renault à usage limité, une précision importante

Je précise, qu'outre l'achat ou la location vente de la Zoé, vous êtes contraint par Renault de louer la batterie. Il est vrai qu'elle coûte 8 000 €. Donc chaque mois vous payez 79 € pour faire quelques kilomètres à un prix intéressant puisque l'électricité en France demeure très abordable. Mais 79 € cela fait environ 57 litres d'essence... Ce qui fait beaucoup de kilomètres (plus de 600...), quand vous le souhaitez, pour la distance que vous souhaitez. Et vous faites le plein en 5 mn... 

12:25 Écrit par Jean Julien | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : renault, zoé, véhicule électrique |

15/02/2019

Zoé, le véhicule électrique de Renault à usage limité

Si vous avez l'intention de passer du moteur thermique au moteur électrique, réfléchissez bien. Et n'écoutez pas les conseils de Renault. Vous risqueriez de vous retrouver avec une batterie vide au beau milieu d'un trajet.

Le véhicule Zoé est confortable, très facile à conduire, le moteur électrique est nerveux. Pas de boîte de vitesse.

Tout se gâte quand on veut sortir des circuits urbains. La Zoé est donnée pour une autonomie de 300 km. Selon des tests réalisés par le constructeur bien sûr. En fait la recharge de la batterie atteint au maximum 280 km, voire 210 parfois. De manière erratique. En ville, ou pour des courts trajets, le kilométrage disponible ne pose pas de problème. Un conducteur qui fait 100 km par jour et rentre chez lui le soir, peut utiliser ce véhicule sans souci. Et sans polluer (du moins avec le moteur). En profitant de la recharge de la batterie dans les descentes ou au freinage.

Tout se gâte avec des trajets plus longs. Dès que la Zoé dépasse les 85 km/h, la batterie se décharge très vite. Par expérience personnelle, réaliser dans une journée un aller/retour sur route de 90 km (180 km) est impossible. Inutile de prendre l'autoroute, il vaut mieux rester sur les routes départementales à 80 à l'heure. Arrivé au terme de vos 90 km il vous faut recharger et là cela se gâte un peu plus. Il faut trouver une borne en état de marche. Sur le secteur, sans borne spéciale, il faut compter 1 heure pour recharger 10 km. Quand vous avez parcouru 100 km, il faut donc 10h. Avec une borne dite rapide, vous divisez le temps par 2. Mais c'est tout à fait théorique. 

Pour résumer, je pars chargé à bloc, disons à 250 km. Arrivé au bout de mes 90 km, il restera 110 km disponibles. Recharge de 11 h ou de 6 h minimum. Difficile dans ces conditions d'effectuer de longs trajets. Pour couvrir 900 km il faut plusieurs jours... 

Véhicule urbain ou de court trajet, la Zoé ne devrait pas être conseillée à des automobilistes qui effectuent régulièrement de longs trajets (disons plus de 100 km dans la journée...). Je vais revendre la mienne non sans mal pour des raisons administratives. Il va falloir que je me déplace dans les Pyrénées-Orientales depuis Paris en TGV et louer une voiture à Perpignan... Cela me coûtera moins cher que les 6 jours de trajet nécessaires pour couvrir les 900 km à l'aller et autant au retour. Tout en laissant la Zoé au parking. Pas très rentable ni très rationnel tout cela...

10:46 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : zoé, renault |

05/02/2019

Marcel Hoisnard

Par une conversation familiale, j'apprends récemment qu'un de mes grands-oncles paternels d'Ille-et-Vilaine, Jules Hoisnard (un frère de mon grand-père donc), aurait eu un fils tué durant la guerre 14-18. Ce tonton Jules (comme je l'ai toujours entendu appelé) était employé des Chemins de fer de l'Ouest (ancêtre de la SNCF) et avait pris sa retraite à Janzé près de La Couyère, son village natal.

Piqué par la curiosité, je profite d'un déplacement chez mes cousins bretons pour me rendre à Janzé. Tout d'abord au cimetière où je ne retrouve pas la tombe de Jules. Je me rends alors au Monument aux Morts et j'y découvre un M. Hoisnard. Contactée, la mairie de Janzé me confirme l'existence d'une tombe achetée en 1920 par Jules. Mais elle ne dispose d'aucune information concernant les occupants de cette concession. Aucune trace non plus d'un M. Hoisnard dans l'état civil. Par contre j'apprends que tonton Jules est mort en 1941 à Janzé. Selon une de mes tantes, son épouse Marie Julie Massé (mariage avec Jules en janvier 1896 à La Couyère), serait décédée vers 1920, vaincue par le chagrin d'avoir perdu son fils à la guerre. Aucune trace d'elle dans l'état civil de Janzé. M. Hoisnard est introuvable sur le site Mémoire des Hommes qui regroupe les soldats engagés pendant la Grande Guerre. 

Jules est né en 1873 à La Couyère (35). Il est le numéro 3 des 9 enfants de mon arrière-grand-père André et de son épouse Sainte-Perrine Desrivières. Par les documents militaires de Jules retrouvés sur le site Mémoire des Hommes, j'apprends qu'il résidait en 1896 à Dreux. Il a effectué son service militaire de 1894 à 1897 à Rennes. 3 ans. L'état civil de Dreux n'a aucune trace d'un M. Hoisnard fils de Jules et de Marie. La mairie de Janzé m'envoie alors les documents concernant la concession au cimetière de Janzé et j'apprends qu'en 1920, Jules résidait à Argentan dans l'Orne. La mairie d'Argentan me révèle qu'il y a bien un Marcel Amand Léon Hoisnard dans l'état civil des décès, né le 16 janvier 1897 à Sainte-Gauburge (Orne) sur la ligne de chemin de fer Paris-Granville. Il a été incorporé le 7 janvier 1916 à 18 ans. Il est mort à 21 ans dans un hôpital militaire le 9 juillet 1918 au Fayel dans l'Oise des suites "d'une plaie pénétrante thorax par éclat d'obus (sic)." J'ai retrouvé ses documents militaires grâce à la mairie d'Argentan. Ils figurent aux Archives départementales de l'Orne.

Marcel est cité sur deux Monuments aux Morts. Celui de Janzé où son père a pris sa retraite.

 

Janzé Monument aux Morts Hoisnard.jpg

Monument aux Morts de Janzé (35) M. Hoisnard est 9ème à partir du haut

 

Argentan Orne Hoisnard monument aux morts.jpg

Monument aux Morts d'Argentan (61), photo transmise par la mairie d'Argentan. M. Hoisnard est 3ème en montant à droite.

Cette double mention n'est pas rare. La mairie de Janzé ne dispose d'ailleurs d'aucune information sur les soldats figurant sur le monument. Je cherche maintenant à savoir si Marcel a une sépulture militaire ou s'il est enterré à Janzé. Selon mes recherches, je décompte 5 engagés de mes familles en 14-18 : 2 du côté paternel, 3 du côté maternel. Trois morts : Louis Bredeloux à 24 ans en 1918, André Hoisnard à 31 ans en 1914 et son neveu Marcel Hoisnard 21 ans en 1918. Ont survécu Alfred Bredeloux, mon grand-père maternel et Julien David mon grand-oncle maternel. 

Les sortir de l'ombre est indispensable. Pour leur mémoire. Pour les années et les vies qu'ils ont sacrifiées. Pour mieux sentir le fil qui nous rattache à eux.  

 

14/01/2019

Idiotie de Pierre Guyotat

Guyotat Pierre Idiotie.jpg

Bonjour à tous,

Tout d'abord mes meilleurs vœux pour 2019. Chacun fera le tri dans ce qu'il souhaite, désire. 

J'entends commencer cette année nouvelle par une recommandation de lecture. Grâce au Père Noël, j'ai fait une vraie découverte littéraire avec le dernier opus de Pierre Guyotat, Idiotie. Au fil des pages, je me suis retrouvé au temps où je découvrais Jean Genet, Céline, Proust... Du grand art ! Pour ceux qui aiment lire, c'est un vrai plaisir. Écriture de myope, bercée par les deux rives de la Méditerranée. Sensuelle. 

Si vous aimez Jean d'Ormesson, abstenez-vous.

Jean Julien

 

 

 

12:27 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur, Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guyotat, idiotie |

06/12/2018

Il n'y en aura pas pour tout le monde...

Chers lecteurs, 

"C'est danser dans les ténèbres qu'écrire des vers qu'on ne lit à personne."

Ovide s'exprimait ainsi il y a 2000 ans. C'est une citation qui figure en tête de "Vallespir".

En effet, malgré (ou sans doute à cause de) tous les moyens de communication dont nous disposons, malgré la facilité d'une commande depuis chez soi, faire lire ses écrits demeure une réelle difficulté. Je parle de moi-même qui ai vendu 12 exemplaires des "Amants de Lamalou" en 4 ans et 6 exemplaires de "Vallespir" depuis octobre dernier... Mes proches me disent d'en faire fi et de considérer cette situation comme un détail. Ecrire est un plaisir. Cela suffit.

Et je suis loin d'être le seul dans ce cas, bien sûr. 

https://www.edilivre.com/mon-compte/ouvrages/

Je mets ci-dessus le lien vers le site de mon éditeur, à tout hasard.

Et continuons à écrire pour le plaisir.

Jean Julien

11:08 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/11/2018

Reportage de France2 sur mes ancêtres combattants en 14-18

Vous vous souvenez que j'ai effectué des recherches sur mon grand-père maternel, Alfred Bredeloux, son frère Louis, mon grand-oncle maternel Julien David, et paternel, André Hoisnard quand ils étaient engagés dans la Grande guerre.

Nous avons tourné un reportage avec une équipe de France2 sur cette thématique le week-end dernier en famille au Chemin des Dames.

Ce reportage passera au JT de 20h de France2 demain samedi 10 novembre.

Nous avions avec nous, outre l'équipe de 3 personnes de FR2, un guide du département de l'Aisne, Vincent Dupont, très savant sur la Grande guerre et qui a poussé mes recherches concernant mes ancêtres. Ce fut passionnant et très émouvant.

Merci pour votre fidélité.

Jean-Yves Hoisnard alias Jean Julien

 

 

30/10/2018

Une nouvelle publication : Vallespir

Bonjour à tous,

Vous pouvez désormais vous procurer mon nouveau récit, Vallespir, publié chez Edilivre, comme Les amants de Lamalou.

https://www.edilivre.com/librairie/vallespir-jean-julien....

Je vous en souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à publier vos commentaires directement sur mon blog afin de les partager. Vous pouvez aussi rédiger un commentaire sur le site d'Edilivre dans la rubrique prévue à cet effet.

Merci de votre fidèlité.

Jean-Yves Hoisnard alias Jean Julien 

 

 

08:38 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/10/2018

Patience dans l'azur (emprunt à Hubert Reeves)

Les journalistes, toutes catégories confondues, n'ont donc rien compris ou alors ils le font exprès...

Le Président a changé. Nous ne somme plus en Hollandie, temps où le président passait son temps avec les journaleux et se la coulait douce... Plus de 60 heures avec deux journalistes du Monde pour un livre qui l'a sabordé, si besoin en était...

La dictature du "tout tout de suite" a fait ses preuves en d'autres temps et dans d'autres pays. 

M. Macron avance à son rythme. Il a bien raison.

Les chiens aboient. La caravane passe.

 

12:23 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/10/2018

La minisculite ou la vie par le petit bout de la lorgnette

Depuis quelque temps, l'information télévisuelle (mon objet préféré d'énervement) est non seulement moutonnière (toutes les chaînes traitent les mêmes nouvelles en boucle) mais atteinte d'une maladie dangereuse : la minisculite aigüe.

Par hasard hier vers 18h je vagabondais sur le PAF, quand je vis mon Président entouré de jeunes antillais aux gestes de leur âge, provocateurs comme il se doit, surtout pour des selfies. Pas de quoi fouetter un chat !

Aussitôt la sage présentatrice de C dans l'air, un peu gênée, se demande si cette gestuelle sied bien à un président de la République par ailleurs un peu débraillé. L'excellent David Revault d'Allonnes du Journal du Dimanche explique alors avoir été témoin de cette scène car il accompagnait M.Macron aux Antilles. Il replace ce non-événement dans son contexte. Un détail. Rien à voir. Passons dit-il. Aussitôt un autre journaliste commence à pérorer sur la fonction présidentielle qui se délite comme l'ont expliqué les voix des LR et de Marine Le Pen le matin même... M. D'Allonnes semble excédé.

Je coupe, excédé moi aussi, et passe à France Inter qui diffuse des reportages passionnants sur la vie du monde comme il va.

Je retourne vers mon poste de télé vers 19h30 et j'essaie la 4. Patatras : Revault d'Allonnes et arrivé là et doit débattre des mêmes conneries pour, semble-t-il, son grand désespoir...

Ce non événement ne méritait pas davantage que les quelques secondes que lui consacra Canteloup sur la 1. Pour rire. Et là c'est bien et suffit largement...

Pourquoi cette minisculite ? Pourquoi faire de M. Bennala le centre de l'information parisienne par exemple ? Pour servir les oppositions en mal de critique ? N'y-a-t-il pas mille sujets plus importants pour notre vie cérébrale, notre vie tout court ? Et ne parlons pas de telle journaliste télévisuelle qui reprend des propos que Canteloup a prêtés à M.Mélanchon... On atteint le fond du trou audiovisuel. 

Parlons aussi de ces pauvres présentateurs des météos télévisées : ils se sentent obligés de se réjouir du beau soleil (on dit aussi "souleil" parfois, il paraît que cela vient du sud de la France ?) et du temps sec et tutti quanti... Pauvres hères, vous feriez mieux de vous mettre à genoux pour qu'il pleuve sur nos terres déssechées par l'été et sur nos plantes grillées par la chaleur. Mais non, il fait beau, "c'est bon pour le moral".

Non. J'ai vécu dans le Sahara, j'ai aussi connu une sécheresse terrible au Ghana, j'ai vu l'extraordinaire puissance de la nature dans ces contrées. Nous, Européens gâtés par notre climat tempéré, n'avons pas suffisamment conscience de ce qui nous attend. On devrait ouvrir les yeux et surtout ceux des journaslites qui sont censés nous parler du climat. Sinon le réveil va être très dur pour nous tous !

Si on pouvait relancer l'éducation populaire qui a tant fait au XXème siècle pour ouvrir les esprits, ce serait formidable.  Je sais ce "populaire" sent un peu le communisme mais n'empêche que les auditeurs des radios d'alors apprenaient ainsi. Et on était sur le principal et non pas sur l'accessoire, comme on dit en Droit !

Hiérachie dans l''information comme dans tous les domaines, telle devrait être notre priorité.

 

 

 

12:40 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/05/2018

Les réfugiés

Les demandeurs d'asile, migrants, réfugiés, porteurs d'un OQTF (ordre de quitter le territoire français), déboutés du Droit d'asile, clandestins, sans-papiers, bénéficiaires du rapprochement familial... Je ne compte plus les noms employés, souvent à mauvais escient, pour désigner les étrangers (non-Européens, non-estampillés UE bien sûr) qui transitent par notre territoire ou souhaitent s'y installer pour des raisons diverses. 

En visitant la collégiale Saint-Louis de Poissy (c'est là que notre bon Saint-Louis fut baptisé au 13ème siècle), j'ai découvert un vitrail dont j'ignore la date de conception mais qui a retenu mon attention par son contenu simple et clair.

 

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Collégiale de Poissy

 

Quelle scène nous soumet ce vitrail ? La fuite en Egypte de Marie et Joseph. Les parents de Jésus fuient la Palestine où ils risqueraient fort d'être martyrisés par les Romains ou leurs alliés. Ils migrent pour se réfugier dans un asile sûr. A gauche Marie est sur un âne avec Jésus dans les bras. Au milieu Joseph dont on apprend qu'il est le père de tous les réfugiés et de tous les exilés. Les mentions figurent en bas des vitraux de gauche et du centre. Le troisième bandeau mentionne "Protégez-nous".

Quel beau message  ! Il vient des Évangiles et du Christ lui-même qui se tournait résolument vers les étrangers. Puisse ce vitrail être lu par tous ceux qui sont prompts à jeter l'anathème sur ces femmes et ces hommes que j'ai désignés par leurs noms administratifs ou journalistiques pour commencer ce texte mais qui ont tous noms, prénoms et histoires. Il ne s'agit pas de tomber dans l'angélisme béat à leur sujet : il y a partout des brebis galeuses. Mais d'essayer de les considérer avec sympathie et réalisme. 

 

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18:06 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : refugies, asile, demandeur d'asile, exile, fuite |

16/03/2018

Avis aux amateurs de l'usage du téléphone portable au volant

SMS au volant : un an de prison pour une jeune conductrice qui avait tué un motard

 Zoé Lauwereys (@zlauwereys),LeParisien.fr mer. 14 mars 20:53 UTC+1 

10:14 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : telephone portable au volant |

07/03/2018

Mes amis les médias...

Vous avez sans doute remarqué, lecteur attentif que vous êtes, que je ne suis pas très tendre avec une grande majorité de nos médias français, même si certains et c'est heureux font exception.

A ce sujet, je ne peux pas résister au plaisir de publier cet éditorial de Franz-Olivier Giesbert dans Le Point du 1er mars 2018.

 

médias,journalistes

Chacun fera son miel ou pas de cette lecture. Et puis, comme me le confiait un de mes amis, professeur retiré des affaires éducatives : "Ce ne sont pas les meilleurs de mes anciens élèves qui sont devenus journalistes !". Je tairai son nom pour le protéger d'une éventuelle vengeance médiatique ! Il est heureux que certains journalistes font exception à la règle, comme FOG. 

08:45 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, journalistes |

08/02/2018

La ruée vers l'europe

Je reprends ici le titre du dernier ouvrage de Stephen Smith publié chez Grasset. Ceux qui écoutaient RFI (Radio France Internationale) sur les ondes courtes dans les années 1980/90 connaissent bien ce nom. Smith était journaliste sur cette antenne très écoutée en Afrique, francophone surtout. 

Smith envisage une ruée vers l'Europe sous l'effet de la très forte poussée démographique que va connaître l'Afrique d'ici à 2050. En 2018, ce continent compte 1,3 milliard d'habitants (150 millions en 1930...). 2,5 milliards en 2050. Aujourd'hui entre 40 et 45 % de la population a moins de 15 ans. 

Selon Smith, la ruée vers l'Europe pourrait suivre plusieurs scénarios."l'Eurafrique heureuse", une sorte de miracle de la Pentecôte où toutes les langues étrangères se mêleraient dans une communion universelle. La dérive politico-mafieuse, c'est à dire la traite des migrants, ce qui provoquerait une réaction populiste au profit de l'extrême droite. L'Europe forteresse derrière un rempart d'argent déjà en construction en Turquie, en Lybie et dans les Etats sahéliens censés fixer les dunes humaines en échange de subventions : cette hypothèse ne serait pas si éloignée du "réflexe colonial" interventionniste dans les pays d'origine. Enfin une combinatoire de ces scénarios pour tenir sans excès n'est pas impossible. 

Le défi est énorme. Selon Smith, il ne peut être relevé que par une Europe ni bornée ni borgne. Les bornés sont obsédés par la frontière qu'ils voient en barrière baissée sans comprendre que c'est un espace de négociation du passage, surtout entre voisins dont le sort est lié. Les borgnes ressemblent au Cyclope de la légende, ils se prennent pour des géants moraux mais ne voient rien, ni l'Ulysse qui se joue d'eux ni les conséquences dramatiques  - les tensions, les malheurs - qui résultent de leur manque de vigilance. "Il me semble que la lucidité gagne du terrain, dit Smith, en France notamment avec le recul du Front National". Mais il y a toujours une Europe qui a peur de perdre son "âme" et une autre qui veut à tout prix prouver qu'elle en a une. Il faut éviter autant l'irénisme humanitaire que l'égoïsme nationaliste. 

Ces propos que je reprends du Figaro (07/02/2018) et du JDD (04/02/2018) m'ont beaucoup éclairé ainsi qu'un entretien donné au Point du 02/02/2018. Si je comprenais bien la posture de l’extrême droite par rapport aux migrants, j'avais plus de mal à comprendre pourquoi maints journalistes, surtout du service public audio et visuel et d'Arte, étaient en janvier dernier intarissables sur les"migrants/réfugiés/demandeurs d'asiles/émigrés/immigrés" (le vocabulaire est flou comme leur pensée) se gargarisant de Calais, de quelques couvertures prétendument "volées" par d'affreux policiers, etc, etc... Tous les jours, dans tous les bulletins d'information, on y avait droit. Jusqu'à ce que l'actualité détrône ce sujet qui est maintenant passé aux oubliettes journalistiques : un migrant ne pèse pas lourd face à la neige en Île-de-France... Les journalistes en mal de sujet (ils ne manquent pas pourtant les sujets quand on ouvre un peu sa fenêtre sur le monde et qu'on arrête de se regarder le nombril) veulent montrer leur surplus d'âme et de compassion... Ils sont dans la posture. Cela fait bien dans le tableau. Ils parlent mais que font-ils concrètement pour aider ces "déplacés" ? Encore un nom que j'avais oublié !

09:04 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migrants, journalistes |

01/01/2018

Pour commencer cette nouvelle année

Bonne année 2018 à toutes et à tous.

J'ai terminé 2018 par deux lectures qui m'ont enchanté. et je souhaiterais vous faire partager ce plaisir.

Pour ceux qui s'intéressent à la géographie, l'histoire et la géopolitique, je recommande l'ouvrage d'Alfred de Montesquiou  "La route de la soie" paru à l'automne dernier aux Editions Arte et du Chêne. Montesquiou a produit une série de reportages-documentaires pour Arte sur cet itinéraire. Ils ont été diffusés en novembre et décembre. Le livre est issu de ce travail. Sur les 12 000 kilomètres qui séparent Venise de Xian en Chine, Montesquiou nous raconte la route de la soie, son itinéraire, ses paysages, son histoire et celle des peuples qui l'habitent. Il montre avec beaucoup de savoir et de tact comment ils vivent aujourd'hui. J'ai trouvé cette série documentaire et ce livre d'autant plus passionnants que je rentrais de Chine et que j'avais beaucoup de mal à m'imaginer l'espace entre notre Europe et l'Empire du Milieu. Je pense disposer maintenant d'une vision, à ma modeste échelle, de ce vaste itinéraire à l'histoire tumultueuse mais qui a forgé notre univers actuel.

 

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Sur un mode plus léger mais néanmoins séduisant, j'ai été charmé par un roman du Péruvien Mario Vargas LLosa, Prix Nobel de littérature, "La vilaine fille". Magnifique histoire d'amour qui m'a laissé un très forte empreinte, aussi forte que celle que j'ai gardée de "Belle du seigneur" d'Albert Cohen, lu pourtant il y a bien longtemps. 

 

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Bonne lecture à ceux qui savent prendre le temps de se retirer un peu du monde pour mieux le comprendre. 

12:07 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

17/12/2017

"C'est que du bonheur !"

Cette expression est très usitée depuis quelques années et à tous propos. A la sortie d’un concert de Johnny Hallyday (Ah, c’est vrai, j’avais oublié,  il est mort et ne donnera plus de concerts… !), à la réception d’un colis livré par Amazon, devant un plat dans un restaurant fooding (?), « c’est que du bonheur » !

L’expression n’est pas correcte sur le plan grammatical : il  faudrait dire « ce n’est que du bonheur ». Mais toute langue a une tendance naturelle à la paresse et à l’oral on se passe aisément de la première partie de la négation qui complique l’énonciation. Passons.

Je trouve triste que disposant d’une langue aussi riche en vocabulaire que la nôtre, maints des Francophones en soient réduits à répéter sans fin et dans toutes les circonstances cette expression qui ne veut rien dire. En effet, quoi de plus fragile et de plus éphémère que le bonheur. Cette notion a fait l’objet d’innombrables développements en littérature et en philosophie. Il en ressort que cet état est par essence fugitif et que sa brièveté en fait le prix. Qu’il s’agit plus d’une quête que d’un état. Alors « que du bonheur » ? De bref et fragile, le bonheur devient à notre époque exclusif (que) et sans fin répété alors qu’il est rare ou n’est plus… Hédonisme (on cherche dans le dictionnaire *), volonté affichée d'apparaître heureux malgré tout et tout le temps, superficialité du commentaire (« Que dire d’autre ? Je n’ai ni les mots pour cela ni le temps"), conformisme, esprit moutonnier. Et n’oublions pas le sourire de présentateur de M6 qui accompagne cette expression !

Avec ce bonheur formaté, l’énonciateur va vite se retrouver dans « sa zone de confort », autre expression fort répandue et qui elle non plus, ne veut pas dire grand-chose. Confort des pieds ou de l’estomac ? Confort moral ou intellectuel ? On ne sait pas. On est dans une zone, espace mal défini dont on ne connaît pas bien les limites. Zone, c’est ainsi qu’on appelait, au début du 20ème siècle, l’espace libéré par la destruction des anciennes fortifications de Thiers autour de Paris, là où passent maintenant les boulevards des Maréchaux.  Guillaume Apollinaire a écrit un célèbre poème qui porte ce titre. On pourrait dire « il se sent bien » mais la mode médiatico-psychologisante a fait son œuvre et rend plus « technique » son vocabulaire. Sauf qu’il demeure très peu précis et appartient à ces mots ou expressions dits « valises » qui transportent ce que l’on y met en fonction du contexte. 

Dans la même veine, on remarquera « un plat plein de saveurs » (Lesquelles ?  Ce serait trop demander), « rapport de pouvoir », et aussi l’emploi exclusif par les cuisiniers de la télévision et de la radio du verbe « travailler ». Ces braves gens travaillent leur pâte, la viande, les légumes, les sauces, les poissons, bref tout ce qui leur tombe sous la main. Je leur conseille de chercher des synonymes qui rendront plus attrayantes leurs ennuyeuses émissions culinaires. A vos préparations messieurs et dames !

Pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir ce thème, je pense que l’ouvrage de Laurence Devillairs Un bonheur sans mesure (Albin Michel) est tout indiqué. Il a été présenté ce matin du 17 décembre 2017 sur France Inter.

« Ne serions-nous pas devenus des forçats du bonheur obligatoire ? Ne risquons-nous pas l’épuisement à suivre avec sérieux ce régime imposé des petits plaisirs ? Dans cet essai vif, Laurence Devillairs invite à s’affranchir de la fascination pour le moment présent et à oser le bonheur en grand. Car l’horizon est toujours plus vaste que nous l’imaginons. Une vie heureuse doit s’écrire en majuscule et en couleur.

En convoquant des pages flamboyantes de la philosophie, ce livre donne sens à l’espoir, cet élan qui nous porte vers demain et nous permet d’obtenir plus que ce que nous désirons. C’est une véritable expérience philosophique qui consiste à conquérir plutôt qu’à consentir. »

 

10:34 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/11/2017

Chine, fin du voyage

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Suzhou, septembre 2017

 

Nous sommes dans le jardin de l'Humble administrateur de la ville d'eau (de canaux) de Suzhou dans la région de Shangaï. Ce sont des lotus qui s'épanouissent au premier plan. Comestibles par leurs tubercules notamment, ils constituent un décor luxuriant. Cet immense jardin fut aménagé à partir de 1506 par un administrateur de l'Empire limogé pour corruption...

 

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Galerie du dragon

 

L'eau occupe la moitié du jardin. Cette galerie est articulée comme un dragon doublé par son reflet. 

 

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Fenêtre ouverte sur les lotus

 

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Douves de la Cité interdite, Beijing octobre 2017

 

L'eau toujours. La Cité interdite est bordée par des douves très larges qui ont été creusées par l'homme. La pollution voile l'horizon.

 

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Wuhan, vue depuis le musée de la province du Hubei, octobre 2017

 

Je termine cette série par deux photos qui me semblent représentatives de la Chine telle que je l'ai très partiellement découverte cet automne. Un chantier au pied d'un musée et au fond un immense parc au bord de lacs. Tout au fond une ville nouvelle surgit. Planté de manière incongrue, un émetteur pour portables domine les arbres. 

 

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L'enfant qui danse, Beijing, octobre 2017

 

Cet enfant danse avec des adultes sur un trottoir de Beijing devant une immense affiche pour des vêtements Lagerfeld. Les Chinois aiment danser dans les espaces publics, y chanter, y jouer de la musique... Ce peuple m'a semblé heureux de vivre, joyeux. Vous l'aurez compris, ce voyage m'a beaucoup apporté et je tiens à remercier mon ami Boun sans qui il n'aurait pas été possible. 

 

 

 

08:14 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) |

20/11/2017

La Chine du gigantisme

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Tours dans les nuages, Shangaï octobre 2017

 

Ces tours dans la nuit datent des années 1990 quand la Chine a commencé à rattraper son retard économique et dans le domaine des infrastructures.

 

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Pudong, Shangaï.

En face du célèbre Bund créé de toutes pièces par les grandes puissances occidentales à partir de 1850 sur des marécages au bord du Huangpu (affluent du Yangtsé), la Chine a édifié à partir de 1990 un nouveau quartier d'affaires. A gauche la tour de la télévision et à droite la tour de 600 mètres de haut qui domine la ville. On monte à son sommet en 1 minute... Le congrès de Parti communiste approche, les bâtiments sont parés de rouge et un drapeau chinois illumine le sommet de la plus haute tour. La foule sur le Bund est énorme et on voit sur la droite de mon image une autre image d'un autre appareil... 

 

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Au pied de la tour de 600 m. L'habillage qui tourne sur lui-même est du plus bel effet. Architectes américains.

 

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Vue d'en haut (ou à peu près, 550 m). 

 

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"L'ouvre-bouteille", surnom de ce building...

 

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Place Tienanmen, Beijing. Le congrès du PCC va s'ouvrir dans quelques jours. Et les autorités n'hésitent pas à fleurir artificiellement cet événement. Entrée de la Cité interdite au fond avec le portrait de Mao dont on rêve de savoir ce qu'il penserait de l'évolution récente de son pays...

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Grande muraille

On la voit telle un long serpent filer sur les sommets jusqu'au dernier plan de la photo. Elle parcourt le nord du pays sur plus de 6000 km. Elle a été restaurée sur quelques sites à 60 km au nord de Beijing. Concevoir sa taille kilométrique relève du défi. 

 

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Cité interdite

Un des palais de la cité impériale construite au 15ème siècle. La pollution était ce jour-là accablante. On devine la grisaille de l'air...

 

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Le Yangtsé à Wuhan. Le fleuve de 6300 km est navigable sur 3000 km par des bateaux de 10 000 tonnes. L'eau est boueuse, le ciel est gris. Un cargo remonte le courant très lentement car on est en période de hautes eaux. 

 

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Tout comme sur la Muraille de Chine, on a du mal à réaliser la taille du Barrage des Trois Gorges sur le Yangtsé. 2500 mètres de long, 150 m de haut, 600 km de retenue d'eau, 5 écluses de 30 m de haut chacune... Vue aérienne que je n'ai pas pu réaliser. Il s'agit d'une affiche trouvée sur le site. Visite en groupe très encadrée...

 

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Les 2500 m du côté du réservoir...

 

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Une partie des écluses 

 

 

 

 

 

 

De Wuhan à Dourges (Pas-de-Calais) par le train

Le gouvernement chinois a décidé, depuis quelques années, de promouvoir le transport en train vers l'Europe. Cette nouvelle Route de la soie (c'est le nom chinois officiel) prend forme et des trains circulent entre Wuhan (entre autres) et Lyon ou Dourges comme récemment. Moins polluante que le transport maritime, plus rapide (de moitié), cette nouvelle ligne ferroviaire reprend en partie le vieil itinéraire des caravanes de la soie. Très vieil itinéraire puisque des archéologues japonais ont découvert voici quelques années une pièce de monnaie romaine, vieille de 2000 ans, sur une île située près de Taiwan. 

Ci-dessous un article du Journal du dimanche daté du 19 novembre 2017

 

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09:45 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, train, wuhan, lyon, dourges |

14/11/2017

La Chine des affiches

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Affiche de rue, Shangaï septembre 2017

 

Les affiches ne sont pas aussi nombreuses en Chine qu'elles le sont en France. Elles sont le plus souvent d'une grande qualité graphique et/ou photographique. Annonces publicitaires mais aussi très souvent d'éducation populaire voire de propagande pour le Parti Communiste Chinois. L'Occidental qui ne maîtrise pas la lecture des idéogrammes ne sait pas toujours décoder l'objet de l'affiche mais en apprécie sans doute d'autant plus le caractère esthétique.

 

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Affiche publicitaire de rue, Shangaï

 

Affiche vantant le mérites d'une carte de paiement (?). Le jeune homme très à la mode internationale se distingue par son gigantisme. 

 

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Affichage d'éducation populaire, métro de Wuhan

 

Cette affiche est très courante en Chine dans les métros. Elle montre les attitudes et les gestes à éviter dans les transports en commun ou dans l'espace public. Ne pas bousculer, laisser sa place aux personnes âgées, ne pas manger dans les rames des métros, ne pas piétiner les plates-bandes, etc... 

 

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Affiche photographique, métro de Wuhan

 

Cette affiche représente des montagnes enneigées. Je ne sais pas ce qu'elle vante. ce qui ajoute à son mystère. Je pense qu'il s'agit d'une campagne de promotion pour un site touristique (?).

 

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Education populaire et propagande du PCC. Métro de Wuhan.

 

La qualité graphique de ces affiches est remarquable. Motifs traditionnels (les poissons omniprésents), paysages de montagnes avec la muraille de Chine. La Chine et son glorieux passé au service de la modernité politique. Le rouge est le signe du pouvoir.

 

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Education populaire et propagande sur le mode traditionnel. Métro de Wuhan.

 

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L'art de la calligraphie. Affiche dans le métro de Wuhan.

 

On remarquera les idéogrammes codifiés et en rouge ceux qui relèvent de l'inspiration du graphiste. De la contrainte naît la créativité. On a le sentiment d'accompagner le geste du scripteur, d'être dans son mouvement. 

 

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Affiche dans le métro de Wuhan. Texte en anglais, ce qui est rare. Je n'ai pas compris de quoi il s'agissait. 

D'un élixir de jouvence ?

 

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Métro de Wuhan, bancs en marbre.

 

Dans l'univers uniformisé du métro où jouent les reflets, ces bancs de marbre poli m'ont enchanté. Les Chinois ont un rapport artistique très fort à la nature. Les pierres sont omniprésentes dans les musées, les lieux publics, les parcs et chez les particuliers. Elles sont les plus brutes possibles. 

 

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Sculpture, montage photographique, métro de Wuhan.

Cet ensemble célèbre la révolution de 1911 qui partit de Wuhan et déboucha sur la première République chinoise.

 

 

 

 

 

08:55 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/11/2017

En chine, on aime manger et boire

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Couverts, Wuhan, Chine

Dans les restaurants de catégorie courante, on apporte les couverts emballés sous un film de plastique. C'est bien pour l'hygiène mais c'est aussi parce que les restaurants ne disposent pas de suffisamment d'espace pour installer une plonge. La vaisselle sale est donc envoyée dans des usines où elle est nettoyée et emballée. Baguettes de rigueur et serviettes en papier dans la boîte.

 

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Anguilles, une des halles de Wuhan 

 

Les poissons sont vendus vivants au consommateur. Ainsi que les grenouilles, les crabes. Tout ce qui nage est conservé dans l'eau y compris devant les restaurants. Le consommateur est ainsi sûr de la fraîcheur du produit. 

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Grenouilles (ou crapauds), halle de Wuhan

 

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Crabes, échoppe de rue, Wuhan

 

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Une consommatrice attrape son poisson au filet dans un supermarché de wuhan

 

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Tout se consomme y compris les pattes de poulet, Beijing

 

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Les poulets ont parfois une drôle d'allure, un peu écrasée... Beijing

 

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L'esthétique reprend vite le dessus. Brioche avec en son sein une soupe (délicieuse). La paille permet d'aspirer la soupe à travers la brioche. Suzhou.

 

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Fondue à la Chinoise. viandes, légumes et nouilles dans un bouillon. Shangaï.

 

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Brochettes de scorpions dont certains sont encore vivants. Je n'ai pas goûté... Beijing dans la rue de la Bouffe.

 

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Une gargote, ancienne concession française de Wuhan. Très bon marché, les restaurants sont légions en chine. On mange bien pour 10 € mais on peut descendre à 2 ou 3 € et se nourrir convenablement. Le salaire moyen étant à 700 €, la clientèle ne manque pas. 

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Pour finir, le nec plus ultra, le canard laqué de Beijing. Un délice !

 

16:57 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/10/2017

La Chine populaire ou le peuple chinois ou la Chine des rencontres

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Restaurant, Wuhan septembre 2017

Je viens d'arriver à Wuhan et j'apprends les us et coutumes des restaurants. Lieux privilégiés de la convivialité car il n'existe pas de cafés sur notre modèle européen. Des salons de thé ou de café mais pas de bistrots. Ces deux frères déjeunent avec leurs parents et ne peuvent pas résister à leur curiosité. Ils approchent "l'homme blanc au long nez". Dans un pays d'un milliard 500 millions d'habitants (dont 200 millions dits flottants car non répertoriés...) nous constituons une étrangeté. Ce qui nous vaut de très nombreuses séances de photographie. On a l'impression d'être une célébrité dans ce pays !

 

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Gare de Nankin. Septembre 2017.

 

Nous sommes à l'arrêt dans la gare TGV de Nankin. Comme nous voyageons debout (on peut quand les trains sont complets acheter de tels billets) nous croisons des gens intéressés par l'Européen. Je demande à cet homme s'il accepte d'être pris en photo. Il est ravi de poser pour moi. 

 

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Les vendeuses du TGV Wuhan-Shangaï, septembre 2017

 

Cette jeune femme à l'uniforme impeccable (la discipline des personnels des transports est très rigoureuse) propose ses fruits (pas très bon marché) aux voyageurs. Nous avons rencontré un jeune homme qui parle le français et est heureux d'échanger avec nous. Il a fait des études en master de commerce à Lille. Il joue les traducteurs. Une fois la glace brisée, les gens sont très heureux d'être en contact avec des étrangers, surtout s'ils ont la peau blanche. Les habitués des trains français remarqueront que tous les sièges sont dans le sens de la marche grâce à un astucieux système qui les fait pivoter. Mais qu'attend donc notre chère SNCF pour en faire autant ?

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Les mariés, Suzhou, septembre 2017

Dans la très belle ville d'eau (de canaux) de Suzhou, près de Shangaï, séance de photos pour les mariés en costume traditionnel. Vous remarquerez la position des époux et celle des mains de la jeune femme. Le décor est "très Chine traditionnelle" un peu encombré de fils électriques et d'une antenne de téléphonie mobile... Ne soyons pas mauvaises langues, le diable se cache dans les détails et dans un pays aussi vaste et peuplé il est difficile de faire dans la dentelle. Mais les Chinois y arrivent quand même !

 

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Place Tienanmen, Beijing octobre 2017

 

La foule. Agoraphobes, n'allez pas en Chine, vous y piqueriez une crise ! Devant l'entré de la Cité Interdite où figure le portrait de Mao, les visiteurs se pressent en rangs très serrés. Telle l'eau, la foule est canalisée par des contrôles successifs et une horde de policiers et de soldats qui, pour ces derniers, doivent demeurer des heures immobiles dans des poses hiératiques. On dirait des mannequins. Les pylônes sont destinés à l'éclairage mais aussi à la surveillance car ils sont bardés de caméras. Les caméras sont partout. Le flux de circulation automobile est incessamment photographié jour et nuit grâce à des portiques qui s'illuminent la nuit ou quand il fait sombre. Toutes les images sont paraît-il stockées. Au cas où ? On dit que 2 millions de fonctionnaires surveillent la toile, l'internet.

 

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Heureux, Wuhan octobre 2017

 

Ces hommes viennent de déterrer un arbre mort (la voiture est une ZX Citroën construite à Wuhan). Je l'ai déjà écrit on plante beaucoup pour lutter contre la pollution et embellir les villes (qui en ont grand besoin!). Je pense que ces hommes viennent de la campagne et ils sont très heureux de croiser un blanc. Je demande l'autorisation de prendre une photo. Ravis, ils posent. Le contact est souvent simple et chaleureux dans ce pays. La langue constitue un obstacle bien sûr mais par des gestes on arrive à se faire comprendre. Et quand ils ont un peu bu et que l'inhibition tombe, les Chinois deviennent très très conviviaux. Gros travailleurs, ils adorent manger et boire en famille ou entre amis au restaurant notamment. Il n'est pas facile de repousser les invitations à des libations de bière, d'alcool de riz et de vins improbables abondamment mélangés !

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Le grand-père et son petit-fils, Wuhan octobre 2017

 

J'échange comme je peux avec ce grand-père très fier de garder son petit-fils. Les grands-parents aident beaucoup leurs enfants quand ils deviennent parents. On vit encore souvent à plusieurs générations dans le même logement car les retraites sont souvent faibles. Il n'y a pas de crèches ou très peu. Les jardins d'enfants sont très coûteux. La famille demeure une structure essentielle.

Et encore une ZX garée à gauche ! Derrière une Peugeot. Wuhan est la capitale de l'automobile en chine. Renault et PSA y construisent beaucoup de voitures depuis les années 1990.

 

 

 

 

 

 

 

07:48 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/10/2017

Chine 2017 : le grand chantier immobilier, routier, ferroviaire, aéroportuaire...

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Wuhan, la ruine qui penche..., octobre 2017

 

Dans un quartier de Wuhan, le marché en gros (de tout) de la province qui compte 58 millions d'habitants (en 2010...). Comme dans beaucoup de villes, on rase. Pourquoi cet immeuble n'a-t-il pas été achevé de démolir ? Je ne sais pas. L'arbre qui survit sur le toit m'a ravi. 

 

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Wuhan, octobre 2017, un chantier...

Le capharnaüm. Les Chinois n'ont peur de rien. Le vrai dragon, c'est le peuple chinois. Le pont sur la rivière Hanshui (un affluent du Yangtsé qui se jette dans le grand fleuve à Wuhan) est presque terminé. On aperçoit un pylône en haut à droite. Mais l'arrivée en ville n'est pas très avancée. Sous la bâche verte des pylônes pour soutenir un viaduc qui probablement enjambera la ligne du métro d'où je prends la photo. Le quartier qui devait être vétuste et insalubre est en cours de démolition. Nouvelle ligne de métro ? Autoroute urbaine ? Partout surgissent des tours, des ponts, des viaducs. Le TGV circule la plupart du temps sur des viaducs qui limitent l'emprise au sol et les procédures d'expulsion. La Chine compte déjà 20 000 kms de LGV... Les TGV roulent à 300 km/h comme les nôtres. 

 

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Aérogare de Wuhan, octobre 2017.

Le hall de départ pour les vols internationaux a été ouvert en août dernier. Les passagers sont déjà dans les nuages. Le plafond immaculé, les grandes verrières, le sol en granit brillant, le blanc, et l'absence quasi totale de couleurs vives créent un sentiment de flottement très agréable. 

 

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Nouvelles tours d'habitation à Wuhan, octobre 2017

Les tours d'habitation fleurissent comme les cerisiers au printemps... On rase. Et on monte pour libérer le sol, loger plus confortablement les heureux élus, planter des arbres (on plante beaucoup d'arbres en Chine, il est plus que temps). Le ciel est grisâtre. Il était souvent ainsi pendant mon séjour. La pollution y est pour beaucoup. Elle peut être terrible. Le ciel se met à dégouliner régulièrement. Quand il ne pleut pas, c'est gris et humide. La région est traversée par le Yangtsé (6 300 kms) et peuplée de lacs, étangs, marais, rizières. Que d'eau ! Et miracle enfin une journée de soleil sur un fond de ciel bleuté... Cela arrive.

08:18 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/10/2017

Quelques images de Chine

 

La gare TGV de Nankin vers 10 h du matin. Les gares sont peu éclairées mais habillées de granit très clair qui produit beaucoup de reflets. Du coup, le rouge des affiches brille encore plus. Les quais sont déserts car les passagers attendent les trains dans des salles à l'étage. 

 

 

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Gare de Nankin, septembre 2017

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Cité interdite, octobre 2017

Ces deux enfants, probablement frère et sœur, posent pour leur mère dans un des innombrables passages de la Cité Interdite de Beijing (nom officiel de Pékin). On retrouve le rouge sur les murs et sur les drapeaux placés là par la mère. Les Chinois sont très fiers de leur histoire plurimillénaire et de leur pays.

 

chine, wuhan, hubei

La diseuse de bonne aventure, Wuhan, province du Hubei, Chine, octobre 2017

Cette femme aveugle est consultée par un homme curieux de son avenir. Comme partout, beaucoup de superstitions perdurent dans ce pays qui n'est que faiblement touché par le monothéisme.

10:35 Écrit par Jean Julien dans Écouter, regarder, écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chine, cité interdite, pekin |

03/09/2017

Le Mont : le train entre Pontorson et le Mont-Saint-Michel

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Le train qui reliait Pontorson au mont-Saint-Michel vers 1910. La ligne a fonctionné de 1901 à 1938.

 

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Les pèlerins avec à leur tête un prêtre précédé d'une croix.

On remarquera la plaque tournante qui permettait à la locomotive de faire demi-tour.

 

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16:54 Écrit par Jean Julien dans Le Mont | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : train, mont saint michel |