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06/07/2012

"Hi-ro-shi-ma... c'est ton nom"..Il lui répond : "C'est mon nom, oui. Ton nom à toi est Nevers. Ne-vers-en-Fran-ce*"...

Je cite Le Parisien de ce jour : "L'accident nucléaire de Fukushima a été un désastre créé par l'homme" et non pas simplement provoqué par le séisme et le tsunami géant survenus le 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon, a conclu jeudi une commission d'enquête mandatée par le Parlement. L'accident (..) est le résultat d'une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l'opérateur Tepco, et d'un manque de gouvernance de ces mêmes instances, a-t-elle expliqué dans son rapport final. "

La radioactivité ambiante a contaminé la région dans un rayon de 30 km. La zone est interdite à toute circulation. Qu'écrire ?

- Fu-ku-shi-ma... C'est ton nom...

- C'est mon nom, oui. Ton nom à toi est Flamanville. Fla-man-vil-le en France...

Nous sommes tous sur le même bateau face aux risques technologiques.

Je cite sur la même thématique les propos de Patrick Lagadec, directeur de recherche à l’École polytechnique, qui est à l’origine du concept de risque technologique majeur (Journal du Dimanche du 8 juillet 2012). 

 

 "La panne du réseau Orange (du vendredi 6 juillet 2012) est un avertissement (un de plus), qui nous force à ouvrir les yeux sur la vulnérabilité de nos sociétés complexes. Les défaillances majeures de notre siècle seront liées aux réseaux, avec le risque d’arrêt foudroyant et durable d’activités vitales. Vous imaginez les conséquences de la canicule de 2003 amplifiées par un black-out électrique… Ou les problèmes d’approvisionnement, lorsque les hypermarchés ont une journée de stocks de nourriture.

Nous avons vécu sous le principe du 'tout est sous contrôle'. Des plans d’urgence apportaient des réponses codifiées à des problèmes connus, avec garantie de retour à la normale. Nous voici confrontés à des défis plus lourds : le mégachoc, l’instantanéité, les effets domino, l’impossibilité de poser un diagnostic rapide.

Il nous faut atteindre l’excellence en matière de prévention. Mais nous allons devoir nous préparer à l’imprévu : non plus donner toutes les réponses pour ne jamais être pris de court, mais nous attendre à être surpris. Cela suppose de nouvelles capacités collectives pour naviguer dans des univers volatils, inconnus. Pour l’heure, nous sommes désemparés face à l’imprévu, incapables de gérer les “grandes surprises”. C’est un problème culturel plus encore que matériel. Intellectuellement, il nous faut accepter d’aborder une terra incognita, où rien ne sera écrit d’avance. Il est urgent d’apprendre à cartographier ces territoires étrangers et à inventer des modes d’action collective pour que les surprises ne soient pas des défaites coûteuses."

*Hiroshima mon amour, Marguerite Duras