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22/05/2011

Zouzal, le chamelon de Mauritanie

 

Zouzal Mauritanie.jpg

Pour Oumar, mon ami de Mauritanie

 

Le désert est immense sous le soleil brûlant, la chaleur est piquante comme peut l’être le grand froid.

 

La lumière éblouit Zouzal qui avance difficilement de dune en dune. Le sable coule comme de l’eau sous ses sabots. Il aimerait tant trouver à boire…. Zouzal se sent perdu.

 

Au fil des dunes du grand erg*, il monte, il descend. Il glisse sur le sable et dégringole souvent les pentes sur le derrière. Il a soif.

 

Kotoko, notre ami le hérisson du Ghana, poursuit quant à lui  son voyage au Sahel. Après le pays Dogon au Mali *, il est arrivé en Mauritanie à Kiffa. Et il a foncé vers le nord pour découvrir le grand erg dont il rêvait depuis longtemps, lui le hérisson né dans les forêts humides du Ghana.

 

Et tout à coup, en glissant du haut d’une dune sur ses petites fesses rebondies de hérisson bien nourri, il tombe museau contre museau sur Zouzal qui venait de dévaler la tête et les pattes en avant une pente sableuse. Surpris l’un comme l’autre de cette rencontre improbable, et leur frayeur première effacée, Kotoko demande au chamelon comment il s’appelle.

 

-        Zouzal, répond Zouzal.

 

-        Zouzal ? Zouzal ? Quel nom bizarre ! répète sans cesse Kotoko en marchant aux côtés du chamelon qu’il vient de rencontrer.

 

-        Oui, je m’appelle Zouzal. Et c’est bien normal pour un chamelon comme moi puisque je suis né en Mauritanie et que dans ce pays on emploie le mot zouzal pour désigner un chamelon. Toi, tu viens de me dire que tu t’appelles Kotoko. Quel drôle de nom !

 

-        Cela n’a rien de drôle, au Ghana kotoko signifie hérisson. Tu vois bien que je suis couvert d’épines !

 

Et Zouzal et Kotoko de cheminer ensemble entre les dunes à la recherche d’un point d’eau. Soudain de très gros nuages surgissent à l’horizon. Des nuages qui bientôt masquent le ciel et le soleil. Il fait sombre comme quand la nuit va tomber. La tempête de poussière arrive. Que faire ? Dans les tourbillons de sable qui piquent les yeux et griffent la peau, on perd vite sa route. Kotoko et Zouzal décident donc de s’arrêter là où ils sont et surtout de ne pas se séparer, ils risqueraient de ne plus se retrouver. Les deux amis somnolent en attendant que la terrible tempête passe.

 

Le ciel s’éclaircit. La tempête a disparu. Zouzal et Kotoko se remettent en route sur leurs huit pattes. Zouzal a de plus en plus soif. La poussière qui a pénétré dans sa gorge l’a asséché. Kotoko a un sens de l’orientation infaillible. Il conduit Zouzal vers une oasis où l’eau se trouve en abondance. Et enfin, arrivés au sommet de la plus haute dune, ils découvrent un paysage merveilleux : de l’eau, des arbres, des palmiers dattiers, du blé en herbe… Un vrai paradis. Zouzal se précipite vers l’eau et peut enfin étancher sa soif. Les deux amis vont pouvoir se reposer après leur longue traversée du désert.

 

*Vaste étendue de sable où le vent a modelé des dunes

* Voir Les bouts de bois qui pleurent

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