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30/05/2011

Allez en Tunisie !

J'encourage tous ceux qui le peuvent à se rendre en Tunisie dans les mois qui viennent. Ils seront bien accueillis et ne le regretteront pas. Je relaie sur mon blog la campagne de publicité qui invite à séjourner dans ce pays charmant.

Pub Tunisie juin 2011.jpg

29/05/2011

Poule d'eau

                                                                                                                                                  

 

Poule d'eau.jpg

 

Lors de mon dernier séjour à Amsterdam, Ewan a découvert les poules d'eau. Au-delà de l'oiseau, il aime ce nom et le prononce avec une gourmandise évidente : "pou-le-d'eau" clame-t-il lentement avec satisfaction. Il aime les sonorités de ce nom. Je lui envoie la photo d'une poule d'eau anonyme qui fera très bientôt l'objet d'une nouvelle histoire pour lui et sa soeur Lana, bien sûr.

27/05/2011

Le printemps tunisien

 

 

Révolution tunisenne janvier 2011.jpg

 

Photo de Nicolas Mathias

 

Cette photo, que j’ai trouvée dans le dossier que France-Inter consacre à la révolution tunisienne sur son site internet, m’a immédiatement arrêté. J’y reviens régulièrement. Elle me parle. J’ai vécu quatre ans en Tunisie. J’y retourne souvent. C’est un peu mon deuxième pays. Je m’y sens chez moi ou presque.

Le jeune homme au premier plan qui fait face à ce qu’on imagine être un cordon de police m’est familier. Non pas que je le connaisse particulièrement. Mais j’ai tellement fréquenté, côtoyé ces jeunes tunisiens, que je le devine. L’indispensable casquette à l’envers avec sa griffe (Lacoste ?), le petit blouson, le pantalon en jean serré, les chaussures de sport (à trois bandes ?). Tout y est. L’uniforme des jeunes tunisois, qui comme leurs aînés,  sont conventionnels  voire conformistes dans leur habillement. Ce garçon interpelle les forces de l’ordre. Il n’a pas peur. Il défie l’ordre les bras jetés en arrière, le bras gauche entouré d’un drapeau ( ?), le torse légèrement bombé. Il donne l’impression de s’offrir en victime : « Allez-y, tirez, visez mon cœur ! »

Prudemment en arrière, à l’abri dans une ruelle, un groupe d’hommes, dont certains masqués, assiste à ce défi. Les regards sont partagés entre le cordon de policiers et le jeune homme qui le provoque. L’un téléphone avec son portable. On les sent immobiles. Ils attendent.

La photo a été prise dans le Tunis européen construit fin 19ème début 20ème.  Les immeubles peints de blanc, pas très bien entretenus, le rideau de fer de la boutique baissé par prudence. Les volets de la fenêtre du premier sont à moitié fermés. On imagine une femme qui de là observe la scène avec effroi. Quelques arbres au fond de la ruelle. Un bon connaisseur de Tunis reconnaîtrait le lieu aisément.

Quelques débris brûlent doucement entre le jeune homme exalté et le groupe prudemment observateur.

La jeunesse a largement porté le mouvement révolutionnaire qui a provoqué la chute du régime de Ben Ali. Cela ne m’a pas étonné. Eduquée, curieuse et courageuse, je savais cette jeunesse capable de révolte. Le jeune homme de la photo est l’essence de cette jeunesse. Il est aussi mon ami Moez, tué en janvier par l’armée qu’il a défiée, aux ordres de laquelle il n’a pas voulu obéir. Il est aussi Hamdi, mort un an avant cette révolution, Hamdi qui étouffait dans la Tunisie bouclée à triple tours par Ben Ali et ses sbires, Hamdi qui est parti sur la mer dans un petit kayak pour rejoindre l’Europe. Rêve fou à la hauteur de son désespoir. Fuir cette prison qu’était devenu pour lui son pays. Il est mort noyé. Il repose au pied de la montagne de Semmama, près de Kasserine, un des foyers du Printemps tunisien.

Jeune homme courageux à la casquette, ton nom est Moez, ton nom est Hamdi.

 

 

 

08:54 Publié dans Tunisie | Lien permanent | Commentaires (2)

22/05/2011

Zouzal, le chamelon de Mauritanie

 

Zouzal Mauritanie.jpg

Pour Oumar, mon ami de Mauritanie

 

Le désert est immense sous le soleil brûlant, la chaleur est piquante comme peut l’être le grand froid.

 

La lumière éblouit Zouzal qui avance difficilement de dune en dune. Le sable coule comme de l’eau sous ses sabots. Il aimerait tant trouver à boire…. Zouzal se sent perdu.

 

Au fil des dunes du grand erg*, il monte, il descend. Il glisse sur le sable et dégringole souvent les pentes sur le derrière. Il a soif.

 

Kotoko, notre ami le hérisson du Ghana, poursuit quant à lui  son voyage au Sahel. Après le pays Dogon au Mali *, il est arrivé en Mauritanie à Kiffa. Et il a foncé vers le nord pour découvrir le grand erg dont il rêvait depuis longtemps, lui le hérisson né dans les forêts humides du Ghana.

 

Et tout à coup, en glissant du haut d’une dune sur ses petites fesses rebondies de hérisson bien nourri, il tombe museau contre museau sur Zouzal qui venait de dévaler la tête et les pattes en avant une pente sableuse. Surpris l’un comme l’autre de cette rencontre improbable, et leur frayeur première effacée, Kotoko demande au chamelon comment il s’appelle.

 

-        Zouzal, répond Zouzal.

 

-        Zouzal ? Zouzal ? Quel nom bizarre ! répète sans cesse Kotoko en marchant aux côtés du chamelon qu’il vient de rencontrer.

 

-        Oui, je m’appelle Zouzal. Et c’est bien normal pour un chamelon comme moi puisque je suis né en Mauritanie et que dans ce pays on emploie le mot zouzal pour désigner un chamelon. Toi, tu viens de me dire que tu t’appelles Kotoko. Quel drôle de nom !

 

-        Cela n’a rien de drôle, au Ghana kotoko signifie hérisson. Tu vois bien que je suis couvert d’épines !

 

Et Zouzal et Kotoko de cheminer ensemble entre les dunes à la recherche d’un point d’eau. Soudain de très gros nuages surgissent à l’horizon. Des nuages qui bientôt masquent le ciel et le soleil. Il fait sombre comme quand la nuit va tomber. La tempête de poussière arrive. Que faire ? Dans les tourbillons de sable qui piquent les yeux et griffent la peau, on perd vite sa route. Kotoko et Zouzal décident donc de s’arrêter là où ils sont et surtout de ne pas se séparer, ils risqueraient de ne plus se retrouver. Les deux amis somnolent en attendant que la terrible tempête passe.

 

Le ciel s’éclaircit. La tempête a disparu. Zouzal et Kotoko se remettent en route sur leurs huit pattes. Zouzal a de plus en plus soif. La poussière qui a pénétré dans sa gorge l’a asséché. Kotoko a un sens de l’orientation infaillible. Il conduit Zouzal vers une oasis où l’eau se trouve en abondance. Et enfin, arrivés au sommet de la plus haute dune, ils découvrent un paysage merveilleux : de l’eau, des arbres, des palmiers dattiers, du blé en herbe… Un vrai paradis. Zouzal se précipite vers l’eau et peut enfin étancher sa soif. Les deux amis vont pouvoir se reposer après leur longue traversée du désert.

 

*Vaste étendue de sable où le vent a modelé des dunes

* Voir Les bouts de bois qui pleurent