Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/03/2013

Francophonie

Je reproduis ci-dessous avec malice la chronique de Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur du 28 février 2013. Il y épingle ces "fameuses" journées de la langue française qui m'ont tant occupé, ainsi que mes collègues polonais et français, quand je séjournais à Varsovie. On peut se demander si la formule est bien adaptée à notre époque. Elle mériterait à mon avis un bon toilettage.

 

"Le 22 janvier dernier, c’était la Journée nationale de la chips. Elle précédait la Journée nationale, le 5 février, de la prévention du suicide. Celle du sommeil aura lieu le 19 mars et celle du fromage le 8 avril. Mais la langue française, elle, a droit à une semaine complète du 16 au 24 mars. C’est dire combien le pays du duc de Saint-Simon et d’Émile Littré est fier de son patrimoine écrit et oral.

Afin de montrer l’attrait que le français exerce sur les langues étrangères, le ministère de la Culture lance un slogan tonitruant : « Dis-moi dix mots semés au loin ». Les choses vont-elles donc si mal qu’on doive se glorifier de l’adoption de l’adjectif « unique » par les Néerlandais, de la préposition « voilà » par les Britanniques et de l’adverbe (ou du nom) « vis-à-vis » par les Espagnols et les Portugais ? Bref, le ministère nous somme, cette semaine-là, de « chanter, chuchoter, slamer, bloguer, filmer, s’enflammer » avec les mots « atelier, équipe, protéger ou savoir-faire ». Cela fait vraiment rêver. On est impatient de vivre ce grand moment festif. Slamer sur « voilà », l’extase.

Pour nous préparer à cet événement, le ministère a envoyé à la presse un communiqué dont le moins qu’on puisse dire est que la prose n’emprunte pas à Marcel Proust. Il y est question de nos expressions « qui s’installent dans des contrées langagières inattendues », des valeurs « véhiculées » par un « français globalement en expansion », qui unit « 220 millions de locuteurs de langue maternelle ou seconde ». En conclusion, « le français gagne une élégante bataille par mots interposés qui dure depuis des siècles » sic. Je ne connais pas les bureaucrates affectés au succès de cette Semaine de la langue française et de la francophonie et j’ignore si leur « savoir-faire » est « unique », mais ils voudraient décourager d’aimer et de célébrer la langue de Molière qu’ils ne s’y prendraient pas mieux. « Voilà ». "

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Certes. Mais je ne pense pas non plus que cette immortelle contribution de M. Garcin renforce notablement l’attractivité du français ! Cela prouve que l'action des petites mains qui sur le terrain s'affairent autour de ces 10 mots est bien nécessaire pour leur donner du sens. Et finalement, quoi qu'en pense M. Garcin qui ne doit pas beaucoup s'aventurer au-delà du périph, de ce que j'ai pu constater également en Pologne et en Lituanie, tout ringards qu'ils en aient l'air, ces 10 mots, ça marche, et bien des gens trouvent du plaisir à manipuler du français. Peut-être M. Garcin a-t-il une autre idée ? Moi, je n'ai pas trouvé mieux. Alors je ne crache pas dans la soupe, et vive les 10 mots pour fêter la francophonie !
Le problème, et le discours de ce chroniqueur en est le signe selon moi, c'est qu'on ne se bouscule pas beaucoup en France pour fêter la langue française. Comme me disait cette étudiante lituanienne boursière à Paris : "La semaine de la francophonie, en France, c'est mort. C'est bien mieux à Vilnius, il se passe tant de choses !"

Écrit par : Laurent | 06/03/2013

Les commentaires sont fermés.