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13/07/2013

Espérance de vie : laquelle ?

Je reprends un courrier des lecteurs du Nouvel-Observateur qui me semble bien poser la problématique du grand âge à notre époque, avec le brin d'humour qui s'impose.

Début de citation :

« Espérance de vie : laquelle ?

Conséquence des progrès médicaux, sanitaires, alimentaires, notre espérance de vie s'accroît de mois en mois chaque année, paraît-il. Économistes et gouvernants en déduisent qu'il nous faut travailler plus longtemps. Mais à quel moment de notre vie s'ajoutent ces 3 mois annuels ? Par un progrès scientifique inédit, l'humanité aurait-elle gagné du temps sur le temps ? Sexagénaires et septuagénaires, nos années de vie comporteraient-elles 15 mois, vivrions-nous 455 jours par an durant cette tranche de vie ? Et travaillant un peu plus, nous aurions encore de vertes années devant nous.

Non, cet allongement de l'espérance de vie se fait à l'autre bout. On gagne des années de déambulateur, des années de fauteuil roulant, puis grabataires et petites tapes affectives sur les mains. Et à rallonger sans cesse le temps travaillé, on pourra réécrire l'énigme du Sphinx : »Quel est l'animal qui passe sa vie dans la dépendance ? L'homme : dépendant des parents, puis du patron, puis des enfants. » Alors, messieurs les savants, puisque vous pouvez rallonger les années en bonne santé, arrêtez le progrès, et si vous le pouvez, faites un progrès juridique en libéralisant l'euthanasie, afin que nous puissions partir la tête encore haute avant de n'être plus qu'un légume... même pas bio.

Christian Ricaud »

Fin de citation.

Courrier des lecteurs du Nouvel-Observateur du 4 juillet 2013

15:08 Écrit par Jean Julien dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : espérance de vie, vieillesse, euthanasie |

Commentaires

Euthanasie ? Oui mais il y aura un moyen de la contrôler à grande échelle? Car les demandes seront très nombreuses, vu la population âgée. Les exemples dans les pays où elle a été autorisée nous montrent clairement que les procédés échappent à tout contrôle, la Suisse est devenue un pays du tourisme de la mort, on peut même se procurer le produit létal par internet. Je suis d’accord pour aider à mourir les personnes souffrant des maladies graves, incurables, douloureuses, mais cela doit être une décision collégiale, et exceptionnelle. En France on a le droit d’aider les personnes à mourir, en appliquant des fortes doses des antidouleurs, ceci a pour effet d’abréger la vie de la personne. C’est une euthanasie "silencieuse".

Je travaille avec les personnes âgées, je suis donc confrontée à la dépression qui leur donne les sentiments suicidaires. D'ailleurs le nombre des suicides augment considérablement parmi les personnes âgées depuis le progrès de la médecine et prolongement de la vie. Les demandes de mourir sont souvent dictées par la solitude et l’état spirituel de la personne. Combien des fois j’entends « j’en assez de vivre » et le lendemain, il suffit qu’un événement positif a lieu l’envie de vivre revient au galop. On peut être parfaitement heureux avec un déambulateur, ou partiellement paralysé suite à un AVC, il y a des malades d’Alzheimer heureux, sereins, tout est question d’équilibre mental, et justement c’est cela que nous devons améliorer, le mental des personnes âgées.
Je suis bien placée pour voir des nombreuses personnes âgées, pauvres, isolées, soufrant des maladies de grand âge, mais pas mortelles. Bien sur elles peuvent très bien être les sujets parfaits pour l’euthanasie, leur vie étant insupportable, mais elles peuvent très bien aussi vivre heureuses si la société se mobilise à améliorer leur vie. Conclusion : aidons les personnes âgées à bien vieillir.
Avant tout, soutenons la recherche, sur les maladies dégénératives !! Améliorons le cadre de vie des personnes âgées.
Améliorons l’hygiène de la vie, par la lutte contre l’alimentation modifiée, le mauvais cholestérol, et les éléments nocifs tels que le tabac, l’alcool, les drogues.
Le déambulateur n’est pas une fatalité ni le fauteuil roulant. Soyons positifs ! C’est le meilleur panacée pour vivre heureux et longtemps.
Pour ceux qui souhaitent savoir plus sur la recherche médicale ou faire un don voilà un lien :
http://www.frm.org/decouvrez-la-fondation.html

Écrit par : Lidia | 21/07/2013

Ce que dit Lidia - que je ne connais pas - est très juste, nuancé, appuyé sur une expérience. Je reste cependant perplexe devant un projet de loi sur l'euthanasie. Quelle loi? Qui peut décider de la fin? Lidia pose bien la question: le bien-être des personnes très âgées. Il leur faut si peu pour un moment de bonheur qui est aussi celui de son fils!

Sur la question du suicide, j'en reste à la position de Kant à Kant: niet. Voir Fondements de la métaphysique des mœurs, 2ème section. Mais ceci est trop demander au lecteur.

Écrit par : Christian | 24/07/2013

J'ai lu ta dernière publication. Je la trouve très juste et même trop réelle. Dans mon travail au bloc d'endoscopie, je suis souvent confrontée à des médecins qui font des actes sur des personnes de plus de 90 ans qui ne demanderaient qu'à s'endormir tranquillement.....

Écrit par : Chantal | 13/08/2013

Les commentaires sont fermés.